Le CAC 40 a clôturé vendredi en hausse de 0,37 %, à 8 484,43 points, mettant fin à huit séances consécutives de repli — une série que la place parisienne n'avait plus connue depuis la mi-novembre 2017. Le soulagement est arithmétiquement modeste : l'indice perd tout de même 1,8 % sur la semaine. De l'autre côté de l'Atlantique, les trois grands indices américains terminent également la semaine dans le rouge malgré un rebond vendredi, le dollar évolue près d'un plus bas de trois mois — l'indice DXY autour de 98,74 — et l'or signe une troisième semaine consécutive de hausse, au plus haut depuis trois mois.
Un rebond de 0,37 % après huit séances de baisse ne s'appelle pas un retournement, mais une respiration. Ce qui mérite l'attention, c'est la géographie du mouvement : les actions hésitent, le dollar recule, l'or monte. Trois signaux qui pointent dans la même direction et disent la même chose — les investisseurs ne fuient pas le risque d'entreprise, ils fuient le risque souverain. On peut se rassurer en observant les indices ; il serait plus instructif de regarder ce que les épargnants achètent quand ils cessent de croire aux promesses des États.
Sources : Boursorama, BFM Bourse, CNBC
La semaine a été dominée par la flambée des taux longs, et la cause n'est plus seulement budgétaire. Les émissions obligataires liées à l'intelligence artificielle ont atteint près de 236 milliards de dollars au 31 mai et pourraient approcher 570 milliards sur l'ensemble de l'année ; les cinq hyperscalers américains prévoient 690 milliards de dollars d'investissements en 2026, un quasi-doublement en un an, dont trois quarts en infrastructures IA. Dans le même temps, le rendement réel du Trésor américain à trente ans s'est approché de 3 %, un sommet de dix-huit ans, et l'OAT française à dix ans a dépassé 4,10 %, du jamais-vu depuis 2009, à cinq jours de la revue Fitch du 28 août.
Il faut nommer les choses. Deux emprunteurs se présentent au guichet de l'épargne mondiale. Le premier — Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft, Oracle — emprunte pour construire des actifs productifs, sous le regard d'actionnaires qui peuvent le sanctionner et de créanciers qui peuvent refuser. S'il se trompe, il paiera : la faillite est le mécanisme d'apprentissage du capitalisme. Le second — les États occidentaux — emprunte pour financer des dépenses courantes qu'aucun électeur n'accepte de réduire, sans sanction possible autre que le taux d'intérêt. La hausse des taux longs n'est pas un accident de marché : c'est le prix relatif qui s'ajuste enfin entre ces deux usages du capital. Que les Trésors publics découvrent qu'ils ont désormais des concurrents sérieux est la meilleure nouvelle de l'été — et la plus douloureuse pour Bercy.
Sources : Option Finance, France Épargne, Web Manager Center
Un décret publié au Journal officiel samedi 22 août autorise EDF à engager les travaux préparatoires des deux réacteurs EPR2 prévus sur le site de Gravelines, dans le Nord. Le texte est d'une prudence remarquable : il ne vaut ni autorisation de création des réacteurs, ni droit de construire les bâtiments destinés à abriter des matières nucléaires. Les deux unités de 1 600 MW viendraient s'ajouter aux six réacteurs de 900 MW déjà en service. Le programme des six EPR2 est chiffré à 72,8 milliards d'euros et la décision finale d'investissement n'est pas attendue avant la fin de l'année. Entretemps, EDF a dû arrêter trois réacteurs du même site, envahis par des méduses.
Résumons la séquence : un pays qui a inventé le programme électronucléaire le plus rapide de l'histoire industrielle — cinquante-six réacteurs en vingt ans — met aujourd'hui plus d'une décennie à délivrer l'autorisation de commencer à préparer un terrain. Le problème n'est ni technique ni financier : il est procédural. Chaque strate d'autorisation a été ajoutée pour de bonnes raisons ; leur accumulation produit une paralysie que personne n'a voulue et dont personne n'est responsable. Ceux qui réclament aujourd'hui une politique industrielle volontariste feraient bien de constater que l'obstacle n'est pas le manque d'État, mais son excès de formes. On ne décrète pas la réindustrialisation quand on met quinze ans à décréter un terrassement.
Sources : Euronews, La Voix de France, Yahoo Actualités
Le contrat de référence néerlandais TTF a bondi d'environ 120 % depuis le début de l'année, à près de 63,7 euros le mégawattheure le 18 août. La trajectoire est brutale : 43 euros début juillet, 57 euros à la fin du même mois. La cause est cumulative — des températures record qui dopent la demande d'électricité, une sécheresse qui pénalise l'hydraulique et contraint le refroidissement des centrales nucléaires, des centrales à gaz appelées à combler le déficit au moment précis où l'Europe devrait remplir ses stocks avant l'hiver, et l'escalade autour du détroit d'Ormuz par-dessus le marché. Pour le consommateur, un contrat fixe souscrit en août coûte en moyenne 273 euros de plus par an.
L'Europe a passé quinze ans à organiser sa dépendance et deux ans à la déplorer. Elle avait deux moyens de s'en prémunir : diversifier ses sources et diversifier ses modes de production. Elle a fermé des centrales pilotables au nom du climat, subventionné des capacités intermittentes au nom du marché, puis découvert que l'intermittence se paie au comptant lors des étés secs. Le prix du TTF n'est pas une anomalie à corriger par un plafond : c'est l'information la plus fiable dont disposent aujourd'hui les gouvernements européens sur la qualité de leurs arbitrages passés. Reste à savoir s'ils la liront, ou s'ils la subventionneront pour la faire taire.
Sources : Euronews Business, Comparateur-Énergie, Opéra Énergie
Le Brent s'échangeait autour de 93,42 dollars le baril à la mi-journée de vendredi, soit près de dix dollars gagnés en deux semaines. Le marché arbitre entre deux affirmations incompatibles : Washington soutient qu'environ dix millions de barils par jour transitent de nouveau par le détroit d'Ormuz, Téhéran affirme maintenir le passage bloqué. Les négociations entre les deux capitales n'ont débouché sur aucun accord durable et les États-Unis ont écarté la prolongation du cessez-le-feu temporaire.
Le prix du pétrole est, cette semaine, un instrument de mesure de la crédibilité respective de deux gouvernements. Aucun des deux ne publie de données vérifiables ; le marché, lui, doit trancher tous les jours à la clôture, avec de l'argent réel. Que le baril se soit installé dix dollars au-dessus de son niveau de début août indique que les opérateurs accordent une prime substantielle au scénario iranien — non par sympathie, mais par prudence. C'est le mérite discret des marchés de matières premières : ils agrègent des jugements que personne n'a intérêt à falsifier, parce que se tromper y coûte immédiatement. Peu d'institutions publiques peuvent en dire autant.
Sources : Prix du Baril, Investing.com
Le deuxième trimestre 2026 a établi un record pour un deuxième trimestre avec 18 004 procédures, contre 17 184 lors du précédent sommet, atteint un an plus tôt. Sur douze mois glissants, le compteur s'établit à 71 600 défaillances à fin juin, un niveau supérieur de près de 40 % à celui d'avant la crise sanitaire. 58 830 salariés sont concernés, mais les pertes d'emplois reculent de 9,5 % sur un an : ce sont les jeunes pousses et les entreprises de moins de trois salariés qui encaissent l'essentiel du choc.
Cette dernière statistique est la plus éclairante, et la moins commentée. Ce ne sont pas les grands groupes qui tombent — ils ont des trésoreries, des banques, des relais à Bercy et, en cas de besoin, un plan de soutien à leur nom. Ce sont les entreprises de un à trois salariés, celles dont la disparition ne fait ni une manchette ni un plan social. La France a construit un dispositif d'aides publiques d'une générosité considérable ; il est, par construction, capté par ceux qui savent le solliciter. Le petit entrepreneur, lui, ne demande pas de subvention : il demande des charges supportables, des délais de paiement respectés et un droit du travail lisible. On lui a offert des guichets à la place. Il ferme.
Sources : Allianz Trade, Le Moniteur, Économie Matin