« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Édition #217 · Dimanche 25 octobre 2026
Dimanche des banquiers centraux : la Fed, la BCE et la Banque du Japon se prononcent cette semaine avec une France qui s'invitera à la conférence de presse, le budget de la Sécu repart au Sénat le 9 novembre sans majorité en vue, l'Insee rappelle que les microentreprises et les PME ont créé 1,5 million d'emplois en dix ans pendant que les grandes entreprises en supprimaient 173 000, Londres dévoile son budget mercredi, et l'inflation américaine remet l'argent à son vrai prix.

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La semaine des banquiers centraux : la Fed mercredi, la BCE jeudi, la Banque du Japon vendredi

D'après Newsquawk, la Réserve fédérale se prononce mercredi 28 octobre, avec un statu quo attendu entre 3,75 % et 4,00 % (94 économistes sur 100 dans un sondage Reuters), après une hausse de 25 points de base en septembre. La Banque du Canada et la Banque de Nouvelle-Zélande devraient relever leurs taux le même jour. Jeudi 29, la BCE ne devrait pas relever son taux en octobre en raison de la tension sur les OAT françaises, et sa conférence de presse serait dominée par la France, selon la même source. Vendredi 30, la Banque du Japon est attendue au maintien de son taux à 1,25 %, avec environ 80 % de probabilité d'une hausse en décembre. L'agenda AFP publié par TradingView confirme la conférence de la BCE jeudi à 14h45 et la décision japonaise vendredi.

Voilà donc un continent dont la politique monétaire se décide en regardant le spread de Paris. Quand une banque centrale renonce à agir parce qu'un État emprunte trop cher, le taux d'intérêt n'est plus un prix, c'est une négociation. Hayek aurait reconnu l'affaire : la monnaie qui sert d'abord à rendre supportables les budgets finit par ne plus informer personne sur rien.

Sources : Newsquawk (semaine du 26 au 30 octobre 2026), AFP via TradingView (24 octobre 2026). Il s'agit d'anticipations d'analystes, non de décisions.

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Budget de la Sécu : ni 49.3 ni compromis en vue avant le Sénat du 9 novembre

Selon Econostrum, l'Assemblée a rejeté vendredi la partie recettes du budget de la Sécurité sociale 2027 par 115 voix contre 1, après avoir supprimé des mesures du gouvernement comme la taxe sur les produits sucrés, et adopté un départ à 62 ans pour 42 ans de cotisations ainsi que la suppression de la C3S. Le texte sera examiné par le Sénat à partir du 9 novembre, et le gouvernement pourrait recourir à l'article 49.3 ou à une ordonnance budgétaire. Le ministre du Budget David Amiel a lancé : « On ne peut pas avoir d'un côté des taux d'intérêt qui flambent et ici, s'enfermer dans une quatrième dimension. » L'an dernier, rappelle le site, le Premier ministre avait obtenu l'adoption grâce à un accord avec le Parti socialiste suspendant la réforme des retraites ; aucun compromis comparable n'a émergé pour 2027. D'après L'Esprit FR, Standard & Poor's rendra sa décision le 27 novembre.

Quand les députés votent le contraire de ce qu'il faut, on envisage l'ordonnance ; quand le déficit déborde, on évoque le 49.3. La mécanique institutionnelle est devenue un art de contourner le vote plutôt que de le convaincre. Un budget qu'aucune majorité ne veut porter et qu'il faudra imposer par décret n'est pas un budget, c'est un constat d'impuissance sur papier à en-tête.

Sources : Econostrum (23 octobre 2026), L'Esprit FR (24 octobre 2026). Le chiffre de 24 milliards d'euros de déficit est l'estimation du ministre, non un résultat voté.

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Emploi : les microentreprises et les PME créent, les grandes entreprises suppriment

Dans un article de Contrepoints publié le 22 octobre, Louis Zimmerman s'appuie sur l'Insee Focus n° 362 (septembre 2025), qui porte sur la période 2012-2022. Les microentreprises ont créé environ 870 000 emplois salariés, les PME 655 000 et les ETI 346 000, alors que les grandes entreprises en ont supprimé 173 000 dans leurs établissements existants, leur hausse d'effectifs ne provenant que du rachat d'établissements. Côté aides, l'article cite environ 20,8 milliards d'euros de contrats aidés entre 2012 et 2022, avec selon la Dares un effet d'aubaine de 26 % dans le secteur non marchand et de 61 % dans le secteur marchand.

Les politiques de l'emploi ciblent depuis quarante ans l'aide, la prime et le contrat subventionné, pendant que l'emploi, lui, naît dans la boutique, l'atelier et la PME que les seuils sociaux et les normes découragent de grandir. Subventionner l'embauche qui aurait eu lieu de toute façon, c'est l'effet que l'on voit ; l'embauche que le formulaire a découragée, c'est celui que l'on ne voit pas.

Sources : Contrepoints (22 octobre 2026), Insee Focus n° 362 et Dares tels que rapportés par Contrepoints. Les données de l'Insee n'ont pas été consultées directement.

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Londres dévoile son budget mercredi : la marge de manœuvre fond, les banques paieront

D'après Newsquawk, le budget britannique sera présenté au Parlement mercredi 28 octobre à 13h30, selon l'agenda AFP. La marge de manœuvre budgétaire (headroom) devrait, selon la note, passer d'environ 23,6 à environ 15 milliards de livres, et les banques pourraient être mises à contribution pour 2 à 5 milliards de livres de taxes supplémentaires.

Quand la marge fond, les chancelleries découvrent toujours la même solution : taxer le secteur qui prête. C'est le réflexe de l'État sans économies, qui préfère redéfinir l'assiette plutôt que le périmètre. Les banques répercuteront, bien sûr, la charge sur les emprunteurs et les épargnants, qui découvriront que l'impôt a toujours un payeur final, rarement celui qui figure sur l'affiche.

Sources : Newsquawk (semaine du 26 au 30 octobre 2026), AFP via TradingView (24 octobre 2026). Chiffres anticipés par Newsquawk, non officiels à ce stade.

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États-Unis : l'inflation repart, le PIB du troisième trimestre attendu à 3 %

Selon Newsquawk, l'indice des prix à la consommation américain de septembre a progressé de 0,6 % sur un mois et les prix à la production de 1,3 %, contre 0,5 % attendu. Jeudi, l'estimation initiale du PIB du troisième trimestre est attendue à +3,0 % en rythme annualisé, et l'indice PCE de septembre à 3,6 % sur un an (3,1 % pour le cœur). Environ 60 % des analystes anticipent un sommet des taux entre 4,00 % et 4,25 %, et Pimco table sur une hausse en décembre. Le calendrier AFP annonce aussi les résultats d'Alphabet, Microsoft, Amazon et ExxonMobil.

Croissance vigoureuse, prix en hausse et taux qu'on remonte : les économistes parlent de surchauffe, les anciens de monnaie trop abondante pendant trop longtemps. Les années de crédit presque gratuit se soldent aujourd'hui, et le marché n'a pas à demander la permission pour envoyer la facture.

Sources : Newsquawk (semaine du 26 au 30 octobre 2026), AFP via TradingView (24 octobre 2026). Les chiffres de PIB et de PCE sont des consensus, non des publications.

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Le cas particulier : sécurité privée conseillée aux commerçants, impôts toujours dus

Dans une chronique du 23 octobre, Yves Bourdillon rapporte que le préfet de police de Paris aurait conseillé mercredi soir aux commerçants de se protéger eux-mêmes avant la manifestation de samedi, reconnaissant que policiers et gendarmes ne peuvent garder chaque établissement, et suggérant le recours à des agents privés pour ceux qui en ont les moyens. L'auteur y voit un renversement du contrat fiscal : « vous payez des impôts et j'assure la sécurité des personnes et des biens ». Les faits rapportés proviennent de cette chronique ; nous ne les avons pas confirmés auprès de la préfecture.

Le point n'est pas ici de savoir si la mesure est sage, mais de noter ce qu'elle dit de la hiérarchie des services publics : la sécurité, fonction régalienne par excellence, que même les libéraux classiques réservent à l'État, y serait renvoyée à la facture des commerçants, pendant que l'État conserve sans faiblir les subventions, les contrats aidés et le reste. Le contribuable est en droit de demander que l'on commence par l'essentiel.

Source : Contrepoints (23 octobre 2026). Information rapportée par un chroniqueur, non confirmée par une source officielle.

Le chiffre du jour
61 %
C'est la part d'effet d'aubaine des contrats aidés du secteur marchand selon la Dares (26 % dans le non marchand), pour environ 20,8 milliards d'euros dépensés de 2012 à 2022 : autant d'embauches qui auraient eu lieu sans aide.
Source : Contrepoints (22 octobre 2026), citant la Dares.
La citation
« Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais de la considération qu'ils ont pour leur propre intérêt. »
— Adam Smith (1723-1790), La Richesse des nations, 1776 (traduction libre)

Trois lectures pour aujourd'hui