« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Édition #215 · Vendredi 23 octobre 2026
Vendredi du verdict : Moody's rend sa note ce soir pendant que l'OAT clôture à 5,07 % avec un écart de 1,74 point sur le Bund, le plus large depuis 2011, le CAC 40 recule de 1,39 % avec Hermès sous les attentes, le gaz européen dépasse 90 euros le mégawattheure, le déficit français de 5,1 % en 2025 fait figure de mauvais élève chez Eurostat, et le Nasdaq lâche 2,6 % sur les doutes autour de l'IA.

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Moody's rend son verdict ce soir : un maintien jugé peu probable

Selon Boursorama, Moody's doit annoncer vendredi soir sa décision sur la note de la France, et les économistes voient peu de raisons qu'elle ne l'abaisse pas. D'après Le JDD, la note est actuellement Aa3 avec perspective négative et pourrait passer à A1, alignant l'agence sur S&P et Fitch. Le contexte rappelé : un déficit supérieur à 5 % du PIB depuis 2025, une dette attendue à 121,7 % du PIB l'an prochain, une croissance quasi nulle et un taux à dix ans proche de 5 %. Le coût de la dette devrait passer de 80 milliards d'euros cette année à plus de 120 milliards en 2030.

L'agence n'apprendra rien à personne : les prêteurs ont déjà rendu leur jugement, au centime près, et la lettre A1 ne fera que le mettre en majuscules. Le vrai sujet n'est pas la note mais ce qu'elle traduit : un État qui dépense 57 % de la richesse nationale et s'étonne qu'on lui prête plus cher. Tant que l'effort portera sur les recettes plutôt que sur la dépense, chaque verdict sera suivi du suivant.

Sources : Boursorama (23 octobre 2026), Le JDD (22 octobre 2026). Au moment de la rédaction, Moody's n'avait rien publié ; la dégradation reste un pronostic d'économistes, pas un fait.

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L'OAT à 5,07 %, un écart avec le Bund au plus haut depuis 2011

D'après Zonebourse, le rendement de l'OAT à dix ans a clôturé jeudi à 5,07 %, contre 5,01 % la veille, tandis que l'écart avec le Bund s'élargissait à environ 1,74 point, son plus haut depuis 2011. Les investisseurs s'inquiètent de la dette, des déficits, du débat budgétaire 2027 et de l'incertitude autour de l'élection présidentielle. Selon Renseignement Économique, le taux a touché 5,14 % en cours de séance, dépassant le rendement américain, ce qui serait une première depuis 2013, et l'économiste Patrick Artus juge « rapide et très préoccupant » ce mouvement, estimant que la BCE devra probablement agir « pour éviter une crise de la zone euro ».

Voilà l'argument qu'on attendait : si la banque centrale doit « agir », c'est qu'on compte sur elle pour éponger ce que le Parlement n'a pas voulu trancher. Racheter de la dette pour masquer une prime de risque, c'est éteindre le thermomètre. Un taux est un prix, et ce prix dit à Paris ce que Paris refuse d'entendre.

Sources : Zonebourse (22 octobre 2026), Renseignement Économique (22 octobre 2026). Le taux de clôture (5,07 %) diffère du plus haut de séance (5,14 %) ; l'intervention de la BCE est l'hypothèse de P. Artus, non une décision annoncée.

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Paris recule de 1,39 %, Hermès déçoit

Selon Zonebourse, le CAC 40 a perdu 1,39 % jeudi à 7 811,26 points, après avoir gagné 1,06 % la veille. Hermès a cédé 4,94 % à 1 289,50 euros après un chiffre d'affaires du troisième trimestre d'environ 4,1 milliards d'euros, en hausse de 5,5 % mais inférieur aux attentes des analystes. Selon Boursorama, le Stoxx 600 a reculé de 1,01 %, la prudence envers les valeurs liées à l'IA pesant sur le sentiment. Andreas Lipkow (CMC Markets) souligne que « l'évolution de la situation au Moyen-Orient reste donc déterminante ».

Sanctionner de 5 % une maison dont les ventes progressent de 5,5 % : la Bourse n'a pas de pitié pour les attentes déçues, et c'est très bien ainsi. Elle fait ce que ni la commission des finances ni l'agence de notation ne savent faire, ajuster un prix sans délai ni préavis, avec l'argent de ceux qui ont pris le risque.

Sources : Zonebourse (22 octobre 2026), Boursorama (22 octobre 2026). Les niveaux de clôture sont ceux de Zonebourse.

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Le gaz à plus de 90 euros le mégawattheure, la facture suivra

D'après France Épargne, le contrat TTF de référence a dépassé mardi 90 euros le mégawattheure pour la première fois depuis décembre 2022, contre 28,16 euros à la clôture 2025. Le blocage du détroit d'Ormuz empêche l'essentiel de la production qatarie, environ un cinquième du GNL mondial, d'atteindre les marchés. Les stocks européens étaient remplis à 74,58 % au 18 octobre, soit 14,6 points sous la moyenne 2021-2025 (Allemagne : 61,15 % ; France : 87,71 %). Le prix repère de la CRE passera au 1er novembre à 194,90 euros TTC le mégawattheure, contre 182,88 en octobre (+6,6 %), soit environ 12 euros de plus par mois pour un ménage moyen.

Le marché envoie son signal le plus ancien : quand la ressource se raréfie, le prix monte, et c'est précisément ce qui incite à produire, importer et économiser. Le réflexe politique consistera à plafonner ou à compenser, c'est-à-dire à cacher le signal en le payant avec la dette dont il vient d'être question. L'Europe qui a fermé ses centrales et ses puits récolte ce que sa dépendance a semé.

Source : France Épargne (20 octobre 2026), citant notamment la CRE et les données de stockage. Le TTF est volatil ; les niveaux cités sont ceux du 20 octobre.

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Eurostat : un déficit français de 5,1 % pour une dépense de 57,3 % du PIB

Selon Contrepoints (Élodie Messéant), qui rapporte les chiffres publiés par Eurostat le 21 octobre, le déficit public français a atteint 5,1 % du PIB en 2025, contre 3,1 % pour l'Union européenne et 3 % pour la zone euro. Seuls la Roumanie (7,8 %), la Pologne (7,2 %) et la Belgique (5,2 %) font pire. La dette s'établit à 115,7 % du PIB, troisième plus élevée de l'Union après la Grèce (145,4 %) et l'Italie (136,7 %). La dépense publique représente 57,3 % du PIB en France contre 49,4 % dans l'Union, et les recettes 52,2 % contre 46,3 %.

Le chiffre le plus instructif n'est pas le déficit mais la colonne des recettes : la France prélève 5,9 points de PIB de plus que la moyenne européenne et reste pourtant en déficit. Ce n'est donc pas le manque de recettes qui fait le problème. Le Danemark, avec un excédent de 2,9 %, prouve qu'un grand État-providence peut tenir ses comptes ; il lui reste à convaincre que ce n'est pas en augmentant les impôts.

Source : Contrepoints (21 octobre 2026), d'après Eurostat. La dette de 115,7 % concerne 2025 ; d'autres sources citent des niveaux supérieurs pour 2026.

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Wall Street : le Nasdaq perd 2,6 %, les semi-conducteurs plongent

D'après Zonebourse, le Nasdaq a cédé 2,60 % à 26 008,86 points, sa pire séance depuis début juin, et le S&P 500 1,21 % à 7 663,43, tandis que le Dow Jones gagnait 0,02 % à 52 867,98. L'indice des semi-conducteurs de Philadelphie a chuté de 6,7 %. Meta a perdu 7,0 % malgré des résultats supérieurs aux attentes, après avoir fait état de son premier flux de trésorerie négatif en plus de dix ans en raison de ses dépenses d'IA. Le pétrole a atteint un plus haut de cinq mois après des attaques houthies contre des cibles saoudiennes, et les marchés anticipent une possible hausse de 25 points de base de la Fed d'ici la fin de l'année.

Hier, SpaceX et l'IA justifiaient tous les taux ; aujourd'hui, l'IA ne les justifie plus. Le marché fait ce que font les marchés : il corrige en vingt-quatre heures une certitude que l'enthousiasme avait bâtie en six mois. Et que la Fed envisage de relever ses taux avec un chômage près de ses plus bas rappelle qu'il n'est de croissance durable que financée par l'épargne, non par le crédit bon marché.

Source : Zonebourse (22 octobre 2026). Niveaux de clôture rapportés par la source ; l'anticipation de hausse de la Fed est une lecture du marché, non une décision.

Le chiffre du jour
1,74 point
C'est l'écart entre le taux français et le taux allemand à dix ans à la clôture de jeudi, le plus large depuis 2011.
Source : Zonebourse, 22 octobre 2026.
La citation
« Il n'y a qu'une différence entre un mauvais et un bon économiste : l'un s'en tient à l'effet visible ; l'autre tient compte et de l'effet que l'on voit et de ceux qu'il faut prévoir. »
— Frédéric Bastiat (1801-1850), Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, 1850

Trois lectures pour aujourd'hui