Selon Boursorama, Moody's a maintenu vendredi soir la note souveraine de la France à Aa3 avec une perspective négative, alors que la plupart des analystes attendaient un passage à A1. D'après L'Esprit FR, l'agence précise que cette notation « part de l'hypothèse qu'un budget de 2027 réduisant le déficit sera adopté », et que les coûts de financement et les tensions sociales doivent s'atténuer. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué sur X une décision qui déjouerait les « pronostics déclinistes », selon Le Figaro (repris par Shango Media). La prochaine échéance est S&P, le 27 novembre.
Un sursis n'est pas un acquittement : Moody's n'a pas jugé les comptes, elle a pris acte d'une promesse et en a fait la condition de sa clémence. La note devient ainsi un otage de l'Assemblée, qui rejetait le même jour le budget de la Sécu. Se féliciter de ne pas être dégradé, c'est se réjouir qu'un créancier accepte d'attendre, ce que les créanciers font rarement très longtemps.
Sources : Boursorama (24 octobre 2026), L'Esprit FR (24 octobre 2026), Le Figaro via Shango Media (24 octobre 2026). Le texte intégral de Moody's n'a pas été consulté ; la citation est celle rapportée par L'Esprit FR.
D'après MoneyVox, l'Assemblée nationale a rejeté vendredi en première lecture le projet de budget de la Sécurité sociale 2027 par 115 voix contre 1, la partie « recettes » ayant été repoussée, ce qui écarte tout le texte sans examen des dépenses. Les députés avaient supprimé au passage la plupart des mesures du gouvernement et adopté des dispositions d'opposition, dont un départ à 62 ans pour 42 ans de cotisations et la suppression de la C3S. Le ministre du Budget David Amiel estime que ces votes porteraient le déficit de la Sécu à 24 milliards d'euros, contre 12,7 milliards attendus par le gouvernement. Le texte part au Sénat le 9 novembre, et le gouvernement pourrait recourir au 49.3 ou à une ordonnance budgétaire inédite.
Voilà un Parlement qui a trouvé sa majorité : une majorité contre. Chacun vote la dépense qui lui plaît et la recette qui lui déplaît, et le déficit s'additionne mécaniquement, sans que personne en soit comptable. Quand tout le monde est responsable, personne ne l'est, observait déjà Bastiat à sa manière : l'État reste cette grande fiction où chacun s'efforce de vivre aux dépens de tous.
Source : MoneyVox (23-24 octobre 2026). Le chiffre de 24 milliards est l'estimation du ministre, non un résultat voté.
Selon Zonebourse, le CAC 40 a terminé vendredi à 7 782,82 points, en baisse de 0,36 % après −1,39 % la veille, et de plus de 2 % sur la semaine. Kering a chuté de 16,57 % à 178,12 euros après un troisième trimestre décevant, avec une demande plus faible pour Gucci en Chine, tandis qu'Hermès cédait 3,96 % et LVMH 1,24 %. D'après BFM Bourse, Safran a perdu 10 % après son activité du troisième trimestre, quand L'Oréal gagnait 5,6 % sur des résultats jugés très supérieurs aux attentes et Sodexo 6,3 %.
Même séance, mêmes marchés : −16 % pour l'un, +6 % pour l'autre, sans commission d'enquête ni plan de sauvegarde. La Bourse est le seul endroit du pays où l'on récompense le résultat et sanctionne la déception dans l'heure, avec l'argent de ceux qui avaient parié. On voudrait que le budget de l'État connaisse une fraction de cette discipline.
Sources : Zonebourse (23 octobre 2026), BFM Bourse / Tradingsat (23 octobre 2026). Niveaux de clôture rapportés par Zonebourse.
D'après L'Esprit FR, la charge d'intérêts de l'État passe de 51,6 milliards d'euros en 2025 à 62,6 milliards en 2026, puis 72,9 milliards en 2027, soit 91,2 milliards pour l'ensemble des administrations publiques. La dette atteignait 3 595,5 milliards d'euros fin juin 2026 (119 % du PIB), avec 3 814,9 milliards attendus fin 2027, pour un déficit de 5,4 % du PIB en 2026 et une cible de 5 % en 2027, qui exige 54 milliards d'effort. Côté marché, le rendement de l'OAT à dix ans a clôturé à 5,03 % vendredi selon BFM Bourse, avec un écart de 168 points de base sur le Bund, après avoir dépassé 175 points dans la semaine, un plus haut depuis 2011.
La charge d'intérêts croît de 21 milliards en deux ans, davantage que l'effort de réduction du déficit promis pour une grande partie du budget. Autrement dit, on court pour rester sur place, et la facture de la dette d'hier dévore les économies de demain. Le meilleur plan d'économies est celui qu'on ne finance pas à crédit.
Sources : L'Esprit FR (24 octobre 2026), BFM Bourse / Tradingsat (23 octobre 2026). Zonebourse donne 5,01 % pour la clôture de l'OAT ; l'écart avec 5,03 % tient aux sources de cotation.
Selon Zonebourse, le Dow Jones a reculé de 1,23 % à 52 215,16 points, le S&P 500 d'environ 0,5 % à 7 623,68 et le Nasdaq de 0,2 % à 25 955,34, après sa plus forte chute quotidienne depuis juin la veille. Sur la semaine, le S&P 500 perd 0,47 % et le Nasdaq 0,71 %. Le rendement du Trésor à dix ans est monté à 5,00 %, et les contrats à terme sur les fonds fédéraux affichent encore une probabilité de 81 % d'un relèvement de taux en décembre, même si les paris ont reculé. Les opérateurs télécoms ont décroché, AT&T de 7,95 % et T-Mobile de 7,71 %, sur fond d'informations sur les ambitions de SpaceX dans la téléphonie mobile ; Alphabet, Microsoft et Amazon publient la semaine prochaine.
Un taux américain à 5 % et une Banque centrale qui pourrait encore le relever : l'argent a de nouveau un prix, et les paris sur l'IA, financés en grande partie à crédit, le découvrent. Le marché fait payer la facture à ceux qui avaient cru le loyer de l'argent gratuit pour toujours.
Source : Zonebourse (23 octobre 2026). L'anticipation de hausse de taux est celle du marché des contrats à terme, non une décision de la Fed.
D'après Boursorama, le Brent s'échangeait vendredi autour de 116,75 dollars le baril, et Zonebourse relève un pic à 117,45 dollars, son plus haut depuis fin avril, après des attaques houthies en Arabie saoudite. Selon BFM Bourse, le contrat de décembre a clôturé à 115,25 dollars (+1,84 %) et le WTI à 101,70 dollars (+2,2 %), les tensions entre Washington et Téhéran restant au premier plan.
Le week-end s'ouvre sur un baril à trois chiffres élevés et un continent dont les stocks de gaz sont dégarnis. Les capitales parleront de plafonds et de chèques énergie ; le prix, lui, répète que la sécurité d'approvisionnement ne se décrète pas, elle se construit, avec des sources variées et des capitaux disposés à les financer.
Sources : Boursorama (23 octobre 2026), Zonebourse (23 octobre 2026), BFM Bourse / Tradingsat (23 octobre 2026). Les niveaux varient selon l'heure et le contrat cité.