Dans ses Perspectives de l'économie mondiale publiées mardi, le Fonds monétaire international a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, les ramenant de 3,3 % à 3,1 %. La zone euro est particulièrement touchée, avec une croissance attendue de seulement 1,1 %, contre 1,4 % en 2025. L'inflation mondiale est revue à la hausse, à 4,4 %.
Le coupable principal : la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz, qui perturbent les chaînes d'approvisionnement énergétique. On notera que le FMI, fidèle à ses habitudes, préconise davantage de « coordination internationale » — c'est-à-dire davantage d'interventionnisme multilatéral — plutôt que de laisser les marchés s'ajuster. L'histoire enseigne pourtant que les économies les plus libres sont aussi celles qui absorbent le mieux les chocs.
Sources : FMI, Économie Matin
Après avoir flirté avec les 120 dollars lors des pics de tension dans le détroit d'Ormuz, le baril de Brent a chuté à 94,75 dollars (-15 %) à l'annonce de possibles pourparlers entre Washington et Téhéran. Une trêve diplomatique, même fragile, suffit à faire reculer les cours — preuve que les marchés pétroliers, souvent accusés de « spéculation », ne font que refléter l'information disponible avec une efficacité redoutable.
Reste que la consommation mondiale de pétrole devrait reculer en 2026 pour la première fois depuis 2020, sous l'effet conjugué des prix élevés et des perturbations logistiques. Le marché fait ce qu'aucun plan étatique de « transition énergétique » n'a jamais réussi : ajuster la demande au prix réel de la ressource.
Sources : La Presse, Prix du Baril
Joachim Nagel, président de la Bundesbank, a déclaré qu'une hausse des taux en avril est « une option » pour la BCE, si la flambée pétrolière ravive l'inflation dans la zone euro. Les taux directeurs sont inchangés depuis juin 2025 (taux de dépôt à 2,00 %, refinancement à 2,15 %). La décision du Conseil des gouverneurs est attendue le 30 avril.
Voilà un dilemme que les banquiers centraux se sont eux-mêmes fabriqué : après des années de taux artificiellement bas qui ont nourri bulles immobilières et endettement public, toute normalisation menace de faire imploser les bilans des États les plus dépensiers. La BCE est prise entre le marteau de l'inflation importée et l'enclume de la dette souveraine — un piège dont Hayek avait décrit les mécanismes dès 1931.
Sources : Boursorama, Raisin
L'Agence France Trésor a confirmé un programme d'émission de 310 milliards d'euros de dette pour 2026, un record absolu qui dépasse même l'année Covid 2020. La dette publique atteint désormais 117,4 % du PIB, soit près de 3 500 milliards d'euros. La Fondation IFRAP note que le taux de couverture des adjudications recule régulièrement depuis six mois — signe que les investisseurs commencent à hésiter.
La France emprunte pour rembourser ses emprunts, comme un ménage qui prendrait un crédit pour payer les mensualités du précédent. Avec un taux moyen d'émission passé à 3,14 % et une charge de la dette qui approche les 70 milliards d'euros, chaque point de taux supplémentaire coûte des milliards. Bastiat aurait dit : « Ce qu'on voit, c'est le service public maintenu ; ce qu'on ne voit pas, c'est l'investissement privé évincé. »
Sources : France Info, IFRAP
La Commission européenne a confirmé l'application provisoire de l'accord UE-Mercosur à compter du 1er mai 2026. Après 25 ans de négociations, cette zone de libre-échange unira plus de 700 millions de consommateurs et représentera 25 % du PIB mondial. L'Argentine, le Brésil et l'Uruguay ont déjà ratifié ; le Paraguay devrait suivre sous peu.
Enfin une bonne nouvelle pour le commerce international. Dans un monde qui se fragmente et se referme, cet accord est un rappel salutaire : le libre-échange n'est pas un jeu à somme nulle. Il crée de la richesse des deux côtés de l'Atlantique. Les agriculteurs français qui s'inquiètent de la concurrence brésilienne devraient se souvenir que le protectionnisme n'a jamais enrichi que les lobbies qu'il protège — jamais les consommateurs qu'il rançonne.
Sources : Boursorama, France Info
La Commission européenne a dévoilé son Industrial Accelerator Act, un plan ambitieux visant à porter la part de l'industrie dans le PIB européen de 14,3 % à 20 % d'ici 2035. Parmi les mesures phares : un plafond de 49 % sur la propriété étrangère dans les secteurs stratégiques (batteries, véhicules électriques, matières premières critiques), des coentreprises obligatoires et des transferts de technologie imposés — des conditions qui visent principalement les investisseurs chinois.
L'intention est louable : réduire la dépendance européenne. Mais les moyens relèvent du dirigisme industriel le plus classique. Plafonner les investissements étrangers, imposer des joint-ventures, dicter la structure actionnariale des entreprises : c'est exactement la politique que la Chine elle-même pratique — et que l'Europe prétendait combattre. Comme le notait Milton Friedman : « L'un des grands défauts de notre époque est que les hommes qui veulent faire le bien ne voient pas que les moyens qu'ils emploient sont contraires à la fin qu'ils recherchent. »
Sources : Commission européenne, Renewable Matter
« Il n'y a pas de moyen plus subtil et plus sûr de renverser les bases existantes de la société que de débaucher la monnaie. »
— John Maynard Keynes, Les Conséquences économiques de la paix (1919)