Le taux de chômage français a grimpé à 8,3 % au deuxième trimestre, son plus haut niveau depuis 2020. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou assure que « malgré une conjoncture difficile, le marché du travail français tient », et vante les besoins de recrutement dans le nucléaire, la transition écologique et la défense. On admirera la constance : quand le chômage baisse, c'est la politique du gouvernement ; quand il monte, c'est la conjoncture. Un marché du travail qui « tient » à 8,3 % — près du double de l'Allemagne ou des Pays-Bas — tient surtout du garrot : le code du travail le plus épais d'Europe et un coût du travail parmi les plus lourds de l'OCDE ne « tiennent » pas l'emploi, ils le retiennent.
Source : Echos Plus
Le ministre de l'Économie Roland Lescure écarte toute hausse d'impôts pour 2027 et désigne les niches fiscales comme cible des économies : la Cour des comptes les chiffre à 91,83 milliards d'euros, et Bercy espère en rationaliser pour 4 à 5 milliards d'ici 2027. Soit un effort d'environ 5 % du gisement — l'audace a ses limites. Rappelons ce qu'est une niche fiscale : de l'argent que l'État a renoncé à prendre. La supprimer sans baisser les taux en face, c'est une hausse d'impôts qui n'ose pas dire son nom. Le vrai courage ne serait pas de boucher les niches, mais de raser la niche-mère : un système fiscal si confiscatoire qu'il a fallu des centaines de dérogations pour le rendre respirable.
Source : France Épargne
La Bourse de Paris a raté sa neuvième séance consécutive de hausse : le CAC 40 a cédé 0,13 % mardi à 8 714,94 points, résistant tant bien que mal à la flambée du pétrole provoquée par le blocage du détroit d'Ormuz. Les valeurs pétrolières comme TotalEnergies profitent du baril cher pendant que le reste de la cote paie la facture énergétique. L'indice reste néanmoins perché au-dessus des 8 700 points, à un souffle de ses records. Les marchés ne sont ni euphoriques ni aveugles : ils arbitrent en permanence entre des bénéfices record et un monde qui se fragmente — c'est leur métier, et ils le font mieux que les commissariats au plan.
Sources : Zonebourse, ABC Bourse
Le pétrole a poursuivi sa hausse mardi, le Brent bondissant à 89,88 dollars le baril, après que Téhéran a annoncé que le détroit d'Ormuz resterait fermé tant que Washington ne changerait pas de comportement — exigence à laquelle le président Trump a répondu en réclamant des indemnités à l'Iran. Le trafic maritime dans le détroit est tombé à six navires, contre une moyenne d'environ onze. Le Brent affiche désormais près de 44 % de hausse depuis janvier. Leçon de choses : le prix du baril n'est pas fixé par les spéculateurs que l'on aime maudire, mais par la géopolitique qui étrangle l'offre. Le marché ne crée pas la rareté, il la signale — et tirer sur le messager n'a jamais rouvert un détroit.
Sources : Boursorama, Maghreb Émergent, Euronews
Wall Street attend ce mercredi le rapport d'inflation de juillet, attendu à +0,1 % sur le mois et +0,2 % pour l'inflation sous-jacente — de quoi conforter les paris sur une baisse des taux. L'inflation a reflué à 3,5 % en juin, aidée par la détente passagère sur l'énergie, mais la Fed maintient ses taux entre 3,50 % et 3,75 % en jurant que la vigilance demeure. Voilà donc la première économie du monde suspendue à un indice des prix calculé par ses fonctionnaires, pour deviner ce que décidera son comité de planification monétaire. Hayek appelait cela la prétention du savoir ; les marchés appellent cela le « Fed day ». La liberté des prix s'arrête toujours là où commence le monopole de la monnaie.
Source : CNBC
Le déficit commercial de l'Allemagne avec la Chine s'est creusé à 55 milliards d'euros au premier semestre 2026 : les exportations allemandes vers la Chine ont chuté de plus de 12 % sur un an, à moins de 37 milliards d'euros. La Chine, deuxième débouché de l'industrie allemande en 2021 avec 104 milliards d'euros, n'est plus que son neuvième marché. Pékin a méthodiquement remonté les filières — machines-outils, automobile, chimie — que Berlin croyait imprenables. Le libre-échange n'est pas un contrat de rente : c'est une émulation permanente. L'Allemagne a cru vendre éternellement ses machines à son élève ; l'élève a appris. La réponse n'est pas le protectionnisme, mais l'innovation — et un peu moins de suffisance.
Sources : Boursorama, Le Conseil Patrimoine