« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman

L³ · Édition #071 · Dimanche 12 avril 2026
Un an de droits de douane Trump : l'Amérique s'est tirée une balle dans le pied, la France emprunte 310 milliards, le pétrole souffle après le cessez-le-feu — et le chômage monte vers les 8%.

1Liberation Day, un an après : la promesse industrielle de Trump tourne au fiasco

Il y a tout juste un an, Donald Trump lançait ses droits de douane « réciproques » avec la promesse de ramener les usines en Amérique et de réduire le déficit commercial. Le bilan, publié cette semaine, est cinglant : 89 000 emplois manufacturiers ont disparu entre avril 2025 et février 2026. Le déficit commercial en biens a atteint un niveau record. Les investissements directs étrangers ont chuté de 34 %, et les ménages américains paient en moyenne 1 230 dollars de plus par an. La leçon est vieille comme Ricardo : on ne crée pas de richesse par décret douanier. On ne fait que déplacer la pauvreté.

Sources : RTS Info, Atlantico, Coface

2France : dette à 117 % du PIB, emprunt record de 310 milliards en 2026

La France a officiellement franchi le seuil symbolique de 117 % du PIB pour sa dette publique — troisième rang européen derrière la Grèce et l'Italie. L'Agence France Trésor devra émettre 310 milliards d'euros net en 2026, un record absolu. La charge d'intérêts dépasse désormais 70 milliards par an — soit plus que le budget de l'Éducation nationale. Le déficit public est attendu à 140 milliards d'euros. Pendant ce temps, la Commission européenne fait preuve d'une mansuétude étonnante, reportant toute procédure pour déficit excessif. La cigale chante encore — c'est le contribuable de demain qui paiera la facture.

Sources : IFRAP, Public Sénat, Cour des comptes

3Pétrole : le baril lâche 15 % grâce au cessez-le-feu, mais la nervosité persiste

Le Brent a décroché à 94,75 dollars le baril (-15,32 %) et le WTI à 95,58 dollars (-18,17 %) dans le sillage du cessez-le-feu irano-américain. Les marchés avaient intégré une prime de guerre considérable quand le baril flirtait avec les 120 dollars. La détente est réelle mais fragile : le détroit d'Ormuz reste sous surveillance militaire et les négociations d'Islamabad n'ont pas débouché sur un accord durable. À Paris, les prix à la pompe amorcent une légère baisse, mais les consommateurs attendent encore que la détente se répercute pleinement. Ormuz ouvert, c'est déjà une victoire — provisoire.

Sources : L'Énergéek, Journal de l'Économie, Optima Énergie

4BCE : taux à 2 %, inflation à 2,6 % — la stabilité comme seul horizon

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion du 19 mars : taux de dépôt à 2,00 %, taux de refinancement à 2,15 %. Cette stabilité devrait durer tout au long de 2026 selon la majorité des économistes, car l'inflation reste au-dessus de la cible : 2,6 % en moyenne prévus pour l'année, tirée par les prix de l'énergie liés au conflit au Moyen-Orient. La BCE est prise en tenaille : baisser les taux alimenterait l'inflation, les maintenir pèse sur la croissance. Un dilemme classique que les banques centrales créent souvent elles-mêmes par un excès de création monétaire antérieure.

Sources : Raisin, Banque de France, Boursorama

5Chômage français : 7,9 % au T4 2025, le cap des 8 % en vue

L'INSEE a publié un taux de chômage de 7,9 % pour le quatrième trimestre 2025, en hausse de 0,2 point sur le trimestre et de 0,6 point sur un an. 2,5 millions de chômeurs au sens du BIT — un chiffre qui masque une réalité encore plus dure si l'on intègre le halo du chômage. La Banque de France anticipe 8 % au milieu de l'année 2026. La croissance française, attendue à seulement 1 % pour 2026, ne suffit pas à absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail. Pendant que Bercy communique sur ses « réformes », le thermomètre continue de monter.

Sources : INSEE, AEF Info, Club Patrimoine

6Prêt Flash Carburant : l'État pompier, toujours en retard d'une guerre

Dès le 13 avril, les PME des secteurs des transports, de l'agriculture et de la pêche pourront accéder au « Prêt Flash Carburant », un dispositif de soutien d'urgence à la trésorerie mis en place par le gouvernement face à la flambée des carburants liée au conflit au Moyen-Orient. L'intention est louable. Mais l'analyse libérale s'impose : l'État crée les conditions de la vulnérabilité — fiscalité record sur les carburants, réglementation qui empêche la diversification énergétique — puis se présente en sauveur avec un prêt à rembourser. C'est le pompier pyromane dans toute sa splendeur. La vraie solution ? Moins de taxes, plus de marché.

Sources : economie.gouv.fr, La Gazette France

310 Md€
Montant record des émissions de dette française prévues en 2026 — soit environ 4 700 € par habitant, nouveau-nés inclus.

La citation du jour
« L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »
— Frédéric Bastiat, L'État (1848)
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