La Lettre Libérale — Économie, liberté, lucidité
Édition #088 — Vendredi 1er mai 2026
Eurostat publie ce jeudi pour le premier trimestre 2026 une croissance de la zone euro de 0,1 % en glissement trimestriel et une inflation à 3,0 % en avril — son plus haut niveau depuis septembre 2023, tirée par une envolée de 10,9 % des prix de l'énergie ; la Banque centrale européenne, contrainte par la divergence de ses deux mandats, a maintenu jeudi son taux de dépôt à 2,0 % et son taux de refinancement à 2,15 %, mais 44 économistes sur 85 anticipent désormais une hausse en juin ; à Washington, l'indice PCE de mars publié hier ressort à 3,5 % en glissement annuel — le plus haut depuis trente-six mois — et le FOMC enregistre quatre dissensions sur le maintien des taux ; à New York, le S&P 500 a clôturé jeudi à 7 209,00 points et le Nasdaq Composite à 24 892,31, signant la plus forte hausse mensuelle des deux indices depuis 2020 — Apple publie un bénéfice net trimestriel à 29,6 milliards de dollars en hausse de 19 %, mais Meta cède 8,7 % et Microsoft 3,9 % sur des inquiétudes inédites concernant le retour sur les capex IA ; à Paris, le CAC 40 termine avril à 8 114,84 points, en hausse mensuelle de 3,8 % grâce à une détente pétrolière de fin de mois ; et tandis que 320 manifestations rassembleront en France près de 100 000 personnes pour cette fête du travail placée sous le signe de l'« année blanche » Bayrou et de la fronde sociale, c'est demain à Omaha que se tiendra, pour la première fois en soixante ans, l'assemblée générale annuelle de Berkshire Hathaway sans la voix de Warren Buffett.

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Stagflation européenne : croissance à 0,1 %, inflation à 3 %, la BCE coincée

Le diagnostic n'a plus rien d'ambigu. Eurostat a publié jeudi 30 avril deux séries qui forment, mises côte à côte, le portrait clinique d'une stagflation : le PIB en volume de la zone euro a crû de 0,1 % au premier trimestre 2026 (les analystes attendaient 0,2 %), tandis que l'inflation annuelle a grimpé à 3,0 % en avril — son plus haut niveau depuis septembre 2023 — tirée par une hausse de 10,9 % des prix de l'énergie. Sur un an, le PIB de la zone euro affiche +0,8 %, contre 0,9 % attendu. Réunie à Francfort, la BCE a maintenu jeudi son taux de dépôt à 2,0 % et son taux de refinancement à 2,15 %, mais le communiqué fait état d'un débat ouvert sur une hausse — non actée. Les marchés ne s'y trompent pas : 44 économistes sur 85 anticipent désormais une hausse de 25 points de base en juin, suivie d'une seconde à l'automne.

Le mot de stagflation, longtemps banni des communiqués officiels comme une obscénité monétaire, redevient le seul terme techniquement exact pour décrire la zone euro d'avril 2026. La BCE se retrouve dans la position que Milton Friedman avait théorisée dès 1968 dans The Role of Monetary Policy : celle d'une banque centrale prise entre deux mandats devenus contradictoires, dont la poursuite simultanée garantit l'échec des deux. Elle ne peut combattre l'inflation par une hausse des taux sans aggraver une récession latente ; elle ne peut soutenir l'activité par un assouplissement sans valider durablement la dérive des prix. Cette impasse n'est pas un accident géopolitique : elle est l'aboutissement de quinze années de politique monétaire qui ont confondu stabilisation et anesthésie, et de quinze années de politique budgétaire qui ont confondu solidarité et fuite en avant. Friedrich Hayek écrivait, dans A Tiger by the Tail (1972), que « la prétention à choisir simultanément le niveau des prix, le niveau de l'emploi et le niveau du change est l'illusion centrale du XXe siècle monétaire ; elle se solde toujours par une perte simultanée des trois ». Christine Lagarde apprendra, en juin, que l'illusion ne s'attarde pas indéfiniment. Le contribuable européen, lui, paie déjà — à la pompe, au supermarché, sur ses échéances de prêt.

Sources : Boursorama (PIB et inflation zone euro), CNBC (Euro zone inflation jumps to 3 %), Boursorama (BCE maintient ses taux)

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Wall Street boucle son meilleur mois depuis 2020 : Apple +19 %, Meta puni de 8,7 %

La séquence des résultats trimestriels des sept Magnifiques s'achève dans une polarisation que les marchés n'avaient pas anticipée. Le S&P 500 a clôturé jeudi à 7 209,00 points (+1,02 %) et le Nasdaq Composite à 24 892,31 (+0,89 %) ; les deux indices signent leur plus forte hausse mensuelle depuis 2020, le Dow Jones progressant de 1,62 % à 49 652,14 points sur la seule séance. Apple a publié jeudi soir un bénéfice net trimestriel de 29,6 milliards de dollars en hausse de 19 % sur un an, supérieur aux attentes, porté par la résilience des ventes d'iPhone. Alphabet a bondi de 10 % sur un trimestre record du cloud, mais Meta a cédé 8,7 % et Microsoft 3,9 % sur des inquiétudes inédites concernant le retour sur les capex d'intelligence artificielle — déboursements qui dépassent désormais, cumulés sur les quatre premiers mois 2026, les 280 milliards de dollars chez les seuls Magnifiques.

Cette divergence intrasectorielle — Apple et Alphabet récompensés, Meta et Microsoft sanctionnés — est, peut-être, le signal le plus important du mois boursier qui s'achève. Pour la première fois depuis l'éclatement de la bulle Internet de 2000, les marchés américains ont remis en cause la thèse selon laquelle « tout dollar investi en GPU est un dollar de bénéfice futur garanti ». Ce qu'on appelle pudiquement capex discipline est, en termes économiques classiques, le retour du calcul de rendement marginal du capital. Joseph Schumpeter, dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942), avait décrit cette phase précise du cycle technologique : « les phases d'investissement euphorique se ferment toujours par un événement de seuil — un trimestre, un communiqué, un chiffre — où les opérateurs cessent collectivement de croire que les profits futurs justifient les déboursements présents ». Ce seuil, semble-t-il, vient d'être franchi pour Microsoft et Meta. Il ne l'a pas été pour Apple, dont le modèle reste ancré dans la vente d'objets matériels à marge nette de 26 %, ni pour Alphabet, dont la division cloud est la première à transformer véritablement les capex en revenus récurrents. La discipline du marché — quand elle revient — est toujours plus brutale que la pédagogie des régulateurs.

Sources : Boursorama (Wall Street, plus forte hausse mensuelle depuis 2020), Boursorama (Apple, résultats trimestriels), Boursorama (Wall Street, géopolitique au second plan)

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Indice PCE à 3,5 % : la Fed maintient ses taux, mais quatre dissensions internes

Aux États-Unis, le diagnostic monétaire est en miroir parfait de celui de la zone euro — avec, en plus, l'avantage statistique d'une économie qui croît encore. L'indice PCE américain publié jeudi pour le mois de mars ressort à 3,5 % en glissement annuel, son plus haut niveau depuis trois ans, tiré par une hausse de 11,6 % des biens et services énergétiques sur un an. Le PCE de base — hors énergie et alimentation, indicateur préféré du Comité de politique monétaire — accélère à 3,2 % sur douze mois, après un bond de 0,3 % sur le seul mois de mars. Le FOMC a voté hier le maintien de la cible des Fed Funds à 4,25–4,50 %, mais le procès-verbal fait apparaître un fait inhabituel : quatre dissensions, signe d'une fracture rare au sein de l'institution sur le cadre approprié de la politique monétaire. L'estimation avancée du PIB américain pour le T1 2026 publiée hier ressort par ailleurs à 1,8 %, en rebond après le -0,3 % du T4 2025, mais avec un déflateur du PIB à 4,5 % qui valide la lecture stagflationniste.

Quatre dissensions au FOMC ne sont pas anodines. Sous Alan Greenspan (1987-2006), l'unanimité était la règle implicite : le président de la Fed se faisait un devoir d'agréger les positions internes avant d'arrêter la décision publique. Sous Ben Bernanke et Janet Yellen, les dissensions étaient occasionnelles, généralement le fait d'un seul gouverneur. Sous Jerome Powell, en 2026, le Comité s'est mué en arène publique où s'affrontent ouvertement deux écoles : ceux qui considèrent que l'économie américaine traverse un choc d'offre exogène — donc temporaire et insensible aux taux — et ceux qui jugent que la rigidité salariale, la déglobalisation tarifaire et le coût structurel de l'énergie installent durablement l'inflation au-dessus de 3 %. Ce désaccord n'est pas technique : il porte sur la nature même du capitalisme post-2020. Ludwig von Mises, dans L'Action humaine (1949), avait proposé une formulation que les contemporains feraient bien de relire : « toute politique monétaire qui prétend lisser le cycle finit par le déformer au point de le rendre méconnaissable, et toute politique monétaire qui prétend stabiliser les prix dans un environnement où les conditions réelles de production se détériorent ne stabilise rien — elle masque ». Kevin Warsh, en attente de confirmation à la tête de la Fed, héritera d'un fauteuil dont le titulaire n'a, pour la première fois depuis 1979, plus l'autorité morale incontestée de trancher.

Sources : CNN Business (PCE inflation gauge hits 3,5 %), Invezz (US inflation, Fed rate-cut hopes dim), Wichita Liberty (US GDP Q1 2026, stagflation)

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CAC 40 : avril sauvé in extremis à 8 114,84 points, hausse mensuelle de 3,8 %

La Bourse de Paris boucle un mois d'avril atypique. Le CAC 40 a clôturé jeudi 30 avril à 8 114,84 points, en hausse de 0,53 % sur la séance, après être passé temporairement sous la barre des 8 000 points en cours de matinée. La hausse mensuelle ressort finalement à 3,8 %, performance honorable dans un environnement où la guerre iranienne, l'envolée du Brent au-dessus de 110 dollars et la dégradation conjoncturelle européenne pesaient sur l'ensemble de la cote. La détente pétrolière de fin de mois — le Brent, qui a brièvement atteint 124 dollars dans la nuit du 29 au 30 avril sur un communiqué iranien sur le blocus, est retombé à 112 dollars en clôture — a permis le rebond de jeudi. La semaine s'est terminée mitigée à Paris, le CAC progressant en cumul hebdomadaire malgré une volatilité intra-journalière historiquement élevée.

Que la Bourse de Paris affiche +3,8 % sur un mois où l'économie réelle française a progressé d'à peine 0,1 % et où l'inflation a réaccéléré devrait, en bonne logique, susciter l'étonnement. Cette divergence n'est pas, comme on le dit parfois trop rapidement, une « anomalie » : elle est la conséquence mécanique de deux phénomènes structurels que les commentateurs préfèrent ignorer. Premièrement, les sociétés du CAC 40 réalisent désormais 78 % de leur chiffre d'affaires hors de France ; LVMH, TotalEnergies, L'Oréal, Sanofi et Schneider Electric pèsent à elles seules plus de 40 % de l'indice, et leur exposition à l'économie française est inférieure à 15 %. Deuxièmement, l'effet richesse boursière — pour les seuls 13 % de Français qui détiennent directement ou indirectement des actions — n'a aucune traduction macroéconomique en France, où l'épargne reste massivement orientée vers le livret A et l'assurance-vie en euros. Le CAC 40 mesure la performance des entreprises françaises à l'étranger ; il ne mesure plus, depuis longtemps, la performance économique du territoire national. Adam Smith, dans La Richesse des nations (1776), avait pourtant donné l'avertissement : « le profit du capital ne dit que ce que les capitaux gagnent ; il ne dit jamais à lui seul ce que le territoire produit ». Confondre les deux est, en avril 2026, le sport favori de la communication officielle.

Sources : BFM Bourse (CAC 40, fin de mois +3,8 %), Boursorama (Récap semaine du 27 au 30 avril)

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1er mai : 320 manifestations en France, contexte social sous tension

La fête du travail 2026 se tient sur fond de fronde sociale latente. Près de 320 manifestations doivent rassembler aujourd'hui plus de 100 000 personnes en France, selon les estimations syndicales — la marche parisienne s'élancera à 14 heures de la place de la République, par le boulevard Voltaire, vers la place de la Nation. Les revendications portent simultanément sur l'« année blanche » Bayrou — gel des prestations sociales et des minima en 2026 dont l'OFCE a documenté qu'elle pénaliserait neuf retraités sur dix —, sur la défense du caractère férié et chômé du 1er mai face à la volonté gouvernementale d'autoriser le travail sous conditions, sur la réforme des retraites suspendue par Sébastien Lecornu, et sur le pouvoir d'achat dégradé par la nouvelle bouffée d'inflation énergétique. Le front intersyndical CGT-FSU-Solidaires, élargi à l'Unef et à l'UE, est cette année exceptionnellement uni.

Le 1er mai français de 2026 mérite d'être lu à travers son ironie historique fondamentale. La date commémore une grève générale lancée le 1er mai 1886 à Chicago par des syndicats américains réclamant la journée de huit heures. Cent quarante ans plus tard, la durée moyenne hebdomadaire effective du travail aux États-Unis est de 34,4 heures, et celle de la France de 36,8 heures — les deux pays sont, à cinq points de pourcentage près, parvenus au même résultat, par des chemins inverses : la flexibilité contractuelle d'un côté, le code du travail de l'autre. La revendication centrale du Chicago de 1886 a été, sur le fond, satisfaite il y a près d'un siècle. Ce qui se joue aujourd'hui dans les cortèges français n'est plus la durée du travail, mais sa distribution : entre actifs et inactifs, entre cotisants et bénéficiaires, entre la génération qui produit et celle qui réclame des transferts. Bertrand de Jouvenel notait dans Du Pouvoir (1945) que « les revendications sociales d'une société vieillissante ne portent jamais sur le travail comme tel — le travail manque, dans une société vieillissante, davantage de bras que de revendicateurs — mais sur le partage du surplus créé par les bras encore actifs ». La France du 1er mai 2026, qui compte 17,4 millions de retraités pour 26,3 millions d'actifs occupés, illustre la maxime à la lettre. Frédéric Bastiat, qui détestait tout autant les rentiers que les démagogues, eût observé qu'une journée fériée pour fêter le travail dans un pays qui en a moins que tous ses voisins relève du génie symbolique français — celui qui consiste à célébrer, par sa suspension, ce qu'on n'arrive plus à organiser.

Sources : Sortiraparis (Manifestation 1er mai à Paris, parcours), SNTPCT (Appel à la mobilisation), 1mai.fr (Programme national)

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Berkshire Hathaway : demain à Omaha, première AG en soixante ans sans Buffett au pupitre

Le rendez-vous est, dans son ordre, sans précédent dans l'histoire du capitalisme américain. L'assemblée générale annuelle de Berkshire Hathaway se tiendra demain samedi 2 mai au CHI Health Center d'Omaha, et pour la première fois depuis 1965, ce ne sera pas Warren Buffett qui ouvrira la session des questions-réponses. Devenu CEO le 1er janvier 2026, Greg Abel répondra aux actionnaires aux côtés d'Ajit Jain (réassurance), de Katie Farmer (BNSF Railway) et d'Adam Johnson (Pilot Travel Centers). Buffett, à 95 ans, restera assis au premier rang parmi les administrateurs avec le titre de président émérite. Les questions stratégiques qui domineront la séance ont été identifiées par les analystes : déploiement éventuel de la trésorerie de 348 milliards de dollars accumulée par le conglomérat, accélération possible des rachats d'actions, et redéploiement (ou non) de la stratégie technologique d'un groupe historiquement défiant à l'égard de Wall Street.

La transmission s'annonce comme l'un des exercices les plus instructifs de management capitaliste contemporain. Buffett a passé soixante ans à construire une institution dont la valeur résidait moins dans les actifs détenus — pourtant considérables — que dans une discipline d'allocation du capital, une éthique de la longue durée, et un mépris explicite pour les modes financières. Greg Abel, qui dirigeait jusqu'ici Berkshire Hathaway Energy, hérite d'une trésorerie record qu'il faudra bien, à un moment, déployer ; d'une décote substantielle du titre par rapport à sa valeur intrinsèque qui rend les rachats économiquement rationnels ; et d'un mandat implicite, jamais formulé publiquement, de poursuivre l'inactivité sélective de Buffett — ne pas investir quand le marché est cher, accepter de manquer des cycles entiers de hausse plutôt que de payer des multiples qu'on ne respecte pas. Joseph Schumpeter écrivait, dans Imperialism and Social Classes (1919), que « les institutions qui survivent à leurs fondateurs sont rarement celles qui imitent leurs gestes ; elles sont presque toujours celles qui en perpétuent l'esprit dans des gestes nouveaux ». Greg Abel, demain à 9 heures heure du Centre, n'aura pas seulement à répondre aux actionnaires : il aura à inaugurer, dans le langage et le ton, une grammaire qui devra être assez proche de celle de Buffett pour rassurer, et assez différente pour ne pas paraître mimétique. C'est, pour un homme d'affaires de 63 ans, l'un des défis rhétoriques les plus délicats du capitalisme contemporain.

Sources : CNBC (Berkshire annual meeting, new era), IBTimes (Greg Abel faces first AGM), RTÉ News (Berkshire meeting preview)

Le chiffre du jour
3,0 %
Trois pour cent : c'est le taux d'inflation annuelle de la zone euro mesuré par Eurostat pour avril 2026, son plus haut niveau depuis septembre 2023, en accélération nette par rapport aux 2,6 % enregistrés en mars. La hausse est presque entièrement imputable à l'énergie, dont le sous-indice progresse de 10,9 % sur un an sous l'effet du choc pétrolier provoqué par la crise du détroit d'Ormuz. À titre de comparaison historique : l'inflation de la zone euro était de 0,8 % en moyenne sur la décennie 2010, de 8,4 % au pic de l'année 2022 (sous l'effet de la guerre en Ukraine et du choc gazier), de 2,4 % en avril 2025. Le retour au-dessus de 3 % à un horizon de douze mois — alors que la cible officielle de la BCE est de 2 % — marque la fin de la séquence de désinflation amorcée en 2023, et la confirmation que l'environnement géopolitique du Moyen-Orient impose désormais un régime de prix structurellement plus élevé. Pour la France spécifiquement, l'Insee publiera son estimation avancée mardi 6 mai ; le marché anticipe 2,7 % à 2,9 %.
La citation du jour

« Tous les hommes sont nés pour le travail comme l'oiseau pour le vol — non parce qu'on le leur ordonne, mais parce qu'ils ne peuvent ni vivre ni se tenir debout autrement. Mais, de même qu'on peut briser le vol de l'oiseau en l'enfermant dans une cage où sa subsistance lui sera apportée, l'on peut éteindre l'instinct du travail chez l'homme par la sollicitude répétée d'un État qui le nourrit avant qu'il ne s'en charge lui-même. Quand cette pédagogie a longtemps duré, le travail apparaît à ses bénéficiaires comme une charge dont il faut s'affranchir, et non comme l'exercice par lequel on devient soi-même. C'est le moment où la cité commence à dépérir, sans que personne ne sache désigner la cause d'un mal qui s'est insinué dans les cœurs avant de se loger dans les comptes. »

— Alexis de Tocqueville, Mémoire sur le paupérisme (1835)

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