La lettre libérale
Édition #160
Lundi 4 août 2026
Lundi de records : Paris oublie ses peurs et le CAC 40 célèbre son plus haut historique à 8 642 points, portée par l'espoir d'une trêve téhérane et une baisse du pétrole — pendant que Bercy applique ses pansements sur l'électricité et que le FMI prévoit une croissance mondiale régulière, preuve que même l'État n'arrive pas à étouffer l'envie de prospérer.

1
Paris célèbre son record, Wall Street retient son souffle

Le CAC 40 a inscrit un nouveau plus haut historique à 8 642 points lundi, clôturant la séance à 8 614 points en hausse de 1,22 %. Cette ascension a été portée par les espoirs renouvelés d'un apaisement entre Washington et Téhéran, qui ont fait chuter le pétrole de 6 %. Résultats semestriels à la clé : les 38 groupes du CAC ayant publié leurs comptes affichent une augmentation de bénéfices nets de plus de 34 % sur un an — bien au-delà des attentes du consensus.

Ce que les chiffres récitent, c'est que les marchés ne valorisent pas ce que coûte une entreprise, mais ce qu'elle produit et pourquoi : quand la confiance revient, les investisseurs retrouvent la raison d'être de la bourse elle-même. Les prix suivent la réalité des bénéfices, non l'inverse.

Source : Moneyvox
2
Le Brent recule de 6 % : la paix a un prix, et le marché le sait

Le prix du pétrole brut Brent a plongé de 6 % à mesure que les tensions Iran-États-Unis s'apaisaient lundi, retombant sous les 90 dollars le baril — un plus bas depuis le 15 juillet. Cet effondrement en quelques heures démontre ce que Montesquieu écrivait il y a près de trois siècles : que l'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Le marché pétrolier, qui « rend » cinq dollars à chaque jour sans canons, passe l'été à prouver que les bénéfices de la trêve surpassent ceux de la guerre.

Aucune agence gouvernementale n'a ordonné cette baisse. Aucun cabinet de ministres n'a réuni de task force pour la négocier. C'est le simple jeu de l'offre et de la demande qui a tranché : moins de risque géopolitique, moins de prime de risque, moins de coûts de fret. Le marché, laissé seul à ses calculs, fait mieux que la diplomatie.

Source : TradingSat
3
Électricité : Bercy applique le pansement sur la jambe de bois

Depuis le 1er août, le tarif réglementé de l'électricité a grimpé de 2,5 %, ce qui représente environ 26 euros supplémentaires par an pour les 20 millions de foyers français soumis au régime du tarif réglementé de vente (TRV). Cette hausse ne résulte pas d'une flambée de l'énergie, mais surtout de la révision du TURPE (tarif d'accès au réseau) et de l'intégration du mécanisme de capacité dans la formule tarifaire.

Voilà le mensonge des tarifs administrés : quand l'État prétend maîtriser les prix, il ne fait que repousser les coûts ailleurs — ici sur la structure même du réseau. Les dépenses ne disparaissent jamais ; elles se cachent. Pour que l'électricité soit vraiment bon marché, il faudrait céder le secteur à la concurrence libre et voir les efficiences surgir naturellement, non par décret.

Source : Les Furets
4
Livret A : la rente d'épargne remonte légèrement d'1,7 %

À compter du 1er août 2026, le taux du Livret A et du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a été relevé à 1,7 % — contre 1,6 % auparavant — et restera stable jusqu'au 31 janvier 2027. Le Livret d'Épargne Populaire (LEP) demeure fiché à 2,5 %. Cette micro-hausse, recommandée par la Banque de France selon le mécanisme statutaire de révision semestrielle, rappelle que l'épargne française des classes populaires dépend entièrement des mains des bureaucrates monétaires.

Un vrai marché libre donnerait des taux bien plus utiles, ajustés jour après jour selon la rareté du capital et la demande réelle. Mais quand l'État nationalise l'épargne des pauvres au nom de la « protection », il ne protège que sa propre autorité sur les flux de liquidités.

5
Le gouvernement bannit le démarchage téléphonique à partir du 11 août

À partir du 11 août 2026, le démarchage téléphonique à des fins commerciales sera interdit pour tous les secteurs en France, application stricte de la loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques. Cette mesure élargit les restrictions précédentes et s'applique sans exception.

L'interdiction du démarchage est présentée comme une protection du consommateur. Mais qui protège vraiment qui ? Le droit de refuser un appel commercial est un droit ; interdire tout appel commercial est une censure. C'est un classique de l'idéalisme réglementaire : on supprime les agacements, on crée des pénuries de concurrence. Et demain, on s'étonne que les prix restent rigides et les services monopolistiques.

6
Le FMI prévoit 3,0 % de croissance mondiale en 2026 — en dépit de tout

La mise à jour de juillet 2026 du Fonds monétaire international prévoit une croissance mondiale de 3,0 % pour 2026 et 3,4 % pour 2027, tandis que l'inflation mondiale devrait se modérer à 3,1 % cette année (contre 3,4 % en 2025). Cependant, les trajectoires demeurent contrastées : le choc géopolitique pèse sur les importateurs d'énergie et les économies vulnérables, tandis que la demande tirée par l'intelligence artificielle profite aux pays intégrés à la chaîne de valeur technologique mondiale.

Voilà l'aveu involontaire des institutions : même sous le poids combiné des guerres, des régulations lourdes et des inflations artificielles, l'économie persiste à croître. C'est que rien ne fait prospérer l'économie comme l'espoir du profit — tellement puissant qu'il survit même aux tentatives des gouvernements à l'étouffer.


Chiffre du jour
8 642
Le nouveau plus haut historique du CAC 40, atteint lundi 4 août 2026.

Citation du jour
« La tentative de gérer l'économie complexe par des prix administrés crée inévitablement des distorsions qui ne peuvent qu'augmenter avec le temps. »
— Friedrich Hayek, *La Route de la servitude* (1944)

Lectures du jour