Selon Zonebourse (Dow Jones / Agefi), le CAC 40 a gagné 0,8 % lundi pour clôturer à 7 847,32 points, porté par la « forte baisse » du taux à dix ans français : le rendement de l'OAT recule de 13 points de base à 4,91 % et l'écart avec le Bund revient à 155 points de base. Stellantis (+3,83 %), Hermès (+3,23 %), STMicroelectronics (+2,62 %) et BNP Paribas (+2,43 %) mènent la hausse, tandis que GTT (Gaztransport) lâche 11,7 % après une publication trimestrielle jugée « inhabituellement décevante ». D'après Reuters via Zonebourse, la prime de risque française avait atteint son plus haut depuis la crise de la zone euro de 2011 avant que le maintien de la note par Moody's ne détende la situation, et Barclays s'attend à ce que les tensions persistent jusqu'à la présidentielle d'avril-mai.
Un répit n'est pas une guérison. Le marché obligataire a simplement constaté que le pire n'était pas certain, ce qui est une façon élégante de dire que la France emprunte à près de 5 % sur dix ans. Un pays qui se réjouit d'un taux à 4,91 % a perdu le sens de la mesure, et Montesquieu rappelait que rien ne demande plus de sagesse que la fixation de la part qu'on ôte et de la part qu'on laisse aux sujets.
Sources : Zonebourse / Dow Jones-Agefi (26 octobre 2026), Zonebourse / Reuters (26 octobre 2026). Chiffres de clôture du lundi 26 octobre ; l'écart avec le Bund varie selon les sources (161 points de base selon MoneyVox).
D'après Reuters via Zonebourse, la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon devraient toutes maintenir leurs taux cette semaine malgré les pressions inflationnistes, tout en laissant ouverte la possibilité d'une hausse en décembre, tandis que les banques centrales de Nouvelle-Zélande et du Canada pourraient relever les leurs. Citi anticipe que la BCE évitera d'évoquer la France, tout en rappelant l'existence de mécanismes de soutien conditionnels sans annoncer d'intervention directe, et estime qu'une correction prolongée des actions technologiques pourrait faire de la hausse de septembre la dernière du cycle pour la Fed. Les résultats d'Alphabet, Microsoft et Amazon testeront par ailleurs l'appétit pour l'intelligence artificielle.
Les marchés vivent suspendus aux lèvres de quelques gouverneurs, comme si le prix de l'argent était une décision de comité plutôt qu'une information sur la rareté du capital. Hayek parlait de la prétention du savoir : aucun comité, si brillant soit-il, ne connaît le taux qui coordonnerait des millions de projets. Il ne reste aux investisseurs qu'à deviner l'humeur du planificateur.
Sources : Zonebourse / Reuters (26 octobre 2026). Anticipations d'analystes (Citi), non des décisions : les réunions et leurs dates exactes ne sont pas précisées par la source.
Toujours selon Reuters via Zonebourse, les contrats à terme sur le Brent ont reculé après des informations faisant état de médiateurs qataris à Téhéran, au lendemain d'un plus haut de six mois. Les repères affichés par Boursorama lundi situent le baril autour de 114 à 115 dollars, après 116,72 dollars à la clôture de vendredi (voir notre édition d'hier).
Le marché pétrolier a cette particularité de réagir plus vite à une rumeur de négociation qu'à dix ans de rapports sur la transition énergétique. Il rappelle surtout qu'un prix se forme à la marge, et qu'une demi-douzaine de diplomates à Téhéran pèse plus sur la facture de carburant des Français que la plupart des plans gouvernementaux.
Sources : Zonebourse / Reuters (26 octobre 2026), Boursorama (26 octobre 2026). Les niveaux du baril sont des repères intraday affichés par les sites et peuvent différer selon les cotations.
Selon Reuters via Zonebourse, le réal brésilien était attendu en forte baisse après la réélection de Lula, Flávio Bolsonaro ayant déclaré vouloir chercher à faire annuler le résultat ; ING souligne la fragilité d'un déficit public de 7 à 8 % du PIB et d'une dette nette d'environ 70 %. D'après MoneyVox, Lula l'aurait emporté avec 51,8 % des voix, la Bourse de São Paulo aurait chuté d'environ 17 % avec une suspension des échanges de trente minutes et le réal perdrait plus de 10 % face au dollar, des chiffres que nous n'avons pu recouper auprès d'une seconde source.
Quelle que soit l'ampleur exacte de la secousse, la leçon est classique : les investisseurs ne votent pas, mais ils notent. Un État qui dépense 7 à 8 % de son PIB au-delà de ses recettes finit toujours par recevoir la facture en monnaie locale, et la monnaie est le seul bulletin de vote qu'on ne peut pas truquer.
Sources : Zonebourse / Reuters (26 octobre 2026), MoneyVox (26 octobre 2026). Les chiffres de MoneyVox (Bourse de São Paulo, réal, score électoral) sont à prendre avec prudence faute de recoupement.
Selon ABC Bourse, Anthropic a annoncé 16,8 milliards de dollars de revenus au troisième trimestre 2026, contre 11,6 milliards au deuxième et 4,8 milliards au premier (chiffres non audités), soit une croissance de 45 % en un trimestre. L'entreprise revendique un résultat positif sur base ajustée pour le deuxième trimestre consécutif, après environ 42 milliards de dollars de pertes comptables en 2025, dont environ 34 milliards sans effet de trésorerie. Les valorisations évoquées vont de 1 800 à 2 000 milliards de dollars, contre 965 milliards en mai, et Bloomberg indique que les ventes d'actions pourraient débuter la semaine du 9 novembre. MoneyVox précise que la publication de son dossier d'introduction a soutenu le rebond de Wall Street lundi.
Voilà ce que fait un capital libre : il finance sans autorisation préalable ce qu'aucun plan quinquennal n'aurait osé imaginer. Les pertes d'hier et les 2 000 milliards d'aujourd'hui rappellent que le marché est un procédé de découverte, et que ses erreurs coûtent à ceux qui les commettent plutôt qu'au contribuable.
Sources : ABC Bourse (15 octobre 2026), MoneyVox (26 octobre 2026). Revenus non audités ; valorisation et calendrier d'introduction sont des estimations de presse, sans date officielle.
D'après La Gazette France (14 octobre), le gouvernement vise un déficit de 5 % du PIB en 2027, présenté comme préalable à tout compromis, avec une mise à contribution des collectivités, une sous-indexation des pensions supérieures à 1 256 euros et un resserrement de l'abattement fiscal des retraités ; la commission des Finances a rejeté le texte remanié presque à l'unanimité, et le député LR Nicolas Ray dénonce « 17 milliards de nouveaux impôts ». Marine Le Pen dit préférer laisser passer un budget « imparfait ». Selon le même article, si le gouvernement recourait aux ordonnances budgétaires, le texte ne serait adopté qu'à partir du 18 décembre. Dans une analyse du 26 octobre, Contrepoints rappelle que la dette publique est passée de 2 231,7 milliards d'euros (99,2 % du PIB) en mai 2017 à 3 536,1 milliards (117,5 %) fin mars 2026, d'après l'Insee.
Un déficit de 5 % présenté comme un effort, c'est l'art de proclamer une cure d'amaigrissement en annonçant qu'on grossira moins vite. Pendant ce temps l'Assemblée détricote, la dette s'accroît de plus de 1 300 milliards d'euros depuis 2017, et personne ne propose de supprimer une seule mission de l'État.
Sources : La Gazette France (14 octobre 2026), Contrepoints (26 octobre 2026, analyse d'opinion citant l'Insee). Le calendrier des débats peut avoir évolué depuis la publication de l'article du 14 octobre.