« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Vendredi 11 avril, l'administration Trump a discrètement publié une exemption portant sur 20 catégories de produits électroniques importés de Chine, dont les smartphones, ordinateurs, tablettes et composants de semi-conducteurs. Ces produits échappent ainsi aux droits de douane de 145 % imposés à Pékin — une décision rétroactive au 5 avril. La leçon est sévère : lorsque la Maison-Blanche a agité la menace d'un iPhone à 2 000 dollars, les marchés n'ont pas tremblé longtemps. Ce sont les consommateurs américains qui ont tremblé. La puissance industrielle ne se décrète pas : elle se construit en décennies. Washington vient de l'admettre, le temps d'un communiqué discret un vendredi soir.
Sources : France 24, Franceinfo, Usine Digitale
Le baril de Brent s'établissait à 92,36 dollars ce lundi matin, en net recul par rapport aux sommets de la semaine passée. La perspective d'un cessez-le-feu au Moyen-Orient a détendu les cours de l'or noir, même si les analystes restent prudents : l'accord reste fragile et les capacités de production de l'OPEP+ demeurent sous tension. Pour les ménages européens, cette accalmie est une bouffée d'air : chaque dollar de moins sur le Brent, c'est quelques centimes de moins à la pompe, et une pression légèrement allégée sur une BCE déjà en situation délicate. Rappelons que l'Europe importe 97 % de son pétrole — un chiffre qui, à lui seul, suffit à légitimer une véritable politique énergétique continentale.
Sources : Boursorama, Zonebourse
Dans ses dernières Perspectives économiques mondiales, le FMI relève sa prévision de croissance pour 2026 à 3,3%, soit +0,2 point par rapport à l'estimation initiale. Les États-Unis tiennent à 2,4%, la Chine ralentit à 4,5% et l'Europe peine à 1,3%. La grande surprise : l'économie mondiale a absorbé les chocs tarifaires mieux que prévu, grâce en partie à la réorientation des flux commerciaux et à l'essor de l'investissement en intelligence artificielle. Ce que l'institution de Washington ne dit pas assez : 3,3% de croissance mondiale répartie très inégalement, avec une Europe qui stagne pendant que l'Asie et les États-Unis avancent, c'est un signal d'alarme que Bruxelles devrait entendre davantage que les discours sur la « souveraineté industrielle ».
Sources : Boursorama, La Gazette France
Depuis le 9 avril, les 40 millions de foyers fiscaux français peuvent déclarer leurs revenus 2025 en ligne sur impots.gouv.fr. Parmi les nouveautés notables : le prélèvement forfaitaire unique (PFU, dit « flat tax ») sur les revenus du capital grimpe de 30% à 31,4%, le taux individualisé de prélèvement à la source devient la règle par défaut pour les couples, et la CSG sur les revenus du patrimoine se décline désormais en deux taux distincts. Sur le fond, hausser la flat tax — cet impôt qui avait pourtant l'avantage de la simplicité et de la neutralité — envoie un signal troublant aux épargnants et aux investisseurs : en France, même les réformes libérales finissent par être reprises d'une main ce qu'elles avaient donné de l'autre.
Sources : Public Sénat, economie.gouv.fr
La Banque centrale européenne maintient ses taux directeurs inchangés depuis juin 2025 : taux de dépôt à 2%, taux de refinancement à 2,15%. L'institution de Francfort adopte une posture d'attentisme calculé, coincée entre une inflation toujours légèrement au-dessus de son objectif et une croissance européenne anémique. La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs, fixée au 30 avril, sera scrutée de près : selon l'évolution de la situation au Moyen-Orient et les derniers chiffres d'inflation de la zone euro, une première hausse n'est pas exclue. Ce qui est certain, c'est que la BCE ne dispose plus du luxe de l'inaction indolore : chaque mois sans décision est un mois de signal ambigu envoyé aux marchés et aux emprunteurs.
Sources : Option Finance, BCE
Le marché immobilier français confirme un timide retournement à la hausse : les prix ont progressé de 1,7% en un an au niveau national selon l'Observatoire PAP, même si la reprise reste très inégale selon les villes. À Paris, le prix médian s'établit autour de 10 724 €/m², avec de légères variations selon les arrondissements. Le principal moteur du rebond : la détente des taux de crédit immobilier, désormais autour de 3,20 à 3,25% sur vingt ans. C'est significativement moins que le pic de 2023-2024, et suffisant pour ramener les primo-accédants vers les agences. La leçon reste intacte : quand la BCE laisse les taux à un niveau raisonnable, le marché respire. Quand elle les alourdit par excès de prudence, c'est le logement — et les ménages — qui en paient le prix.