« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Le gouvernement a abaissé mardi soir sa prévision de croissance pour 2026 de 1 % à 0,9 %, intégrant enfin l'impact du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie. L'inflation est désormais attendue à 1,9 %. Un nouveau comité d'alerte des finances publiques se réunira le 21 avril à Bercy pour affiner le scénario. Avec une dette à 118,2 % du PIB et un déficit qui ne passera sous les 3 % qu'en 2032, cette révision de 0,1 point est un aveu pudique : la réalité rattrape toujours les tableurs de Bercy, simplement avec quelques mois de retard. Et 0,9 % reste probablement optimiste.
Sources : La Gazette France, Banque de France, Actu Roubaix
Alors que le faucon Joachim Nagel avait qualifié une hausse des taux d'« option » le 26 mars, le gouverneur finlandais Olli Rehn a tempéré ce discours lundi, estimant qu'un relèvement lors de la réunion du 30 avril n'est « pas évident ». Les taux restent inchangés depuis juin 2025 : dépôt à 2 %, refinancement à 2,15 %, prêt marginal à 2,40 %. L'inflation en zone euro, tirée par l'énergie, est prévue à 2,5 % pour 2026. Francfort est prise dans le piège classique du choc d'offre : monter les taux pour combattre une inflation importée revient à punir les entreprises européennes pour les erreurs géopolitiques d'autrui.
Sources : Boursorama, Raisin, Banque de France
Les prévisions convergent vers un taux de chômage de 7,8 à 8 % au deuxième trimestre 2026, contre 7,4 % fin 2024. L'OFCE table sur 8 %, l'Insee et la Banque de France sur 7,8 %. Le ralentissement est net : 51 000 emplois nets créés au troisième trimestre 2025, contre 214 000 un an plus tôt, tandis que la population active a progressé de 249 000 personnes. Le marché du travail français souffre de ses rigidités habituelles : un Code du travail de 3 500 pages, des charges patronales parmi les plus élevées d'Europe, et un SMIC qui monte plus vite que la productivité. On ne crée pas d'emplois en rendant l'embauche plus coûteuse et le licenciement plus risqué.
Sources : AEF Info, Journal de l'Économie, Immoprêt
L'Union européenne et l'Australie ont signé un accord commercial historique qui éliminera 99 % des droits de douane sur les exportations européennes. Parallèlement, la Commission a approuvé la plus ambitieuse réforme de l'union douanière depuis 1968, avec une architecture numérique modernisée et de nouvelles mesures pour le e-commerce. Voilà une bonne nouvelle qu'il faut saluer sans réserve : quand l'Europe négocie des accords de libre-échange plutôt que d'ériger des barrières, tout le monde y gagne — les producteurs australiens de matières premières comme les exportateurs européens de produits manufacturés. Bastiat applaudirait.
Sources : Observatoire de l'Europe, Toute l'Europe
La loi de finances 2026, promulguée le 19 février, installe progressivement ses nouvelles taxes. La « taxe sur les petits colis » de 2 euros par article vise les plateformes e-commerce, officiellement pour lutter contre la concurrence déloyale. S'y ajoute une taxe de 20 % sur les holdings patrimoniales contrôlées par des personnes physiques au-delà de 5 millions d'euros. L'engagement de « pas de hausse d'impôts pour les Français » tient grâce à un tour de passe-passe sémantique : on ne hausse pas les impôts existants, on en crée de nouveaux. Le consommateur qui commande en ligne paiera bien 2 euros de plus par article — mais comme c'est une « taxe sur les plateformes », ce n'est pas un impôt sur les Français. Évidemment.
Sources : Public Sénat, economie.gouv.fr, Deloitte Avocats
L'IREF publie via Contrepoints une analyse cinglante du système fiscal français, classé parmi les moins prévisibles du continent. Entre les changements de règles fiscales incessants, les niches créées puis supprimées, et les dispositifs rétroactifs, les contribuables et les entreprises naviguent à vue. L'instabilité fiscale est un impôt invisible : celui de l'incertitude. Quand un entrepreneur ne sait pas combien il paiera d'impôts dans deux ans, il n'investit pas, n'embauche pas, n'innove pas. La France possède 500 niches fiscales pour un coût de 90 milliards d'euros — et pourtant les recettes ne suffisent jamais. Peut-être que le problème n'est pas le nombre de niches, mais le niveau de base qui les rend nécessaires.
Sources : Contrepoints / IREF, IREF Europe