L'indice des prix à la consommation américain a progressé de 0,1 % en juillet, ramenant l'inflation annuelle à 3,4 %, contre 3,5 % en juin. L'inflation sous-jacente ralentit à 2,5 % sur un an, son rythme le plus faible depuis 2021, et les traders ont ramené à 42 % la probabilité d'une hausse de taux en septembre. Résultat : le S&P 500 a ouvert en territoire record avant de clôturer en hausse de 0,30 %, le Nasdaq gagnant 0,59 %. On célèbre donc une monnaie qui ne perd « plus que » 3,4 % de sa valeur par an — un pickpocket qui se modère n'est pas un honnête homme, c'est un pickpocket prudent. La cible des 2 % reste à l'horizon, et l'horizon, comme chacun sait, recule à mesure qu'on avance.
Sources : CNBC, Babypips, Crypto Briefing
La Bourse de Paris a évolué en légère baisse mercredi, autour de 8 710 points, lestée par le luxe : LVMH et Kering ont pâti d'une note prudente de Deutsche Bank, tandis qu'EssilorLuxottica était visée, aux côtés de Meta, par une plainte en Allemagne sur la conformité au droit de la vie privée. Voilà le portrait d'une Europe fidèle à elle-même : ses champions industriels valent des centaines de milliards, et son génie propre consiste à les poursuivre en justice. Le RGPD, conçu pour dompter les géants américains, sert désormais à harceler les fleurons du continent. L'arroseur arrosé est un classique du répertoire — Bruxelles en a fait un genre à part entière.
Sources : Zonebourse, BFM Bourse, Bourse Direct
L'OAT à dix ans cotait 4,01 % le 11 août, au-dessus du seuil franchi le 23 juillet pour la première fois depuis juin 2009, avec un écart face au Bund allemand voisin de 76 points de base. La dette publique atteint 3 536 milliards d'euros, soit 117,5 % du PIB, et la France aborde sur la défensive la revue de Fitch prévue le 28 août. Chaque centième de point se traduit en centaines de millions d'euros de charge supplémentaire pour un État qui doit émettre un volume record de dette cette année. Cette remontée n'est pas un choc monétaire : c'est une réévaluation du risque proprement français. Les agences de notation ne créent pas la dette, elles la constatent — tirer sur le thermomètre n'a jamais fait tomber la fièvre, surtout quand le malade continue de commander des desserts.
Source : France Épargne
Le gouvernement a décidé d'annuler 847 millions d'euros de crédits et de geler 3,2 milliards supplémentaires dans le budget de l'État, pour compenser les quelque six milliards de surcoûts du conflit au Moyen-Orient et tenir l'objectif d'un déficit à 5 % du PIB — les ministères se disputant déjà la répartition de l'effort. Faisons les comptes : 847 millions d'annulations fermes, c'est moins de 0,2 % des dépenses de l'État. Quant au gel, chacun sait qu'il n'est pas une économie mais une promesse d'économie — et les promesses de Bercy dégèlent à la première tempête sociale. Un déficit à 5 % du PIB parmi les pires de la zone euro reste l'objectif, pas le point de départ de l'effort. La lime à ongles est un bel outil ; il se trouve que le patient a besoin d'une amputation de ses mauvaises graisses.
Sources : Banque des Territoires, Public Sénat, franceinfo
Les cours du pétrole ont reculé jeudi, le Brent cédant 1,9 % à 87,32 dollars, les perspectives d'affaiblissement de la demande mondiale et la hausse des stocks américains l'emportant sur les inquiétudes d'approvisionnement. Le détroit d'Ormuz reste pourtant dans une situation confuse : Téhéran affirme qu'aucun progrès n'a été réalisé dans les négociations avec Washington, et l'Agence internationale de l'énergie estime qu'environ 8,3 millions de barils par jour de production du Golfe manquent toujours à l'appel. Voilà qui devrait faire réfléchir les amateurs de « prix administrés » : même un détroit verrouillé ne suffit pas à faire monter un prix quand la demande cale. Le prix n'obéit ni aux ayatollahs ni aux présidents — il agrège ce que des millions d'acteurs savent, craignent et anticipent. C'est toute sa valeur : il dit la vérité sans demander la permission.
Sources : Boursorama, Zonebourse
La production industrielle chinoise a ralenti à 5,7 % sur un an en juillet, sous les 6 % attendus et loin des 6,8 % de juin. Les ventes au détail déçoivent également, l'investissement en actifs fixes plafonne à 1,6 % — contre 2,7 % espérés — et le chômage urbain remonte à 5,2 %. Les initiatives gouvernementales de soutien à la consommation ne prennent pas : on peut subventionner l'achat d'un réfrigérateur, pas décréter la confiance d'un ménage qui a vu fondre son patrimoine immobilier. Après quatre décennies à célébrer l'investissement planifié, Pékin découvre que le consommateur est un être libre — c'est-à-dire imprévisible, et souverainement indifférent aux objectifs du Parti. La demande intérieure ne se commande pas ; elle se mérite, par la sécurité du droit et la confiance dans l'avenir. Deux denrées que le plan quinquennal ne produit pas.
Source : Investing.com