La Lettre Libérale — Économie, liberté, lucidité
Édition #087 — Mardi 28 avril 2026
Le Brent termine la séance lundi à 108,23 dollars le baril après que Téhéran a fait fuiter une proposition asymétrique — réouverture du détroit d'Ormuz contre levée du blocus naval américain, négociation nucléaire reportée sine die — que Donald Trump, en conseil de sécurité nationale lundi soir, juge irrecevable ; à Tokyo, la Banque du Japon dévoile ce mardi matin sa décision de politique monétaire et devrait maintenir son taux directeur à 0,75 % malgré une inflation sous-jacente accélérant à 1,8 % en mars, le yen restant arrimé sous le seuil psychologique de 160 face au dollar ; à New York, le S&P 500 a inscrit lundi un nouveau record absolu à 7 173,91 points et le Nasdaq Composite à 24 887,10 — l'optimisme « AI-led » continue de neutraliser le risque géopolitique avec une régularité qui interroge les vétérans des marchés ; à Paris, le CAC 40 a reculé de 0,2 % à 8 141,92 points pendant que la Banque de France maintient sa prévision de croissance trimestrielle à 0,3 % pour le T1 2026 ; quatre publications majeures de résultats avant ouverture aujourd'hui — Visa, Coca-Cola, General Motors, UPS — ouvrent la semaine la plus dense du calendrier 2026 ; et samedi prochain, à Omaha, Warren Buffett s'assiéra parmi les administrateurs au premier rang : pour la première fois en soixante ans, ce sera Greg Abel et Ajit Jain qui répondront aux actionnaires de Berkshire Hathaway.

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Brent à 108 dollars : Téhéran propose, Trump tranche, le détroit reste fermé

La séquence diplomatique entre dans sa neuvième semaine sans amorce de désescalade. Le Brent a clôturé lundi à 108,23 dollars le baril, en hausse de près de 3 % sur la séance, alors que l'Iran a soumis ce week-end une nouvelle proposition par l'intermédiaire d'émissaires omanais : réouverture du détroit d'Ormuz et rétablissement du transit maritime contre levée du blocus naval américain des ports iraniens et fin officielle des hostilités, tandis que les négociations sur le programme nucléaire seraient reportées à une phase ultérieure. Réuni lundi soir avec son équipe de sécurité nationale, Donald Trump a refusé l'asymétrie de l'offre — Washington exige un règlement nucléaire concomitant à la levée du blocus, position que Téhéran rejette catégoriquement. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé lundi à Moscou, où Vladimir Poutine a réaffirmé son soutien plein et entier à la République islamique.

L'asymétrie de la proposition iranienne mérite d'être lue pour ce qu'elle est : une offre stratégique parfaitement rationnelle, calibrée pour exploiter la divergence des intérêts entre Européens, Asiatiques et Américains. Pour la zone euro, qui importe 85 % de son brut, la simple réouverture d'Ormuz vaudrait, selon les estimations de la BCE, un point d'inflation en moins sur 2026 et environ 0,4 point de PIB recouvré. Pour Tokyo, qui dépend du Golfe pour 92 % de ses approvisionnements, l'enjeu est existentiel. Pour Washington — exportateur net de pétrole depuis 2019 et premier producteur mondial avec 13,7 millions de barils/jour — le coût économique direct du blocage est mineur ; seul l'enjeu stratégique du dossier nucléaire compte. Téhéran a parfaitement identifié cette divergence et joue désormais l'opinion européenne contre la Maison Blanche. Frédéric Bastiat avait, dans Sophismes économiques (1845), formulé l'avertissement qui s'impose à nouveau : « le commerce se charge à lui seul de châtier les politiques qui le contrarient ; ce n'est pas le commerçant qui paie, c'est le consommateur qui n'a pas de voix au chapitre ». Le contribuable européen, les ménages français saisis dans une nouvelle bouffée d'inflation énergétique, les industriels allemands qui voient leurs marges fondre — voilà la véritable monnaie d'échange de cette diplomatie qu'aucun parlement européen ne contrôle réellement. Si l'Europe avait, ces vingt dernières années, sécurisé ses approvisionnements énergétiques par sa propre stratégie — nucléaire, gaz domestique, pétrole de schiste —, l'asymétrie de la proposition iranienne n'aurait simplement aucun effet politique sur Bruxelles.

Sources : CNBC (Brent > 108 $), CNN (Trump-Iran live updates), PBS News (proposition iranienne)

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Banque du Japon : statu quo attendu à 0,75 %, inflation sous-jacente à 1,8 %, yen sur le fil

La Banque du Japon dévoile ce mardi à 5 heures heure de Paris sa décision de politique monétaire, à l'issue de la réunion ouverte hier du Conseil de politique monétaire. Le consensus des économistes anticipe un statu quo à 0,75 %, troisième pause consécutive après la hausse de 25 points de base de décembre dernier. La situation est toutefois tendue : l'inflation sous-jacente japonaise (hors produits frais) a accéléré pour la première fois depuis cinq mois en mars, à 1,8 % en glissement annuel, contre 1,5 % attendu et 1,7 % en février ; l'inflation totale s'est établie à 1,5 %, contre 1,3 % en février et 1,4 % attendu. Le gouverneur Kazuo Ueda a publiquement refroidi les anticipations d'un resserrement immédiat au prétexte des incertitudes générées par la guerre iranienne sur l'économie japonaise. Le yen, qui s'était brièvement approché de 160 face au dollar la semaine dernière, est repassé à 158,7 lundi.

L'archipel japonais offre, à qui sait le lire, le laboratoire monétaire le plus instructif des trois dernières décennies. La Banque du Japon a, depuis 1999, expérimenté à peu près tout : taux nuls, taux négatifs, contrôle de la courbe des taux, achats massifs d'ETF, achats d'obligations souveraines à long terme, dévaluation engineered de la devise. La phase actuelle de normalisation, amorcée fin 2024, montre la difficulté inverse : remonter d'un régime de taux artificiellement déprimés sans déclencher de récession ni de crise des changes. Que l'inflation sous-jacente ait remonté à 1,8 % devrait, dans une logique économique classique, justifier un resserrement immédiat — la cible officielle de la BoJ étant à 2 %. Mais la même Banque du Japon doit composer avec la vulnérabilité énergétique d'un archipel important 92 % de son pétrole du Golfe persique : un resserrement amplifierait la récession importée en cas de prolongation du conflit. Friedrich Hayek écrivait, dans La Constitution de la liberté (1960), qu'« une banque centrale qui poursuit simultanément trois objectifs — stabilité des prix, stabilité du change, stabilité de l'activité — n'en réalise généralement aucun, mais s'attribue, par construction, le mérite de chacun ». La BoJ d'avril 2026 illustre la maxime à la lettre. Les marchés actions japonais ne s'y trompent pas : le Nikkei poursuit sa marche aux records, indifférent à un débat monétaire que les bourses ont, depuis longtemps, cessé de prendre au sérieux.

Sources : InvestingLive (BoJ preview), Trading Economics (Japan interest rate), Crypto Briefing (BoJ avril)

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France : la Banque de France maintient sa prévision de croissance à 0,3 % au T1, technologie et défense en moteur

L'enquête mensuelle de conjoncture publiée par la Banque de France à début avril, fondée sur les réponses de 8 500 chefs d'entreprise interrogés entre le 27 mars et le 3 avril, confirme une prévision de croissance trimestrielle de 0,3 % pour le T1 2026. L'activité de mars a poursuivi son expansion à un rythme similaire aux mois précédents, dans un contexte « marqué par la guerre au Moyen-Orient ». L'industrie a vu sa production se renforcer significativement, dépassant les anticipations des chefs d'entreprise — « cette croissance est apparente dans la plupart des secteurs, soutenue particulièrement par les secteurs technologiques et de la défense, ainsi que par un effet de rattrapage dans le secteur automobile ». Les services et la construction se sont maintenus dans une dynamique favorable. Les difficultés de recrutement restent globalement stables à 16 % des entreprises tous secteurs confondus. Les carnets de commandes se sont améliorés, principalement portés par la demande domestique — partiellement stimulée par des comportements de précaution liés au contexte géopolitique.

Le rapport de la Banque de France compose, sans le formuler explicitement, le portrait paradoxal d'une économie française qui croît parce que et en dépit de la même cause : la guerre. Les secteurs porteurs identifiés — technologie, défense, automobile en rattrapage — partagent tous une caractéristique commune : ils bénéficient d'une demande publique en hausse (commandes de défense), d'un effet de stockage précautionneux (technologie, biens de consommation durables), ou d'une corrélation paradoxale au choc pétrolier (les ventes automobiles repartent dans l'hypothèse d'un retour à la motorisation thermique). Cette croissance de 0,3 % trimestrielle, qui annualise à 1,2 %, est loin d'être une réjouissance économique : elle est une croissance keynésienne par défaut, alimentée par un déficit public à 5,1 % et une dette à 117,7 % du PIB en fin de troisième trimestre 2025 (cf. brève n° 6), c'est-à-dire par la mobilisation préemptive de ressources que les contribuables des prochaines décennies devront restituer. Bertrand de Jouvenel notait, dans Du Pouvoir (1945), que « les guerres modernes ont ceci de particulier qu'elles enrichissent comptablement les économies qu'elles ruinent réellement ». La phrase, écrite à propos de la sortie de la Seconde Guerre mondiale, vaut intégralement pour la conjoncture française d'avril 2026. Le PIB se tient ; le patrimoine national, lui, s'effrite.

Sources : Banque de France (enquête mensuelle, début avril), Banque de France (version FR)

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Wall Street : S&P 500 et Nasdaq inscrivent de nouveaux records lundi malgré le choc pétrolier

La déconnexion entre la psyché de Wall Street et la situation géopolitique réelle entre dans un nouveau seuil. Le S&P 500 a clôturé lundi en hausse de 0,12 % à 7 173,91 points, nouveau record absolu, le Nasdaq Composite a gagné 0,20 % à 24 887,10 points (record également), tandis que le Dow Jones perdait 62,92 points (-0,13 %) à 49 167,79 points. Les futures américains progressent ce mardi matin avant l'ouverture de la séance la plus dense du calendrier 2026 : Visa, Coca-Cola, General Motors et UPS publient avant ouverture, Starbucks et Booking Holdings après clôture. À Paris, le CAC 40 a reculé de 0,2 % lundi à 8 141,92 points, dans un volume amputé par les incertitudes liées aux pourparlers iraniens. Les principaux moteurs du marché américain — Nvidia, Micron Technology, Apple, Microsoft, Meta — ont tous clôturé en territoire positif, dans l'attente des résultats trimestriels publiés mercredi et jeudi cette semaine.

L'écart entre le réel pétrolier et l'imaginaire boursier dépasse désormais l'épaisseur d'un trait analytique pour devenir un fait psychologique de marché. Que le S&P 500 batte son record absolu le même jour où le Brent franchit les 108 dollars constitue une combinaison historiquement inédite : pendant les chocs pétroliers de 1973-1974, de 1979-1980, et même lors de l'invasion irakienne de 2003, les indices actions américains avaient corrigé d'au moins 8 % dans le mois suivant le franchissement comparable. La justification consensuelle aujourd'hui — résilience des bénéfices technologiques, désintermédiation énergétique des géants du numérique, productivité de l'IA — n'est pas absurde. Mais elle a la fragilité de toute justification psychologique : elle tient tant qu'elle est partagée. Hyman Minsky, qui n'était certes pas l'économiste libéral le plus orthodoxe, mais dont l'analyse de l'instabilité financière (Stabilizing an Unstable Economy, 1986) reste la plus pénétrante du xxe siècle, écrivait que « la stabilité prolongée des marchés est la condition même de leur instabilité future ». Les marchés américains sont désormais entrés dans un régime que Minsky aurait qualifié d'« hedge » glissant vers le « speculative » : la moindre déception trimestrielle parmi les sept Magnifiques pourrait, à ces niveaux de valorisation, déclencher une contraction sévère et brutale. Cette semaine — Microsoft et Meta mercredi, Apple et Amazon jeudi — sera décisive.

Sources : Motley Fool (Stock market today, 27 avril), CNBC (Stock market futures), Zonebourse (CAC 40, 27 avril)

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Mardi des résultats : Visa, Coca-Cola, GM et UPS avant ouverture, Starbucks après clôture

La session américaine de ce mardi 28 avril concentre quatre publications majeures avant ouverture et deux après clôture, baromètres simultanés du consommateur, de la logistique mondiale, de l'industrie automobile traditionnelle et du paiement numérique. Coca-Cola publie avant ouverture des résultats Q1 attendus à 12,24 milliards de dollars de chiffre d'affaires (+9,17 % en glissement annuel) et 0,81 dollar de BPA ajusté — le groupe d'Atlanta affiche une régularité quasi mécanique avec 18 surprises positives consécutives sur les 18 derniers trimestres. Visa publie également avant ouverture, dans un contexte où le ralentissement de la consommation discrétionnaire américaine se conjugue à une accélération du paiement transfrontalier sur les corridors Asie-Europe. General Motors et UPS publient également avant cloche — UPS, baromètre fiable de la circulation des biens, sera scruté pour les volumes inter-zones avec une attention particulière aux flux Asie-États-Unis post-tarifs ; GM testera la résistance du véhicule thermique américain dans un environnement où le pétrole brut s'est apprécié de 33 % depuis le début de la séquence iranienne. Starbucks, après clôture, livrera un test critique de la consommation discrétionnaire urbaine — le BPA GAAP est attendu à 0,41 dollar, mais Polymarket ne donne au groupe qu'une probabilité de 38 % de battre le consensus, signal d'un scepticisme inhabituel.

Cette journée de publications est, en réalité, un sondage en quatre coupes du capitalisme américain réel — celui qui n'est pas Nvidia ou Microsoft, et qui constitue pourtant l'écrasante majorité des emplois et de la consommation. Visa et Coca-Cola sont des entreprises de marges supérieures à 30 %, fortement exportatrices, exposées à la consommation mondiale ; UPS et General Motors sont des entreprises de marges inférieures à 8 %, intensives en capital, exposées à la conjoncture domestique. Que la première paire surpasse les attentes alors que la seconde déçoit — scénario que les modèles quantitatifs commencent à intégrer — confirmerait la thèse, désormais dominante chez les strategists de Goldman Sachs et de Morgan Stanley, d'une bifurcation structurelle de l'économie américaine : un capitalisme de plateformes globales à très haute marge, et un capitalisme productif domestique à marges étroites et menacées. Adam Smith écrivait dans La Richesse des nations (1776) que « les profits qui ne se traduisent pas par une amélioration parallèle des salaires sont des profits politiquement précaires ». La phrase, qui semblait un truisme à l'époque, est redevenue d'une actualité brûlante. Le programme tarifaire de Donald Trump — paradoxalement — pourrait être lu comme une tentative empirique, à grande échelle, de redistribution forcée de cette rente vers le capital productif domestique. L'expérience est en cours ; les comptes UPS et General Motors d'aujourd'hui en livreront, à 13 h 30 heure de New York, le premier verdict trimestriel.

Sources : Trading Key (Coca-Cola earnings), Yahoo Finance (Tuesday earnings), Motley Fool (Starbucks)

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Eurostat : la France au troisième rang européen pour la dette publique, à 117,7 % du PIB

Les chiffres consolidés publiés par Eurostat le 22 janvier 2026 pour le troisième trimestre 2025 documentent, avec la précision de l'arithmétique européenne, la position structurelle des finances publiques françaises. Le ratio moyen de dette publique brute par rapport au PIB s'établit à 88,5 % dans la zone euro et à 81,9 % dans l'Union européenne. La France occupe désormais le troisième rang européen pour le stock de dette publique, à 117,7 % du PIB, derrière la Grèce (149,7 %) et l'Italie (137,8 %), et devant la Belgique (107,1 %) et l'Espagne (103,2 %). En valeur absolue, la dette publique française a augmenté de 70,9 milliards d'euros au seul deuxième trimestre 2025 — l'Insee a confirmé le 27 mars 2026 un déficit public 2025 de 152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB), en amélioration par rapport aux 5,8 % de 2024 mais qui reste l'un des trois plus élevés de l'Union européenne, avec la Roumanie et la Slovaquie. Les recettes ont crû de 3,9 %, les dépenses de 2,5 % en euros courants.

Le classement européen mérite d'être lu avec une lucidité que les commentaires officiels évitent généralement. La France a dépassé la Belgique en cours d'année 2024, dépasse l'Espagne depuis dix-huit mois, et n'est désormais surpassée que par deux pays — l'Italie et la Grèce — dont l'expérience historique récente devrait précisément éclairer la trajectoire française. La Grèce a perdu 25 % de son PIB entre 2008 et 2016, traversé trois plans de sauvetage européens, accepté une mise sous tutelle de fait, et ne sort de sa crise que parce qu'elle a accepté une discipline budgétaire dont la France refuse jusqu'à l'évoquer. L'Italie, malgré sa dette à 137,8 %, dispose d'un excédent primaire structurel et d'une base manufacturière du Nord qui n'a aucun équivalent dans l'économie française. La France, elle, cumule trois faiblesses simultanées : un déficit primaire chronique, une fiscalité déjà au plafond mathématique de 47 % du PIB en prélèvements obligatoires, et une économie qui s'est désindustrialisée plus vite que toute autre grande économie européenne. Jean-Baptiste Say écrivait, dans son Traité d'économie politique (1803), que « les emprunts publics que les générations actuelles consentent ne sont, en dernière analyse, que des impôts différés sur des contribuables qui n'ont pas encore voix au chapitre ». La France de 2026 a transformé cette maxime, qui décrivait une exception, en méthode permanente de gouvernement. Le marché obligataire commence à différencier — le spread OAT-Bund à 72 points de base le confirme. Les agences de notation, elles, attendent encore.

Sources : Eurostat (Dette publique zone euro, T3 2025), Insee (Déficit et dette publique 2025), Bercy (Finances publiques 2025)

Le chiffre du jour
117,7 %
Cent dix-sept virgule sept pour cent : c'est le ratio de la dette publique française rapportée au PIB à la fin du troisième trimestre 2025, selon les chiffres consolidés publiés par Eurostat le 22 janvier 2026. Ce niveau positionne la France au troisième rang de l'Union européenne, derrière la Grèce (149,7 %) et l'Italie (137,8 %), et devant la Belgique (107,1 %), l'Espagne (103,2 %) et le Portugal (96,7 %). Le ratio moyen de la zone euro s'établit à 88,5 % et celui de l'Union européenne à 81,9 % — la France est donc 29 points au-dessus de la moyenne de la zone monétaire dont elle est le deuxième pilier économique. À titre de comparaison historique, le ratio français était de 60 % du PIB en 2002 (au passage à l'euro), de 70 % en 2008 (avant la crise des subprimes) et de 99 % en 2019 (avant la pandémie). En vingt-quatre ans, la dette publique a quasi doublé — sans qu'aucune amélioration des services publics, des infrastructures, ou de la productivité de l'économie française ne soit, dans le même temps, statistiquement documentée.
La citation du jour

« Les hommes ne sont pas libres de choisir entre divers systèmes économiques. La nature des choses leur impose, en matière d'organisation économique, des limites étroites et précises ; toute tentative pour s'en affranchir se solde tôt ou tard par un appauvrissement réel — d'autant plus durable qu'il est, dans un premier temps, masqué par l'inflation, l'endettement, ou la subvention. Aucun peuple n'a jamais consenti volontairement à reconnaître son appauvrissement ; les peuples ne le constatent qu'à l'instant où il est devenu trop tardif pour qu'ils puissent y remédier sans souffrance. »

— Friedrich Hayek, La Constitution de la liberté (1960), partie III, chapitre XV

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