Selon BFM Bourse, le CAC 40 a terminé la séance de vendredi à 8 139,00 points (−0,81 %), après un plus bas intraday proche de −1,9 %, avec 35 valeurs sur 40 dans le rouge ; la semaine reste néanmoins en hausse d'un peu plus de 2 %. D'après MoneyVox, le marché parisien a été emporté par la débâcle de Wall Street de la veille, et l'OAT à dix ans s'inscrivait vers midi à 4,76 % (contre 4,78 % jeudi), pour un Bund à 3,22 %.
Une semaine à +2 % qui s'achève sur une baisse de 0,81 % : le marché rappelle, avec la brutalité qui le caractérise, qu'il ne se laisse pas gouverner par les discours. Il escompte, pondère, panique parfois, mais il dit chaque jour ce que valent les choses, ce qu'aucun commissaire au Plan n'a jamais su faire. Et l'écart de taux à dix ans avec l'Allemagne, plus de 150 points de base, est la facture quotidienne de notre indiscipline budgétaire.
Sources : BFM Bourse / Tradingsat (6 novembre 2026), MoneyVox (6 novembre 2026, données de la mi-journée pour l'OAT et le Bund ; la clôture de l'OAT n'a pas été relevée).
D'après Zonebourse (Reuters, « Trading Day »), le S&P 500 a perdu 4,4 % et le Nasdaq 5,5 % jeudi, tous les secteurs du S&P 500 reculant, la technologie de 7,3 % ; l'indice des semi-conducteurs de Philadelphie a lâché environ 12 %, Nvidia 9 %, Micron, AMD et Marvell environ 17 %. L'article évoque quelque 2 000 milliards de dollars de capitalisation évaporés, des investisseurs réévaluant la victoire démocrate aux élections de mi-mandat par crainte d'un ralentissement de la construction de centres de données et d'une régulation plus stricte de l'IA. Selon France Epargne, la contagion a gagné l'Asie vendredi : le Kospi a cédé 6,02 % et le Nikkei 5,96 %.
Le marché ne tremble pas devant l'intelligence artificielle, mais devant la politique. Ce qui vaut des milliers de milliards se joue désormais autant dans les commissions du Congrès que dans les laboratoires, et le risque de réglementation est devenu le premier facteur de valorisation. Hayek le disait : la connaissance dispersée dans la société ne se laisse pas planifier d'en haut, et les cours de Bourse sont le détecteur de fumée qui sonne quand on s'y essaie.
Sources : Zonebourse / Reuters (5 novembre 2026), France Epargne (6 novembre 2026). L'explication par les élections de mi-mandat est l'interprétation rapportée par Reuters, non un fait établi ; les chiffres asiatiques proviennent de France Epargne et n'ont pas été vérifiés auprès des places.
Selon France Epargne, l'économie américaine a créé 165 000 emplois en octobre, loin des quelque 60 000 attendus, le taux de chômage passant de 4,2 % à 4,1 % et les salaires horaires progressant de 0,4 % sur le mois (+3,1 % sur un an) ; les créations d'août et de septembre ont été révisées en hausse de 84 000 au total. Le même article indique que les marchés (CME FedWatch) accordent environ 77 % de chances à une hausse de 25 points de base lors de la réunion des 8 et 9 décembre, et que le rendement du Trésor à dix ans s'établit à 4,87 %, celui à trente ans à 5,28 %.
Voilà le paradoxe de la politique monétaire : la bonne nouvelle d'hier est la mauvaise nouvelle d'aujourd'hui. Un marché du travail vigoureux est précisément ce qu'on souhaite, et il se trouve puni par des taux qui montent, conséquence de quinze années de monnaie trop facile. Quand la banque centrale a longtemps administré le prix de l'argent, il lui faut un jour rendre la facture, et ce sont les emprunteurs, États en tête, qui la règlent.
Sources : France Epargne (6 novembre 2026), qui cite le Bureau of Labor Statistics, CNBC et CME FedWatch ; ces sources primaires n'ont pas été consultées directement. Les probabilités de hausse sont des anticipations de marché.
D'après Boursorama (AFP), la Banque d'Angleterre a relevé jeudi son taux directeur de 25 points de base, de 3,75 % à 4 %, sa première hausse depuis août 2023. L'inflation britannique était de 3,5 % en septembre ; dans son scénario central, l'institution table désormais sur 3,2 % en 2026 et 4,5 % en 2027, avec un pic à 4,9 % au deuxième trimestre 2027. Son gouverneur, Andrew Bailey, a déclaré que cette hausse ne devait pas être vue comme la première d'une longue série mais qu'elle ne serait probablement pas la dernière tant que le conflit au Moyen-Orient ne serait pas résolu.
Londres a le courage de la hausse là où Paris cultive le déni : lorsque l'inflation menace de dépasser 4,5 %, on ne la combat pas par des chèques et des plafonds de prix mais en rendant à l'argent son prix. C'est inconfortable, impopulaire et nécessaire. À Francfort et à Washington, on guette désormais la même décision pour décembre.
Sources : Boursorama / AFP (5 novembre 2026). Les prévisions d'inflation sont celles de la Banque d'Angleterre ; le détail du vote (8 voix contre 1) n'est rapporté que par France Epargne.
Selon le site de l'Assemblée nationale, la première partie du projet de loi de finances pour 2027, consacrée aux recettes, a été rejetée en première lecture le mercredi 4 novembre ; le texte repart vers le Sénat dans sa version initiale. D'après Contrepoints (Nicolas Lecaussin, 2 novembre), la commission des finances avait auparavant voté 48,8 milliards d'euros de dépenses supplémentaires face à 54 milliards d'économies annoncées, plus de 200 amendements creusant en outre le déficit d'environ 9,6 milliards ; le rapporteur général Philippe Juvin évalue le déficit entre 5,35 % et 5,4 % du PIB, pour une cible de 5 %.
On a donc voté des dépenses sans recettes, puis rejeté les recettes pour ne pas avoir à voter les dépenses : la comptabilité publique version théâtre d'ombres. Le seul véritable gagnant de cette comédie est le contribuable de demain, à qui l'on réserve la note. Montesquieu y verrait la preuve que, sans un pouvoir qui arrête le pouvoir, la dépense publique ne s'arrête jamais d'elle-même.
Sources : Assemblée nationale (4 novembre 2026), Contrepoints (2 novembre 2026). Le décompte du scrutin en séance n'a pas été consulté ; le vote de 31 voix contre 3 rapporté par Contrepoints concerne la commission des finances, non la séance publique. Les chiffres de dépenses et de déficit sont ceux rapportés par l'auteur.
D'après BFM Bourse, TP (ex-Teleperformance) a plongé de 15,30 % vendredi après une croissance décevante et une réduction de son objectif de chiffre d'affaires 2026, tandis qu'Air France-KLM gagnait 7,1 % après un relèvement de deux crans par Barclays, au lendemain d'un bond de 12,1 % consécutif à ses résultats du troisième trimestre.
Pas de plan de sauvetage, pas de comité interministériel : une entreprise déçoit, son cours le dit dans la journée, une autre convainc, elle est récompensée. C'est ce que Schumpeter appelait la destruction créatrice, et qu'un certain dirigisme à la française continue de vouloir remplacer par des « filières stratégiques ».
Sources : BFM Bourse / Tradingsat (6 novembre 2026).