Le Nasdaq a bouclé une douzième séance consécutive de hausse jeudi à 24 102,70 points (+0,36 %), sa plus longue série depuis 2009. Le S&P 500 a touché un nouveau record absolu à 7 041,28 points (+0,26 %) et le Dow Jones a progressé de 0,24 % à 48 578,72. Le carburant : les espoirs d'un accord nucléaire entre Washington et Téhéran, et l'annonce d'une trêve de dix jours entre Israël et le Liban.
Les marchés n'attendent pas les décisions politiques pour réagir : ils anticipent. Quand un conflit majeur se résout, le capital afflue vers la production, non vers l'armement. Voilà la fameuse « main invisible » à l'œuvre — ce mécanisme que les dirigistes méprisent depuis Colbert et qui, pourtant, fait plus pour la paix et la prospérité que tous les sommets internationaux. Reste à savoir combien de temps durera l'euphorie avant que la Fed ne rappelle aux investisseurs que l'argent n'est pas gratuit.
Sources : Boursorama, CNBC
Donald Trump a assuré jeudi que l'Iran avait accepté de céder son uranium enrichi, évoquant « de très bonnes chances » de parvenir à un accord. Selon des sources iraniennes citées par Reuters, les deux parties envisagent un accord provisoire pour contourner l'impasse nucléaire. Parallèlement, Israël et le Liban sont convenus d'un cessez-le-feu de dix jours, sous médiation américaine.
La diplomatie économique reprend ses droits. Pour la première fois depuis six mois, le détroit d'Ormuz n'est plus synonyme de panique. Rappelons qu'en 1944, Friedrich Hayek écrivait dans La Route de la servitude que « le commerce est le premier rempart contre la guerre ». On l'a vérifié à l'envers : la guerre est le premier destructeur du commerce. Chaque point de pourcentage de croissance mondiale perdu depuis octobre 2025 représente des milliards d'investissements avortés, des usines jamais construites, des emplois jamais créés.
Sources : La Presse, Boursorama
L'Insee a confirmé mercredi 15 avril que les prix à la consommation ont progressé de 1,7 % sur un an en mars 2026, après +0,9 % en février. L'accélération sur un mois atteint 0,8 point, un rythme inédit depuis août 2025. Les prix de l'énergie bondissent de +7,3 % sur un an : le gazole gagne 23,5 %, l'essence 9,9 %, les combustibles liquides 40,9 %. L'OFCE anticipe un recul du pouvoir d'achat de −0,7 % en 2026, la pire performance depuis 2013.
Le scénario est d'une ironie cruelle. Les négociations salariales de fin 2025 avaient été calibrées sur une hypothèse d'inflation inférieure à 1 % ; les prestations sociales sont revalorisées sur l'inflation 2025 (0,9 %). Résultat : les Français paient deux fois la facture du conflit au Moyen-Orient — une fois au supermarché, une fois à la pompe. Que fait l'État ? Il annonce un « Prêt Flash Carburant » et 20 centimes de subvention au litre pour certains transporteurs. L'histoire retiendra qu'il est plus facile de subventionner que de libéraliser le marché de l'énergie.
Selon la Banque de France, le taux moyen des crédits immobiliers atteint 3,23 % en avril 2026, quasi-stable par rapport à mars. Les barèmes de CAFPI indiquent 3,07 % sur 15 ans, 3,26 % sur 20 ans, 3,38 % sur 25 ans. Les banques, engagées dans une « bataille du primo-accédant », refusent de franchir la barre symbolique des 3,5 %. Mais la remontée des prix, alimentée par la hausse de l'énergie et des matériaux, efface les gains théoriques de pouvoir d'achat immobilier.
Voilà une illustration limpide de ce qu'une politique monétaire étatique ne peut pas faire. La BCE peut fixer son taux de dépôt à 2,00 % ; elle ne décide pas du taux auquel un Français de classe moyenne pourra acheter son premier logement. Le vrai problème reste français : 48 000 normes de construction, un droit du sol kafkaïen, des recours juridiques qui paralysent les chantiers. Libérer le foncier coûterait moins cher à l'État qu'un milliard de PTZ supplémentaires.
Sources : Stop-Loyer / Banque de France, CAFPI
Les stocks européens de gaz affichent 28 % en sortie d'hiver, un niveau historiquement bas qui met à nu la vulnérabilité structurelle du continent. Le TTF spot s'établit autour de 49 €/MWh à la mi-avril. Le prix repère du gaz publié par la CRE baisse de 0,7 % en avril, mais une forte hausse est anticipée pour mai, alors que les opérateurs doivent reconstituer les stocks dans un marché tendu.
Depuis dix ans, l'Union européenne a choisi le pire des mondes : fermer ses centrales nucléaires et charbonnières sans avoir sécurisé ses approvisionnements en GNL, puis s'interdire le gaz russe sans pouvoir s'en passer réellement. Le résultat est mécanique : une dépendance extrême aux terminaux méthaniers américains et qataris, des prix volatils, et une industrie européenne qui perd chaque mois un peu plus de compétitivité face à ses concurrents chinois et américains. L'« autonomie stratégique » promise à Bruxelles ressemble de plus en plus à une dépendance multilatérale.
Sources : Le Grand Continent, CRE
Le gouvernement a mis en place un plan de soutien d'avril 2026 estimé à près de 70 millions d'euros, avec une aide forfaitaire de 20 centimes par litre pour les TPE et PME du transport routier, une prolongation du « Prêt Flash Carburant » jusqu'au 30 juin, et un mécanisme d'avance sur remboursement de TICPE. En parallèle, la loi de finances 2026 maintient l'IS à 25 %, la suppression progressive de la CVAE (jusqu'en 2030), et la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises est reconduite (seuil porté de 1 Md € à 1,5 Md €).
On reconnaît ici la signature budgétaire française : prélever d'une main, redistribuer de l'autre, et facturer au contribuable l'intégralité de la transaction. L'aide de 20 centimes au litre est financée par une TICPE qui rapporte plus de 30 milliards à l'État. C'est l'État pompier-pyromane : il met le feu par sa fiscalité énergétique, puis se rémunère en vendant des extincteurs. Frédéric Bastiat aurait souri : « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »
Sources : economie.gouv.fr, Éditions Francis Lefebvre
« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs… Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. »
— Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome II (1840)