Dans un article du 16 octobre, Virginie Landry (Contrepoints) rappelle qu'en octobre 1945, au moment où naissent la Sécurité sociale et la retraite par répartition, Jacques Rueff publie L'Ordre social et distingue les « faux droits », fondés sur une simple promesse d'avenir, des vrais droits adossés à une épargne réelle. Pour lui, la répartition ne crée aucune richesse : elle donne aux retraités d'aujourd'hui une créance sur le travail des générations futures. Le ratio, de 4,3 cotisants par retraité en 1960, serait tombé à environ 1,7 selon l'auteure.
Rueff n'était pas un prophète, seulement un économiste qui savait compter. Une promesse qui ne repose sur aucun capital n'est pas un droit, c'est un pari sur la démographie et sur la patience des plus jeunes. Le dimanche est un bon jour pour relire ceux que l'on a eu tort de ne pas écouter.
Sources : Contrepoints (Virginie Landry), 16 octobre 2026. Tribune d'opinion d'un média libéral ; le ratio de 1,7 est celui de l'auteure et n'a pas été recoupé avec les données officielles.
Selon Philbert Carbon (Contrepoints), le 15 octobre, la retraite par capitalisation, défendue notamment par l'IREF, est désormais proposée par plusieurs candidats à la présidentielle de 2027. Une étude de l'IREF chiffre à plus de 8 760 milliards d'euros (euros constants 2023) l'épargne qu'une telle réforme générerait sur cinquante ans. Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des dépôts, souhaite que son établissement gère ces fonds pour qu'ils soient « utiles au pays », plutôt que placés dans des géants américains de la tech ou des ETF.
Voilà un projet de liberté qui risque d'être préempté avant d'exister : l'État a déjà ponctionné les comptes bancaires oubliés, puis des réserves de l'Agirc-Arrco et de l'Unedic, selon l'auteur. Une épargne retraite que l'on ne choisit pas de placer soi-même n'est plus une épargne, c'est un impôt dont l'on attend le rendement. La capitalisation n'a de sens que si chacun choisit son gestionnaire.
Sources : Contrepoints (Philbert Carbon), 15 octobre 2026. Article d'opinion ; l'étude de l'IREF (organisme proche de Contrepoints) n'a pas été consultée directement et les propos de M. Sichel sont rapportés par l'auteur.
D'après Élodie Messéant (Contrepoints), le 15 octobre, les droits voisins instaurés par la loi de 2019 ont valu à Google une amende de 500 millions d'euros en 2021, puis 250 millions de plus après de nouveaux engagements. En 2025, la Société des Droits Voisins de la Presse a obtenu 21,4 millions d'euros de Google, Meta et Microsoft, un montant que Google conteste. Selon Mind Media cité par l'auteure, les sites d'information français ont perdu 19 % de trafic en août 2026, un mois après le lancement d'AI Overviews. Les exemples espagnol, allemand et canadien montrent que la contrainte légale réduit le trafic ou débouche sur des accords peu rentables.
Il y a quelque ironie à voir des éditeurs réclamer à l'État de forcer la main à un moteur de recherche dont ils dépendent pour être lus. Un droit de refus et un contrat librement négocié protégeraient mieux la propriété des éditeurs qu'une rente arbitrée par une autorité administrative, et personne ne sait ce que vaudra cette rente quand l'IA répondra à la place du lecteur.
Sources : Contrepoints (Élodie Messéant), 15 octobre 2026. Tribune d'opinion ; le chiffre de 19 % est rapporté par l'auteure d'après Mind Media et n'a pas été vérifié à la source.
Dans une tribune du 15 octobre, André Pellen (Contrepoints) conteste que le paradoxe entre prix de gros négatifs et factures en hausse soit « parfaitement normal ». Il l'attribue à l'organisation du marché européen et à la priorité d'injection accordée à l'éolien et au solaire, dont les pertes aux heures de prix négatifs seraient couvertes par des tarifs d'achat et compléments de rémunération garantis par l'État, donc payés par le consommateur et le contribuable. Il cite aussi des exportations françaises record de 92,3 TWh en 2025 et un tarif réglementé d'hiver pouvant atteindre quatre fois le prix d'été depuis le 1er octobre 2026.
Un prix qui ne transmet plus la rareté n'est plus un prix, c'est une subvention déguisée. Quand le marché dit « trop d'électricité » et que la facture répond « trop chère », c'est que quelqu'un a réglé le thermomètre à la place du malade. Reste à savoir qui, et sur quel fondement.
Sources : Contrepoints (André Pellen), 15 octobre 2026. Texte d'opinion ; les chiffres cités sont ceux de l'auteur et n'ont pas été recoupés avec RTE ou la CRE.
Selon Public Sénat (7 octobre), le HCFP juge « optimistes » les prévisions du budget 2027 : le gouvernement table sur 1 % de croissance quand l'OFCE et Rexecode anticipent 0,7 % et la Banque de France 0,9 %, ce qui porterait le déficit à 5,2-5,3 % au lieu de 5 %. La croissance 2026 a été révisée de 1 % à 0,5 % et le déficit devrait atteindre 5,4 %. Le taux à dix ans est passé de 3,3 % en février à 4,84 % au 7 octobre, et l'effort structurel d'environ 40 milliards (17 de recettes nouvelles, 23 d'économies) serait « mangé » par la hausse des taux selon le Haut Conseil.
Retenons l'arithmétique : sur 40 milliards d'effort, plus de 40 % viennent d'impôts nouveaux, et la hausse des taux en absorbe l'essentiel. On demande aux contribuables de remplir un tonneau dont le robinet de la dépense reste ouvert. Le plus optimiste, en l'occurrence, n'est pas le marché.
Sources : Public Sénat, 7 octobre 2026, avis du HCFP. Les chiffres sont ceux du HCFP rapportés par Public Sénat ; la part de 40 % est un calcul de la rédaction (17/40).
D'après une dépêche AFP relayée par Zonebourse, le WTI a clôturé jeudi 15 octobre à 97,97 dollars (environ + 3 %) et le Brent à 105,92 dollars (environ – 0,1 %). Les stocks commerciaux américains de brut ont reculé de 8,6 millions de barils sur la semaine close le 9 octobre, alors que le marché attendait une légère hausse. Au moins dix navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz ou à proximité depuis dimanche, et les Houthis continuent de viser les installations saoudiennes.
Le pétrole à plus de 100 dollars est un impôt que ni l'Assemblée ni la Cour des comptes n'ont voté. Il rappelle que la souveraineté énergétique se construit par la diversité des sources et la liberté d'investir, non par des décrets sur les prix. Et la pompe française, déjà taxée à plus de moitié, en paie deux fois la facture.
Sources : AFP via Zonebourse, 15 octobre 2026. Les clôtures du 16 octobre n'ont pas pu être consultées ; le commentaire sur la part de l'impôt dans le prix à la pompe renvoie à l'édition n° 209.