« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman

Chaque jour, l'essentiel de l'actualité économique française et internationale. Sans langue de bois, avec un regard libéral.

Dernière édition
L³ · Édition #136 · Mardi 7 juillet 2026
Mardi de consolidation : Thales a dégainé hier 3,9 milliards d'euros pour s'offrir Exail, le champion français des drones sous-marins, coiffant Safran au poteau avec une prime de 44 % — une bataille boursière comme le capitalisme français n'en avait plus connue depuis longtemps ; à Wall Street, le Dow a signé sa première clôture au-dessus de 53 000 points, l'intelligence artificielle rallumant le Nasdaq pendant que le CAC 40, fidèle à lui-même, reculait ; en France, trois millions de foyers ont découvert hier sur leur relevé bancaire une prime d'activité gonflée de 50 euros en moyenne — l'État subventionnant d'une main le travail qu'il surtaxe de l'autre —, tandis que Sébastien Lecornu peaufine une feuille de route budgétaire censée conjurer un déficit qui filerait vers 7 % en cas de blocage ; sur le marché du brut, Riyad consent à l'Asie son plus gros rabais depuis 2003, parfum de guerre des prix ; et la Fed de Minneapolis démonte, chiffres à l'appui, l'alibi douanier d'une inflation américaine qui reste d'abord un péché monétaire. De La Défense à Minneapolis, une même leçon d'école : ce sont les produits qui s'échangent contre les produits, et l'argent facile qui se paie toujours — Jean-Baptiste Say l'écrivait il y a deux siècles, les banquiers centraux le redécouvrent à chaque cycle.
Éditions récentes
L³ · Édition #135 · Lundi 6 juillet 2026
Lundi de reprise : Wall Street rouvre ce matin après le pont du 4 juillet, un semestre record dans le rétroviseur — Dow à +8,9 %, son meilleur premier semestre depuis 2021, Russell 2000 à +22 %, du jamais-vu depuis 1991 — et une menace dans le pare-brise, les marchés donnant désormais une hausse des taux de la Fed dès septembre ; l'OPEP+ a profité du week-end pour ouvrir les vannes, sept pays ajoutant 188 000 barils par jour en août sur un Brent déjà retombé sous 72 dollars ; en France, deux millions de chômeurs ont découvert que leur allocation ne serait pas revalorisée au 1er juillet, le paritarisme ayant buté sur une caisse vide, pendant que la Cour des comptes juge « loin d'être garanti » l'objectif de déficit que Bercy promet à Bruxelles ; Pékin, de son côté, abaisse sa cible de croissance et exporte sa déflation au Sud global ; et le fisc français, jamais en retard d'une idée, peaufine sa nouvelle taxe unifiée sur les logements vacants. De Vienne à Bercy, une même leçon de rentrée : les quotas, les plans et les taxes prétendent organiser ce que personne ne sait organiser — Hayek appelait cela la présomption fatale.
L³ · Édition #134 · Dimanche 5 juillet 2026
Dimanche de lendemain de fête : l'Amérique a soufflé samedi ses deux cent cinquante bougies sans que le couperet douanier ne tombe — l'Union européenne ayant ratifié à temps sa part de l'accord de Turnberry, la surtaxe de 25 % sur l'automobile semble écartée, au prix d'une génuflexion qu'on ose encore appeler « accord de libre-échange » ; à Paris, le CAC 40 a bouclé sans bruit une semaine gagnante, +1,47 % à 8 508 points, porté par un Airbus qui livre enfin à la cadence promise ; à Wall Street, fermée pour le pont du 4 juillet, l'événement de l'été s'écrit en trois sigles — SpaceX déjà cotée après avoir levé 75 milliards, OpenAI et Anthropic visant chacune le trillion de dollars —, pendant que la France, elle, pèse 1 % de la puissance de calcul mondiale ; l'or rebondit après un juin noir, thermomètre d'une monnaie redevenue chère sous la férule de Kevin Warsh ; et à Aix-en-Provence, les Rencontres économiques ont refermé samedi trois jours de navigation « dans un monde sans repères ». De Cap Canaveral au parc Jourdan, un même dimanche pour répondre aux navigateurs désorientés : les repères existent, ils s'appellent prix libres, propriété et responsabilité — et, comme le disait Tocqueville, la démocratie cherche l'égalité dans la liberté quand le socialisme la cherche dans la servitude.
L³ · Édition #133 · Vendredi 3 juillet 2026
Vendredi de vérité, à la veille du 4 juillet : pendant que l'Amérique s'apprête à fêter son indépendance, ses chiffres de l'emploi douchent l'euphorie — le Bureau of Labor Statistics n'a recensé que 57 000 créations de postes en juin, moitié moins qu'attendu, et si le chômage recule à 4,2 %, c'est le trompe-l'œil d'une population active qui se vide, la participation tombant à 61,5 %, son plus bas depuis 2021 ; à Wall Street, la rotation bat son plein — le Dow inscrit un record historique quand le Nasdaq et les semi-conducteurs décrochent et que Tesla, pourtant auréolée d'un trimestre record à 480 126 livraisons, plonge de 7 %, le marché jugeant l'avenir (les marges, la concurrence de BYD) plutôt que le communiqué du jour ; à Aix-en-Provence, où s'ouvrent les Rencontres économiques, Sébastien Lecornu « sonne l'alerte avec gravité » sur un déficit français reparti à 5,1 % et un budget 2027 introuvable faute de majorité ; à Francfort, Christine Lagarde proclame depuis Sintra « la fin d'une époque » et enterre dix ans d'argent facile en relevant ses taux et ses prévisions d'inflation à 3 % ; et à Bruxelles, à vingt-quatre heures du couperet, l'Union solde sa reddition douanière pour épargner à son automobile la surtaxe américaine de 25 %. De Washington à Aix, une même veille de fête pour se souvenir, avec Bastiat, que l'État est cette « grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde » — et qu'aucun déficit, aucune douane, aucune planche à billets n'a jamais distribué la richesse qu'ils prétendent créer.
L³ · Édition #132 · Jeudi 2 juillet 2026
Jeudi de la ligne d'arrivée : à quarante-huit heures du 4 juillet, l'Amérique s'apprête à fêter son indépendance et somme l'Europe de solder la sienne — Donald Trump maintient l'ultimatum qui ferait bondir de 15 à 25 % les droits sur l'automobile européenne si Bruxelles ne « livre » pas l'accord de Turnberry, quand le Parlement puis le Conseil ont, eux, déjà ratifié et signé leur reddition douanière ; à Sintra, où la BCE tient son forum annuel, le nouveau président de la Fed Kevin Warsh a refusé de dire ce qu'il fera en juillet mais lâché l'essentiel — « les prix sont trop élevés » —, enterrant la forward guidance et jusqu'à son propre point sur la grille des taux, façon d'avouer qu'un banquier central en sait toujours moins qu'il ne prétend ; à Wall Street, le troisième trimestre s'ouvre sur une prise de bénéfices — S&P 500 en repli de 0,22 % à 7 483 points, semi-conducteurs délestés après une envolée de 80 % au premier semestre —, tandis que Meta bondit de près de 9 % en se muant en loueur de puissance de calcul et que le CAC 40, lui, finit dans le rouge ; côté emploi, le secteur privé américain n'a créé que 98 000 postes en juin, en deçà des attentes, signe d'un marché qui refroidit sous une inflation qui, elle, ne cède pas ; en zone euro, précisément, la hausse des prix reflue à 2,8 % — mais grâce au pétrole, dont le Brent a plongé de 23 % sur le trimestre à mesure que l'Iran, la Russie et le Golfe réinondaient le marché. De Sintra à Washington, une même veille de fête pour se souvenir, avec Montesquieu, que « l'effet naturel du commerce est de porter à la paix » — et que la douane, comme la planche à billets, n'est jamais que l'art d'appauvrir les siens en croyant frapper l'autre.
L³ · Édition #131 · Mercredi 1er juillet 2026
Mercredi d'ouverture : le second semestre commence et, avec lui, un compte à rebours — Donald Trump a fixé au 4 juillet le couperet, sommant l'Union européenne de « livrer » sa part de l'accord de Turnberry sous peine de voir bondir de 15 à 25 % les droits sur l'automobile, tandis que Bruxelles jure que « de bons progrès » seront faits « d'ici début juillet » ; sur les marchés, la fête d'un premier semestre record — près de +9,6 % pour le S&P 500, clôturé mardi à 7 449 points — cède la place à un mois de juillet qui s'ouvre dans le rouge, l'Europe ayant regardé Wall Street s'envoler sans la suivre ; en France, l'INSEE a acté un chômage remonté à 8,1 %, son plus haut niveau depuis cinq ans, quand l'immobilier peine à se relever sous des taux qui repartent à la hausse et que la Cour des comptes, voyant « tous les signaux au rouge », rappelle qu'il faudra trouver 43,8 milliards pour financer une cinquante-deuxième année consécutive de déficit ; à dix mille kilomètres, enfin, l'Argentine de Javier Milei affiche une inflation au plus bas depuis huit mois et un excédent budgétaire que Paris n'a plus connu depuis un demi-siècle. De Washington à Buenos Aires, un même premier jour d'été pour vérifier la vieille leçon d'Adam Smith : ce qui est prudence dans la conduite d'une famille ne saurait être folie dans celle d'une nation — et le protectionnisme, comme la dépense sans fin, n'est jamais que l'art de se ruiner en croyant se protéger.
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