Bercy travaille sur un gel des pensions supérieures à 3 000 euros dans le projet de budget 2027 : économie attendue, environ 3,6 milliards d'euros, contre un coût d'indexation complète estimé à 6 milliards si l'inflation approche 2 %. Roland Lescure a ouvert le débat en jugeant que « la question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement mérite d'être posée » ; l'entourage de Sébastien Lecornu, prudent, parle d'« hypothèses de travail » qui seront arbitrées d'ici la fin du mois. Sur le fond, la désindexation est une hausse d'impôt qui refuse de dire son nom : elle prélève sans vote de taux, sans débat sur l'assiette, et sans que quiconque ait à défendre le mot « impôt » devant un électeur. On peut discuter à l'infini de la justice d'un système où les pensions sont assises sur des cotisations passées ; on ne peut pas prétendre à la fois qu'il s'agit d'un droit contributif et le rogner par une simple ligne d'indexation. Le vrai sujet reste celui que personne ne veut ouvrir en août : la dépense publique, pas la manière la plus discrète de la financer.
Sources : CNEWS, Selectra, Boursorama
Le déficit de l'État atteint 106,8 milliards d'euros au premier semestre 2026, avec des dépenses en hausse de 5,6 % quand les recettes ne progressent que de 2,8 %. Le poste qui explose n'est pas une politique publique : c'est le service de la dette, passé de 29,2 à 34,5 milliards d'euros sur six mois, soit +18,3 %. Cette dépense-là n'a fait l'objet d'aucun arbitrage, d'aucun amendement, d'aucune négociation de couloir : elle est la facture mécanique des arbitrages des années précédentes, majorée par des taux qui ne veulent plus revenir. C'est l'illustration la plus nette de ce que l'endettement a de politiquement pervers : il transfère chaque année une part croissante du budget vers un créancier qui ne vote pas, ne manifeste pas et ne négocie pas. Le débat sur les 3,6 milliards de pensions gelées prend, à cette aune, un tour presque comique : l'économie envisagée sur les retraités représente à peu près huit mois de la seule augmentation de la charge d'intérêts.
Sources : Journal de l'Économie, Public Sénat, Fondation IFRAP
Le CAC 40 a cédé 0,66 % lundi, à 8 579,60 points, plombé par Worldline (-4,29 %) et Kering (-4,26 %). Les places européennes avancent sans conviction, en plein creux estival, entre tensions au Moyen-Orient et remontée des taux longs. La séance du jour apportera un peu de matière : indice ZEW allemand et zone euro à 11 heures, mises en chantier américaines et production industrielle l'après-midi. Le mois d'août a ceci de vertueux qu'il dépouille les marchés de leur bavardage : avec des volumes réduits, ce sont les taux et le pétrole qui font le prix, non les commentaires. Rappelons au passage que le repli d'un indice n'est pas un malheur national — c'est un mécanisme de révision de prix qui fonctionne, ce qui est déjà plus qu'on ne peut dire de bien des politiques publiques.
Sources : MoneyVox, Zonebourse, Bourse Direct — agenda macro
La Réserve fédérale ouvre cette semaine son symposium annuel dans le Wyoming, rendez-vous où les marchés viennent chercher moins des données qu'une intonation. Les opérateurs y guettent la confirmation d'une baisse des taux en septembre, dans un contexte où les anticipations placent le taux directeur américain autour de 3 % à l'horizon de fin 2026. On mesurera là toute l'étrangeté du dispositif : quelques milliers de milliards de dollars d'actifs changent de valeur selon qu'un banquier central dit « patient » ou « attentif ». Ce n'est pas un procès d'intention fait aux personnes, souvent compétentes ; c'est le constat d'un système où le prix de l'argent — le signal le plus important de toute économie — est fixé par comité plutôt que découvert par le marché. Hayek appelait cela la présomption fatale ; les salles de marché appellent cela le calendrier.
Sources : NewsNation, Morningstar, Forbes
Le Brent recule légèrement mais reste au-dessus de 88 dollars, le contrat d'octobre s'échangeant autour de 88,36 dollars ; le WTI évolue vers 82-83 dollars. Le marché reste suspendu à l'absence d'accord sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite une fraction décisive du brut mondial. Il y a dans ce chiffre une leçon de géographie que trente ans de discours sur la « souveraineté énergétique » n'ont pas effacée : un détroit large de quelques dizaines de kilomètres continue de fixer le coût marginal de l'énergie européenne. Les prix élevés font ici leur travail — ils rémunèrent le stockage, financent l'exploration, appellent des substituts. Ce que les plafonnements administratifs, régulièrement réclamés dès que le baril monte, s'emploient précisément à empêcher.
Sources : L'Économiste Maghrébin, Business AM, Industries.ma
Les ventes au détail chinoises n'ont progressé que de 0,6 % sur un an en juillet, contre 1,5 % attendu, tandis que l'investissement a chuté de 6,7 %, sa plus forte baisse depuis la pandémie. Le PIB avait déjà ralenti à 4,3 % au deuxième trimestre, après 5 % au premier, sur fond de crise immobilière prolongée et de marché du travail fragile. Pékin a multiplié les dispositifs de soutien à la consommation ; les ménages, eux, continuent d'épargner par précaution. C'est le rappel le plus utile de l'été : la demande intérieure n'est pas un levier que l'on actionne depuis un ministère, mais la somme de millions d'anticipations privées sur l'avenir. Quand un système décourage la propriété, verrouille l'épargne et rend l'horizon incertain, aucun plan de relance ne compense la confiance manquante. La leçon vaut aussi pour les capitales occidentales tentées par les « chèques » ciblés.
Sources : Zonebourse, Économie Matin, Chine Magazine