Ce matin à 7h30, l'INSEE tombe le verdict sur le chômage français du deuxième trimestre : après 8,1 % au Q1, la France saura enfin si elle progresse ou recule face au chômage. À 14h30, Washington dévoile ses créations d'emplois non agricoles et son taux de chômage, deux chiffres qui détermineront si la Fed peut vraiment baisser ses taux ou si elle est prisonnière du marché du travail. L'emploi français Q1 à 8,1 %. Deux continents, deux énigmes : la France peut-elle créer de l'emploi sans moins réguler ? L'Amérique peut-elle en créer sans relever ses taux ? Le marché tranchera.
Le Brent a plongé à 79,85 dollars le baril vendredi matin, septième séance de repli, l'Iran et les États-Unis s'étant entendus mercredi sur un couloir de transit dans le détroit d'Ormuz — les négos d'Oman aboutissent. Les marchés oublient les menaces, les tarifs de frappes, la bravade des ayatollahs : trois dollars de moins par jour ouvrable depuis la trêve informelle, un prix retrouvant le niveau de juillet avant l'incendie de juillet. La leçon ? Dans la réalité des échanges, la raison économique écrase toujours à terme la furia politique. Montesquieu l'a écrit en 1748 : les marchands ne font pas la guerre, ils la défont.
La Chine a réduit ses avoirs en bons du Trésor américain en 2026 tandis qu'elle accélère ses achats d'or de façon inédite — la stratégie chinoise de diversification monétaire. Entre Xi Jinping et Donald Trump règne un accord commercial précaire jusqu'en novembre. Pékin prépare son avenir post-dollar, avec 200 avions Boeing achetés à Washington pour tenir les apparences. Mais le choix réel ? Dépendre moins du billet vert, constituer plus de réserves immatérielles. C'est la logique des grandes puissances en rivalité : on négocie avec un sourire, on se prépare à la rupture. Le marché de l'or l'a senti bien avant les chancelleries.
L'OAT à dix ans a franchi la barre des 4 % en juillet et s'y maintient — les taux souverains français qui montent. Chaque dixième de point de hausse des rendements souverains, c'est un impôt invisible qui frappe le budget français : emprunts plus coûteux, charges financières qui gonflent, quand l'État français emprunte à Bruxelles pour financer ses déficits structurels. La vraie question libérale n'est pas « combien emprunter », c'est « pourquoi emprunter si le marché commence à se méfier ». Le signal est clair : le marché dit à la France qu'elle dépense trop. Paris préfère ignorer.
À Paris et ailleurs, la saison des résultats Q2 soutient les indices européens malgré une macro gloomier que jamais : le CAC 40 s'affiche au-dessus de 8 690 points, Société Générale a annoncé 1,79 milliard de bénéfices, Saint-Gobain a bondi de 6,9 %, Engie a relevé ses objectifs de 4,7 % — les résultats qui gagnent les paris sur la macro. Cela signifie que les vraies forces de la croissance — productivité, innovation, gestion disciplinée — font leur travail même quand l'État croit inventer l'économie. Le dividende du microéconomique pèse plus lourd que le fardeau du macroéconomique.
L'inflation en France tombe à 2,1 % en juillet après avoir frôlé les 2,3 % — l'IPC français passe sous les 2,1 %. Les prix de l'énergie ont enfin plié sous la chute du Brent et du gaz, ce que les banquiers centraux créditeront à leur « politique », oubliant qu'ils n'ont rien fait sinon attendre. La vraie question : comment la France va-t-elle expliquer à ses entreprises qu'elles doivent surtaxer les salaires si les prix baissent ? Quand le SMIC tourne à 1 500 euros le SNUI, comment parle-t-on de productivité réelle aux PME ? L'inflation reflue, mais le malaise structurel reste.