« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Édition #222 · Dimanche 1er novembre 2026
Dimanche de la lanterne rouge : le PIB français recule de 0,1 % au troisième trimestre quand la zone euro progresse de 0,4 %, la BCE laisse son taux à 2,50 % pendant que Christine Lagarde annonce son départ pour le 7 février 2027, le CAC 40 finit octobre à 7 969 points, l'État prélève plus d'un euro de taxes sur chaque litre de sans-plomb, Bruxelles ajoute 2 euros de frais sur chaque petit colis, et une étude du NBER démonte les 35 heures.

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Octobre s'achève sur un CAC 40 de marbre

Selon Zonebourse (dépêche AWP), le CAC 40 a clôturé vendredi à 7 969,42 points (−0,01 %), soit +2,40 % sur la semaine, +0,06 % sur le mois et −2,21 % depuis le début de l'année. D'après MoneyVox, Sanofi a gagné 4,7 % après un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 14,3 % à 14,44 milliards d'euros et un nouveau relèvement de ses objectifs ; Imerys a bondi de 13,84 % après avoir rehaussé ses prévisions, tandis que STMicroelectronics (−5,3 %) et Schneider Electric (−4,1 %) reculaient. Selon Zonebourse, l'OAT à dix ans termine à 4,97 %, contre 4,91 % la veille.

Un mois de bourse pour finir où l'on avait commencé : voilà le marché français, qui récompense les entreprises capables de relever leurs objectifs (Sanofi, Imerys) et sanctionne celles qui déçoivent, sans qu'aucun ministre n'ait eu à décréter lequel est « stratégique ». Le contraste avec une dette d'État qui frôle 5 % est cruel : les entreprises sont notées chaque jour, l'État, lui, l'est une fois par trimestre, et avec indulgence.

Sources : Zonebourse (30 octobre 2026), MoneyVox (30 octobre 2026). Une partie des chiffres de Zonebourse (semaine, mois, année, OAT) provient d'une version résumée de la page lors de la collecte.

2
PIB : la France, lanterne rouge de la zone euro

D'après Contrepoints (Yves Bourdillon, 30 octobre), le PIB français a reculé de 0,1 % au troisième trimestre selon l'Insee, après une stagnation au deuxième trimestre et une baisse de 0,2 % au premier ; l'acquis de croissance à fin septembre n'est que de 0,2 %. Dans le même temps, la zone euro a progressé de 0,4 % (le double des attentes), l'Allemagne de 0,2 %, l'Espagne de 0,6 % et les Pays-Bas de 0,6 %, tandis que les États-Unis affichent +3,4 % en rythme annualisé. L'article rapporte aussi que la confiance des ménages est au plus bas depuis plus de treize ans et que le ministre de l'Économie, Roland Lescure, qualifie lui-même l'économie française d'« à l'arrêt ».

Quand le ministre de l'Économie parle d'une économie « à l'arrêt », on peut au moins lui reconnaître la lucidité. Reste à en tirer les conséquences : un pays qui prélève plus que ses voisins, dépense plus que ses voisins et croît moins que ses voisins n'a pas un problème de conjoncture, mais de méthode. Bastiat aurait noté que ce que l'on ne voit pas, ce sont les trimestres de croissance que la fiscalité a empêchés.

Sources : Contrepoints (30 octobre 2026), qui cite l'Insee ; le communiqué de l'Insee n'a pas été consulté directement. Les chiffres de la zone euro et des États-Unis sont ceux rapportés par l'article.

3
BCE : statu quo à 2,50 %, et Lagarde quitte la scène

Selon Boursorama, la BCE a laissé jeudi ses taux inchangés (dépôt 2,50 %, refinancement 2,65 %, prêt marginal 2,90 %) et Christine Lagarde a informé le Conseil des gouverneurs qu'elle démissionnera le 7 février 2027. D'après la dépêche Reuters, la décision a été prise à l'unanimité après deux hausses cette année ; l'inflation de la zone euro était de 3,8 % sur un an en septembre, le pétrole reste « bien au-dessus de 110 dollars » et les marchés voient environ 80 % de chances d'une hausse en décembre.

Une inflation à 3,8 % pour une cible de 2 % et un taux de dépôt à 2,50 % : l'épargnant européen reste rémunéré en dessous de la hausse des prix, c'est-à-dire taxé en silence. Le départ annoncé de Mme Lagarde ouvre une question que les libéraux posent depuis longtemps : une banque centrale dont la mission est de garantir la valeur de la monnaie peut-elle y parvenir en sachant que l'État emprunteur est son premier client ?

Sources : Boursorama (29 octobre 2026), Reuters via Boursorama (29 octobre 2026). Les probabilités de hausse en décembre sont des anticipations de marché.

4
Carburants : plus d'un euro de taxes par litre

D'après Contrepoints (Nicolas Lecaussin, 30 octobre), le SP95-E10 se vendait fin octobre 2,17 euros le litre, dont 1,03 euro de taxes (67 centimes d'accise et 36 centimes de TVA, soit 47,6 % du prix), et le gazole 2,37 euros dont 1,00 euro de taxes. L'accise a rapporté 31,4 milliards d'euros en 2025, et la TVA de 20 % s'applique en prime sur l'accise elle-même. Interrogé à l'Assemblée le 28 octobre par Éric Coquerel, Roland Lescure a répondu que la question de ces prix ne l'empêchait pas de dormir. Le gouvernement libère 10 millions de barils de gazole de ses réserves, avec une baisse espérée de 12 à 18 centimes selon l'auteur.

Une taxe sur la taxe : l'impôt à la française dans toute sa splendeur, où l'on paie la TVA sur l'accise comme on paierait un péage sur un péage. Plutôt que de puiser dans des stocks stratégiques pour peser sur la pompe, l'État pourrait simplement prélever moins ; la solution la plus efficace est aussi la seule qui ne coûte rien au contribuable.

Sources : Contrepoints (30 octobre 2026), qui reprend les chiffres de prix et de taxes cités. La baisse de 12 à 18 centimes est une estimation rapportée par l'auteur, non un résultat constaté.

5
Petits colis : deux euros de plus, et Bruxelles s'en félicite

Selon l'AFP, reprise par Boursorama, l'Union européenne impose depuis dimanche 1er novembre des frais de traitement de 2 euros par envoi importé d'un pays tiers en vente à distance, quelle que soit la valeur des articles ; ils s'ajoutent à la taxe de 3 euros appliquée depuis juillet aux colis de moins de 150 euros. En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l'UE, dont 93 % venaient de Chine, et les flux auraient chuté d'environ 64 % depuis juillet, Bruxelles jugeant toutefois « trop tôt pour en tirer des conclusions ». Les frais financeront des contrôles douaniers renforcés.

Un dispositif présenté comme une mesure de contrôle, mais qui revient pour l'essentiel à renchérir de 5 euros les achats les plus modestes des consommateurs européens. Le BEUC s'inquiète d'ailleurs que la facture leur soit répercutée. On protège, dit-on, le commerce local ; on oublie que le consommateur est aussi un citoyen, et qu'un droit de douane reste un impôt, même quand il porte un nom plus doux.

Sources : AFP via Boursorama (1er novembre 2026). Le chiffre de baisse de 64 % des flux est rapporté dans l'article sans précision de méthode.

6
35 heures : l'étude qui coûte 15 000 euros par emploi

Dans Contrepoints (Élodie Messéant, 29 octobre), l'autrice présente une étude du NBER (document de travail w35917, octobre 2026) fondée sur les données de tous les emplois du secteur privé français. Selon elle, sans allègements de cotisations patronales l'emploi aurait baissé de 3,8 % ; le coût budgétaire serait d'environ 15 000 euros par emploi sauvé. Le nombre total d'heures travaillées baisse de 6 % dans les entreprises concernées, la productivité progresse de 2 % mais la production recule de 1 %, une perte supportée à 70 % par les salariés peu qualifiés et à 30 % par les actionnaires ; seuls les cadres s'en sortiraient mieux.

Vingt-cinq ans après les lois Aubry, la preuve par les chiffres confirme ce qu'enseigne la théorie élémentaire : on ne crée pas d'emplois en partageant un gâteau qui rétrécit. La note est restée au contribuable, et les salariés modestes en ont porté l'essentiel.

Sources : Contrepoints (29 octobre 2026), qui résume l'étude du NBER ; le document original n'a pas été consulté directement.

Le chiffre du jour
1,03 €
C'est le montant des taxes contenues dans un litre de SP95-E10 vendu 2,17 euros fin octobre, soit 47,6 % du prix à la pompe.
Source : Contrepoints (Nicolas Lecaussin, 30 octobre 2026).
La citation
« L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »
— Frédéric Bastiat (1801-1850), « L'État », Journal des Débats (1848)

Trois lectures pour aujourd'hui