« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman

Chaque jour, l'essentiel de l'actualité économique française et internationale. Sans langue de bois, avec un regard libéral.

Dernière édition
L³ · Édition #118 · Samedi 6 juin 2026
Le rapport sur l'emploi américain qu'attendait toute la planète financière est tombé vendredi à 14 h 30 — et il a fait exactement l'inverse de ce que les marchés espéraient : 172 000 créations de postes en mai contre 80 000 attendues, soit plus du double, signant l'arrêt de mort de l'assouplissement monétaire que Wall Street réclamait depuis des semaines ; la sanction fut immédiate et brutale, le Nasdaq dévissant de 4,18 % à 25 709,43 points — sa pire séance depuis avril 2025 — emporté par une débâcle des semi-conducteurs, tandis que le S&P 500 abandonnait 2,64 % et le Dow Jones 1,35 %, le record absolu de jeudi déjà relégué au rang de souvenir ; à Paris, le CAC 40 a limité la casse à −0,32 % (8 218,24 points), le Brent se maintenant autour de 95 dollars mais terminant la semaine en hausse de plus de 4 % sur fond de cessez-le-feu israélo-libanais toujours pas ratifié par le Hezbollah ; à Francfort, la Banque centrale européenne, qui statue jeudi prochain, voit le consensus se durcir encore en faveur d'une hausse de 25 points de base ; à Paris enfin, l'économie réelle décroche pendant que les indices font la fête — chômage repassé au-dessus de 8 %, près de 70 000 défaillances d'entreprises sur douze mois —, pendant qu'à Buenos Aires Javier Milei affiche la plus faible inflation argentine depuis huit ans. Samedi de gueule de bois : quand une bonne nouvelle pour l'économie devient une mauvaise nouvelle pour des marchés intoxiqués à l'argent gratuit, c'est le diagnostic qu'il faut soigner, pas le thermomètre.
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L³ · Édition #117 · Vendredi 5 juin 2026
À New York, la séance de jeudi a livré un renversement instructif : le Dow Jones s'envole de 1,73 % vers un record absolu à 51 561,93 points pendant que le Nasdaq recule (−0,09 %), les investisseurs délaissant une tech refroidie par les résultats décevants de Broadcom au profit des valeurs traditionnelles — rotation dont neuf semaines de hausse ininterrompue avaient fait oublier la possibilité ; à Paris, le CAC 40 a rebondi de 1,15 % à 8 244,33 points dans le sillage du cessez-le-feu israélo-libanais, le Brent se maintenant sous les 97 dollars ; à Washington, le Bureau of Labor Statistics publie cet après-midi le rapport sur l'emploi américain de mai — dernier jalon statistique avant le premier comité de politique monétaire de l'ère Kevin Warsh —, consensus autour de 110 000 créations de postes que l'enquête ADP de mercredi (37 000) rend soudain optimiste ; à Francfort, la Banque centrale européenne rendra sa décision jeudi 11 juin, 59 économistes sur 70 interrogés par Reuters anticipant une hausse de 25 points de base portant le taux de dépôt à 2,25 % ; à Bercy enfin, le budget 2027 prend forme autour d'un objectif de 40 milliards d'euros d'économies que l'OFCE juge deux fois plus exigeant que l'effort de 2026 — pendant qu'à Buenos Aires, Javier Milei exonère d'impôt les revenus locatifs par simple décret. Vendredi d'arbitrages : entre tech et industrie, entre hausse des taux et récession, entre économies promises et impôts inventés.
L³ · Édition #116 · Jeudi 4 juin 2026
Vingt-quatre heures après les missiles sur le Koweït et Bahreïn, la diplomatie reprend la main par un chemin de traverse : Israël et le Liban ont conclu mercredi soir à Washington un cessez-le-feu conditionnel — subordonné à la « cessation complète » des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de ses combattants du sud du Liban —, que les frappes israéliennes poursuivies jeudi matin et le refus du Hezbollah d'un « cessez-le-feu partiel » rendent aussitôt fragile ; sur les marchés à terme, le Brent reflue néanmoins de 0,96 % à 96,87 dollars, les opérateurs pariant que l'accord libanais préfigure un arrangement plus large rouvrant le détroit d'Ormuz ; à New York, Wall Street a soufflé mercredi après quatre séances de records — Dow Jones en repli de 1,21 % à 50 687,07 points, S&P 500 à 7 553,72 (−0,74 %), Nasdaq à 26 853,98 (−0,89 %) —, tandis que le Livre beige de la Réserve fédérale documentait une hausse simultanée de l'activité et de l'inflation, configuration stagflationniste qui verrouille le statu quo monétaire de Kevin Warsh ; à Francfort, le conseil des gouverneurs de la BCE entame sa réunion de politique monétaire, les opérateurs assignant 97 % de probabilité à une hausse de 25 points de base portant le taux de dépôt à 2,25 % ; à Paris enfin, le sondage Elabe pour Les Échos crédite Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu de 26 % de confiance chacun — meilleur score présidentiel depuis un an — au moment précis où Bercy reconnaît que le budget 2027 exigera des économies que la charge de la dette, supérieure dès l'an prochain au budget de l'Éducation nationale, rend chaque jour plus improbables. Journée charnière où les trêves se négocient plus vite que les budgets ne se bouclent.
L³ · Édition #115 · Mercredi 3 juin 2026
L'aube de mercredi a balayé l'illusion de la désescalade : à Koweït City, deux missiles balistiques iraniens visant la base d'Ali Al Salem se sont brisés en vol mais ont fait un mort et plusieurs blessés autour de l'aéroport international ; à Bahreïn, trois autres ont été interceptés par les défenses américaines au-dessus du quartier général de la cinquième flotte ; en représailles, les forces américaines ont frappé une station de commandement militaire iranienne sur l'île de Qeshm, configuration où la perspective d'un accord-cadre américano-iranien que les opérateurs valorisaient encore lundi vole en éclats à la première heure de mercredi ; sur les marchés à terme, le baril de Brent rebondit pour la troisième séance consécutive autour de 97,30 dollars (+1,9 %), reconstitution accélérée d'une prime géopolitique que les vingt jours précédents avaient méthodiquement comprimée ; à Paris, l'OCDE publie ce matin l'édition de juin de ses Perspectives économiques et révise sa prévision de croissance mondiale 2026 à 2,8 % (contre 3,1 % en mars), abaissant celle de la France à 0,7 % et celle de la zone euro à 0,8 % ; à Francfort, S&P Global confirme un PMI composite zone euro effondré à 49,5 en mai porté par un secteur des services à 46,4 — plus forte contraction observée depuis le début de 2021 — tandis qu'aux États-Unis l'enquête ADP fait état d'une création de seulement 37 000 emplois dans le secteur privé en mai contre 110 000 attendus, marqueur factuel d'un ralentissement industriel américain que la résilience du Nasdaq dissimulait jusqu'ici ; à Francfort enfin, le conseil des gouverneurs de la BCE se réunit demain pour décider d'une hausse de 25 points de base que la dégradation conjoncturelle conjuguée à l'accélération inflationniste rend infiniment plus difficile à justifier. Séance pivot où l'illusion pacificatrice et l'illusion désinflationniste se dissipent simultanément.
L³ · Édition #114 · Mardi 2 juin 2026
À Luxembourg, Eurostat a confirmé ce matin une accélération de l'inflation annuelle de la zone euro à 3,2 % en mai contre 3,0 % en avril — quatrième mois consécutif d'écart au-dessus de la cible des 2 % et configuration où la composante services bondit à 3,5 % (contre 3,0 % en avril), marqueur le plus instructif d'un enclenchement effectif des effets de second tour ; à Vienne, sept pays membres de l'OPEP+ — Arabie saoudite, Russie, Irak, Koweït, Algérie, Kazakhstan et Oman — ont décidé hier soir lors de leur réunion virtuelle une augmentation modeste de leur production de 188 000 barils par jour dès juin, séquence dont le caractère essentiellement symbolique souligne autant l'unité diplomatique préservée que l'inutilité pratique de la mesure dans une configuration où le détroit d'Ormuz demeure entravé ; à New York, Wall Street a aligné lundi une quatrième séance consécutive de records absolus — Dow Jones à 51 078,88 points (+0,09 %), Nasdaq Composite à 27 086,81 (+0,42 %) et S&P 500 à 7 599,96 (+0,26 %) —, séquence où Nvidia (+3,90 %), Microsoft (+2,63 %), Dell (+7,98 %) et HP (+6,43 %) ont tiré le marché à mesure que l'engouement persistant autour de l'intelligence artificielle éclipsait à nouveau l'enlisement diplomatique moyen-oriental ; sur les marchés à terme, le baril de Brent s'est tendu à 93,16 dollars sous l'effet du durcissement des exigences américaines envers Téhéran sur le stock d'uranium hautement enrichi ; à Paris, le CAC 40 a rebondi de 1,0 % à 8 228 points porté par les valeurs du luxe (LVMH +1,6 %, Hermès +1,5 %, Kering +1,4 %), tandis que les industrielles de défense s'effondraient (Airbus −3,6 %, Safran −2,8 %, Thales −4,0 %) sur la perspective d'une désescalade ; à Francfort enfin, les opérateurs ont verrouillé à plus de 90 % la probabilité d'une hausse de 25 points de base du taux de dépôt de la Banque centrale européenne jeudi 4 juin. La séquence inscrit la première séance de juin dans une configuration où l'arithmétique de l'inflation et celle des élections présidentielles s'apprêtent à entrer en collision frontale.
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