« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Édition #208 · Mardi 13 octobre 2026
Mardi de l'hémicycle sous surveillance : les députés ouvrent le débat sur le budget 2027 avec un gouvernement sans majorité et une menace de censure, le CAC 40 gagne 0,38 % à 7 833 points avec un Brent toujours au-dessus de 105 dollars, la fiscalité des holdings familiales inquiète les entreprises patrimoniales, le Nobel d'économie couronne l'inventeur de la flat tax, et Contrepoints rappelle que l'inflation est aussi une affaire de politiques publiques.

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Budget 2027 : l'hémicycle s'ouvre, la censure rôde

Selon LCP, les débats sur le projet de loi de finances 2027 s'ouvrent mardi 13 octobre dans l'hémicycle, d'abord sur la partie recettes, que la commission des finances avait rejetée presque unanimement le 9 octobre. Le gouvernement de Sébastien Lecornu, sans majorité, doit obtenir le soutien du PS ou du RN pour échapper à la censure ; Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire socialiste, prévient que « si le texte ne bouge pas, il y aura censure ». Le ministre Roland Lescure vise un déficit de 5 % du PIB et garde les ordonnances en réserve.

On a beau chercher dans cette comédie de marchandages un début de réflexion sur ce que l'État devrait cesser de faire, on ne trouve que des négociations sur qui paiera. Droite, gauche et extrême droite s'accordent sur un point : la dépense est sacrée, seule la facture se discute. Montesquieu aurait reconnu l'exercice : un impôt n'est légitime que s'il achète une sûreté, non s'il finance l'inertie.

Sources : LCP, 12 octobre 2026. L'article ne détaille pas l'ensemble des mesures du PLF 2027 ; le chiffre de 5 % est cité sans précision d'unité par la source.

2
Bourse de Paris : le luxe et les banques tiennent, le pétrole pèse

D'après Boursorama, le CAC 40 a clôturé lundi 12 octobre à 7 832,88 points, en hausse de 0,38 % (+29,55 points), avant une semaine chargée en résultats d'entreprises et en chiffres d'inflation aux États-Unis et en zone euro. Le Brent s'affichait autour de 105 dollars selon la page, et les Bourses européennes, d'après un second article, « résistent à la poussée des cours du pétrole ».

Les marchés sont des thermomètres, pas des juges : ils enregistrent, avec une froideur que les gouvernements n'ont jamais, le prix du risque. Un baril à plus de 105 dollars est un impôt invisible prélevé sur chaque entreprise et chaque ménage, et il ne se vote pas à l'Assemblée.

Sources : Boursorama, 12 octobre 2026. Les corps d'articles n'étaient pas accessibles ; les taux d'emprunt français ne figurent pas dans les pages consultées.

3
Holdings familiales : le fisc vise ceux qui transmettent

Dans un article du 12 octobre, Philbert Carbon explique que l'article 5 du PLF 2027 mettrait fin à la « purge » des plus-values pour les opérations d'apport-cession lorsque les titres sont transmis par donation ou succession, ce qui pourrait contraindre des héritiers à vendre. La commission des finances a réécrit la disposition le 8 octobre pour éviter de pénaliser les transmissions familiales ; le sort final dépend de l'adoption du budget. L'auteur s'appuie sur une étude de la chaire de Paris-Dauphine (juillet 2026) : plus de 70 % des groupes de PME et d'ETI français sont « patrimoniaux », et ils produisent entre les deux tiers et les trois quarts de la valeur ajoutée des entreprises selon les régions.

Le capitalisme français est moins celui des fonds anonymes que des familles qui lèguent un outil de travail. Les taxer à la transmission revient à punir la durée, cette vertu que l'on réclame par ailleurs dans tous les discours sur l'investissement de long terme.

Sources : Contrepoints (Philbert Carbon), 12 octobre 2026, citant la chaire Entreprises familiales et investissement de long terme de Paris-Dauphine. Article d'opinion d'un média libéral.

4
Le Nobel d'économie récompense Robert Hall, père de la flat tax

Selon Nicolas Lecaussin (IREF), l'Académie royale des sciences de Suède a décerné lundi 12 octobre le prix d'économie à Robert E. Hall (Stanford, Hoover Institution) et Michael Woodford (Columbia) « pour les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique ». L'auteur rappelle que Hall, avec Alvin Rabushka, avait publié en 1981 dans le Wall Street Journal la proposition d'un impôt à taux unique, que le jury ne mentionne pas. D'après lui, 33 pays appliquaient en 2022 un taux unique ou quasi unique, dont 21 en Europe, tandis que la France s'en tient au prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital.

Un impôt qui tient sur une carte postale, neutre envers l'épargne et lisible par celui qui le paie : l'idée a fait le tour des pays sortis du communisme avant de se heurter, en France, à une administration fiscale qui vit de la complexité. Le prix Nobel n'y changera rien, mais il rappelle qu'une fiscalité simple n'est pas une utopie.

Sources : Contrepoints / IREF (Nicolas Lecaussin), 12 octobre 2026. Le motif officiel du prix est cité d'après l'article ; la mention de la flat tax est l'interprétation de l'auteur.

5
Inflation : quand la rustine publique aggrave la fuite

Dans une tribune du 12 octobre, Nouri Mahdi soutient que les subventions, chèques énergie et plafonnements de prix prolongent l'inflation qu'ils prétendent combattre. Il rappelle que l'inflation a dépassé 8 % en zone euro et presque 9 % aux États-Unis en 2022, et que le bilan de la BCE est passé d'environ 4 700 à plus de 8 500 milliards d'euros, celui de la Fed d'environ 4 100 à plus de 7 100 milliards de dollars. Il plaide pour la discipline budgétaire, la simplification et la fin du financement monétaire des déficits.

On peut discuter l'ampleur de chaque cause, mais la mécanique est connue : on subventionne la demande que l'on a rendue chère, on finance la subvention par l'impôt ou la monnaie, et l'on s'étonne ensuite que les prix ne redescendent pas. À l'heure où le carburant reste cher, la tentation de la rustine est grande.

Sources : Contrepoints (Nouri Mahdi), 12 octobre 2026. Tribune d'opinion ; les chiffres de bilans sont ceux de l'auteur et n'ont pas été recoupés avec les banques centrales.

6
Dette publique : Mélenchon accuse le néolibéralisme, Contrepoints répond

Dans un article du 12 octobre, Élodie Messéant conteste l'affirmation de Jean-Luc Mélenchon, prononcée lors d'un meeting à Clermont-Ferrand, selon laquelle le néolibéralisme aurait ruiné la France.

Il est piquant d'entendre accuser le libéralisme dans un pays où les dépenses publiques figurent parmi les plus élevées des pays développés et où chaque budget depuis un demi-siècle a été voté en déficit. Si le libéralisme est coupable de la dette, il faudra expliquer à quel moment il a gouverné.

Sources : Contrepoints (Élodie Messéant), 12 octobre 2026. Seul le résumé de l'article a pu être consulté ; l'argumentation détaillée et les chiffres de l'auteur ne sont pas connus.

Le chiffre du jour
33
C'est le nombre de pays qui appliquaient en 2022 un impôt à taux unique ou quasi unique, dont 21 en Europe, selon l'IREF. La France n'en fait pas partie.
Sources : Contrepoints / IREF, 12 octobre 2026.
La citation
« Les revenus de l'État sont une portion que chaque citoyen donne de son bien pour avoir la sûreté de l'autre, ou pour en jouir agréablement. »
— Montesquieu, De l'esprit des lois, livre XIII (1748)

Trois lectures pour aujourd'hui