« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Dimanche soir, Donald Trump a menacé d'imposer 50 % de droits de douane supplémentaires sur les importations chinoises, en représailles à un rapport indiquant que Pékin s'apprêterait à livrer des systèmes de défense aérienne à l'Iran. Le sommet prévu les 14 et 15 mai à Pékin entre Trump et Xi Jinping s'annonce sous haute tension. Depuis la décision de la Cour suprême du 20 février invalidant le recours à l'IEEPA pour les tarifs douaniers, la Maison-Blanche jongle avec la Section 122 du Trade Act — un tarif intérimaire de 10 % qui expire dans 150 jours. La stratégie est limpide : multiplier les menaces pour arracher des concessions avant le sommet. L'ennui, c'est que cette méthode transforme chaque semaine en une loterie tarifaire où les entreprises sont incapables de planifier.
Sources : CNBC, Tax Foundation
Le Fonds monétaire international publie ce mardi 14 avril son World Economic Outlook d'avril 2026, avec une prévision de croissance mondiale maintenue à 3,3 % — révisée de +0,2 point par rapport à l'estimation initiale. Les États-Unis sont attendus à 2,4 % (+0,3 point), la Chine ralentit à 4,5 %, et l'Union européenne stagne à 1,3 %. Le constat est cruel pour l'Europe : tandis que l'Amérique dope sa croissance par la dérégulation et que l'Asie investit massivement, le Vieux Continent s'enlise dans la norme, la taxe et la prudence budgétaire — sans même en récolter les fruits, puisque ses déficits se creusent quand même.
Sources : FMI, La Gazette France, RTS
La Cour des comptes estime que la charge de la dette française passera de 65 milliards d'euros en 2025 à 74 milliards en 2026, avec un horizon à plus de 100 milliards dès 2029. La dette publique atteindrait 118,6 % du PIB fin 2026. L'objectif de repasser sous les 3 % de déficit ne serait atteint qu'en 2032 — soit deux fois plus tard que la trajectoire annoncée. Avec un déficit réduit de seulement 0,4 point par an, réparti entre 12 milliards de hausses d'impôts et 11 milliards d'économies, le pays refinance son stock de dette à des taux plus élevés, dans un cercle vicieux que même la Fondation IFRAP qualifie de « mur de la dette ».
Sources : Cour des comptes, IFRAP, Public Sénat
Depuis le 13 avril, les TPE et PME des secteurs du transport, de l'agriculture et de la pêche peuvent demander en ligne un « Prêt Flash Carburant » de 5 000 à 50 000 euros, à 3,8 % sur deux ans, avec un différé de 12 mois, sans garantie exigée. Le coût total du plan de soutien aux secteurs touchés par la hausse de l'énergie est estimé à 70 millions d'euros. Le dispositif est louable dans l'urgence — mais il illustre un réflexe bien français : plutôt que de libérer le marché de l'énergie et de réduire les taxes sur le carburant (qui représentent encore 60 % du prix à la pompe), on crée un prêt public géré par Bpifrance. Le mal est traité par un nouveau médicament étatique, jamais par la suppression de la cause.
Sources : info.gouv.fr, Bpifrance, economie.gouv.fr
Depuis le 6 avril, la nouvelle méthode de calcul des droits Section 232 s'applique : 50 % sur la pleine valeur douanière des articles en acier, aluminium et cuivre, et 25 % sur les dérivés. L'accord-cadre UE-USA de juillet 2025 a obtenu quelques exemptions (aéronautique, médicaments), mais l'essentiel demeure : les exportateurs européens paient plein tarif. L'expiration de la suspension des contre-mesures européennes, prévue le 6 août 2026, constitue un point de bascule majeur : sans avancée, Bruxelles pourrait activer 93 milliards d'euros de représailles commerciales. L'escalade tarifaire n'enrichit personne — elle appauvrit tout le monde un peu plus lentement que ne le croient ses partisans.
Sources : France Épargne, Toute l'Europe, Douanes
Christine Lagarde prononce ce mardi soir un discours très attendu à 21h00 UTC, alors que les données d'inflation de la zone euro (3,3 % attendu, inchangé) sont publiées dans la journée. La BCE maintient ses taux inchangés depuis juin 2025 — taux de dépôt à 2 %, refinancement à 2,15 % — et l'inflation en zone euro est prévue à 2,6 % en moyenne pour 2026, tirée vers le haut par les prix de l'énergie liés au conflit au Moyen-Orient. La prochaine réunion du 30 avril sera déterminante. Le dilemme de Francfort est celui de toutes les banques centrales en temps de choc d'offre : monter les taux tue la croissance, les baisser alimente l'inflation. Il n'existe aucune bonne solution — seulement des choix moins mauvais.
Sources : Boursorama, Banque de France