Chaque jour, l'essentiel de l'actualité économique française et internationale. Sans langue de bois, avec un regard libéral.
L³ · Édition #158 · Samedi 1er août 2026
Samedi d'inventaire : juillet a refermé ses livres hier soir, et le bilan mérite qu'on s'y attarde — à Paris, le CAC 40 a grappillé 0,28 % à 8 509,64 points, quatrième séance de hausse sur cinq, +1,64 % sur la semaine, retour au-dessus des 8 500 pour la quatrième fois seulement de l'année ; la dernière salve de résultats a distribué ses prix — Saint-Gobain +6,9 %, Engie +4,7 % et objectifs relevés, Crédit Agricole +3,5 %, Vivendi lesté de 19,5 % —, pendant qu'EDF, +8 TWh de production nucléaire mais des prévisions rabotées, rappelait qu'on peut produire plus et gagner moins ; outre-Atlantique, Exxon et Chevron ont encaissé 26,5 milliards de dollars de profits trimestriels — les fruits amers du baril de guerre — et Washington parle déjà de les taxer ; l'inflation PCE de juin a molli en apparence — 3,7 % après 4,1 % —, ce qui a suffi à offrir au Dow son quatrième mois de hausse consécutif et à Amazon un bond de 15 % ; et le Brent a fini le mois vers 86 dollars, en retraite de son pic à trois chiffres mais toujours 20 % plus cher qu'au 1er juillet. D'Ormuz à Wall Street, une même leçon de samedi : l'effet naturel du commerce est de porter à la paix — Montesquieu l'écrivait en 1748 ; le marché pétrolier, qui rend cinq dollars à chaque journée sans canons, passe l'été à le démontrer.
L³ · Édition #157 · Vendredi 31 juillet 2026
Vendredi de moisson statistique : l'INSEE a rendu son verdict jeudi à 7h30 — +0,2 % de croissance au deuxième trimestre, rebond après le -0,1 % de l'hiver, mais un rebond d'exportations (+2,6 %) où le raffinage tourne à plein pendant que la consommation se traîne ; à 11 heures, la zone euro a créé la surprise du jour — +0,4 %, quatre fois le consensus, la récession technique évaporée au passage par la grâce d'une révision statistique ; à 14h30, Washington a douché — 1,5 % de croissance annualisée quand on en attendait 2,1, et un déflateur PCE à 5,1 % qui donne rétrospectivement raison aux trois dissidents du FOMC ; le soir, Apple a signé le meilleur trimestre d'été de son histoire — 109,4 milliards de dollars — et perdu 6 % pour des prévisions jugées molles, quand Amazon s'octroyait 8 % sur son cloud ressuscité ; à Paris, le CAC 40 a repris 0,92 % à 8 485 points — Schneider s'envolant de 10,8 %, Société Générale au zénith, Sanofi puni de 9 % malgré des objectifs relevés ; et ce matin à 8h45, l'INSEE confirme ce que chacun sentait à la pompe : l'inflation française est repassée au-dessus de 2 % en juillet. De Bercy à Constitution Avenue, une même leçon de vendredi : l'inflation est la seule forme d'imposition qui puisse être instituée sans législation — Friedman l'écrivait en 1974 ; à 2,1 % en France et 5,1 % en Amérique, la taxe sans vote est déjà en recouvrement.
L³ · Édition #156 · Jeudi 30 juillet 2026
Jeudi de pesée générale : la Fed de Kevin Warsh a maintenu ses taux à 3,50-3,75 % mercredi soir — mais par 9 voix contre 3, Cleveland, Minneapolis et Dallas réclamant une hausse, du dissentiment comme on n'en avait plus vu depuis des années ; une heure plus tard, le marché rendait deux verdicts opposés sur le même métier — Microsoft applaudi pour ses 90 milliards de dollars trimestriels et son année Azure à 100 milliards, malgré un capex 2027 annoncé à 255-260 milliards, Meta sanctionné de près de 10 % pour un cash-flow libre fondu à 10,3 milliards ; ce matin à 7h30, l'INSEE dit si le PIB français a rebondi au deuxième trimestre — +0,3 % espéré après -0,1 % —, à 11 heures Eurostat tranchera la question de la récession technique en zone euro, à 14h30 Washington publiera d'un même geste son PIB et son inflation PCE ; le Brent, lui, poursuit sa décrue vers 84 dollars, au plus bas depuis mi-juillet, sixième jour sans frappes ; et à Paris, le marathon des comptes aligne Schneider, Sanofi, Société Générale, Saint-Gobain, Renault et Capgemini, avant Apple et Amazon ce soir. De Constitution Avenue à Bercy, une même leçon de jeudi : l'inflation consiste à subventionner des dépenses qui ne rapportent rien avec de l'argent qui n'existe pas — Rueff l'écrivait en 1963, et trois banquiers centraux américains viennent d'en faire un bulletin de vote.
L³ · Édition #155 · Mardi 28 juillet 2026
Mardi de verdicts : LVMH a rendu sa copie lundi soir — 38,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires semestriel, croissance organique qui accélère à 3 % au deuxième trimestre, 5,7 milliards de résultat net —, et le luxe parisien, donné pour moribond en mars, mène la danse de la cote ; le Brent, lui, a plongé de 8,7 % à 88,36 dollars — sous les 90 pour la première fois du mois, troisième journée sans frappes entre Washington et Téhéran ; la Fed de Kevin Warsh entre aujourd'hui en conclave, verdict demain à 20 heures — statu quo à 62 %, hausse à 38 %, du jamais-vu depuis des années ; l'Ifo allemand a confirmé sa convalescence à 86,6, troisième hausse mensuelle consécutive ; Microsoft et Meta ouvriront demain soir leurs livres devant un marché en révolte contre les 725 milliards de capex de l'IA ; et à Paris, la saison des comptes bat son plein — Safran, Air Liquide, EssilorLuxottica, Orange et Kering au tableau du jour, pendant que l'INSEE prend le pouls des ménages. De l'avenue Montaigne à Wall Street, une même leçon de mardi : une chose ne vaut pas parce qu'elle coûte, elle coûte parce qu'elle vaut — Condillac l'écrivait en 1776, et c'est très exactement la question que le marché posera cette semaine aux data centers comme aux sacs à main.