Selon l'AFP relayée par Boursorama, le ministre de l'Économie Roland Lescure a déclaré dimanche 11 octobre qu'il « préfèrerait éviter » de recourir aux ordonnances si le Parlement s'enlise sur le projet de loi de finances 2027. Il a présenté cette procédure, qui serait inédite sous la Ve République d'après le résumé de l'agence, comme une « glissière de sécurité ».
Un ministre qui préférerait éviter ce qu'il vient de mentionner a déjà pris soin de le mettre sur la table. Gouverner la dépense par ordonnances, c'est admettre que le consentement à l'impôt, né précisément pour borner le pouvoir du prince, est devenu une formalité encombrante. Que le Parlement vote ou ne vote pas, le vrai sujet reste que le budget n'a plus de frein.
Sources : AFP via Boursorama, 11 octobre 2026. Seuls le titre et le résumé de l'article ont pu être consultés ; la suite de la comparaison du ministre n'est pas connue.
Dans un article du 11 octobre, Philbert Carbon explique que le projet de loi de finances 2027 prévoit de prélever 17 % des sommes en déshérence détenues par la Caisse des dépôts, pour les affecter au budget de l'État dès le 1er janvier 2027. Le titre évoque 1,4 milliard d'euros. Un compte est réputé inactif après dix ans sans signe de vie du titulaire, la Caisse conserve ensuite les fonds vingt ans, avant que ceux-ci ne soient définitivement acquis à l'État. Matignon parle d'une « simple avance » ; l'auteur évoque une « cavalerie ».
Une « avance » que personne ne demande et que personne ne remboursera a un nom plus ancien : un prélèvement. Ces sommes appartiennent à des épargnants, ou à leurs héritiers, qui ne les ont pas encore réclamées. Voilà un État qui, faute de réformer sa dépense, se sert dans la poche des distraits. Friedman l'avait résumé : rien n'est aussi permanent qu'un programme gouvernemental temporaire.
Sources : Contrepoints (Philbert Carbon), 11 octobre 2026. Article d'opinion ; l'auteur ne détaille pas comment les 1,4 milliard découlent des 17 %.
Nicolas Lecaussin (IREF) relève, dans un article du 11 octobre, que le projet de loi de finances 2027 prévoit 8 025 créations nettes d'emplois dans les ministères, dont 3 257 à l'Éducation nationale, plus de 2 000 aux Armées, 1 381 à l'Intérieur et 1 301 à la Justice. Après 1 209 suppressions chez les opérateurs, le solde serait d'environ 6 800 agents d'État supplémentaires, un ordre de grandeur comparable à celui du budget 2026 (près de 6 700). L'IREF avance que le nombre d'agents publics pour 1 000 habitants est passé de 83 à 85 entre 2012 et 2024, et chiffre à plus de 170 000 les fonctionnaires recrutés sous les deux mandats d'Emmanuel Macron.
Ces budgets sont présentés comme des budgets d'économies : on y supprime à la marge et l'on recrute au centre. La maîtrise de la dépense publique ne passe pas par des effets d'annonce mais par moins de missions, donc moins d'agents. Tant que l'on ne choisira pas ce que l'État cesse de faire, la rigueur se limitera aux autres.
Sources : Contrepoints / IREF (Nicolas Lecaussin), 11 octobre 2026, citant une étude de l'IREF de juin 2026 et le PLF 2027. L'article ne détaille pas le calcul des 170 000 agents, qui paraît inclure d'autres versants que l'État.
L'AFP rapporte que Donald Trump a annoncé dimanche un « cessez-le-feu énergétique » entre l'Ukraine et la Russie, qui a surpris Kiev. Moscou n'a pas réagi publiquement, tandis que Londres, Paris et Ottawa ont dit soutenir cet appel. D'après Reuters, Volodymyr Zelensky attend des précisions.
Les marchés de l'énergie détestent l'incertitude, et un cessez-le-feu qu'une seule des parties a entendu en est une belle. Pour l'Europe, qui a payé dans sa facture d'électricité le prix de ces destructions d'infrastructures, la nouvelle serait bienvenue, si elle se confirmait. En attendant, un contribuable prudent regardera le prix du gaz plutôt que les communiqués.
Sources : AFP via Boursorama, 11 octobre 2026 ; Reuters via Boursorama, 11 octobre 2026. Seuls les titres et résumés ont pu être consultés ; les conditions et le calendrier de ce cessez-le-feu ne sont pas connus.
Selon l'AFP, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche des « opérations d'envergure » contre des aéroports et des infrastructures énergétiques saoudiennes, après une attaque survenue samedi qui a fait treize morts, la plus meurtrière dans le royaume en dix ans. Par ailleurs, d'après Reuters, le responsable iranien de la sécurité Mohsen Rezaei a jugé « insuffisante » la réponse américaine à la proposition de Téhéran de rouvrir le détroit d'Ormuz.
Les cours du pétrole disent tout bas ce que les chancelleries disent tout haut : un monde où l'on tire sur les infrastructures du premier exportateur mondial et où l'on négocie l'ouverture d'un détroit est un monde où l'énergie coûte cher. Les États qui subventionnent le carburant à la pompe, plutôt que de laisser le prix jouer et la concurrence s'exercer, ne font que déplacer la facture vers le budget, déjà exsangue.
Sources : AFP via Boursorama, 12 octobre 2026 ; Reuters via Boursorama, 11 octobre 2026. Seuls les titres et résumés ont pu être consultés ; aucun cours du pétrole n'a été vérifié pour cette édition.
L'AFP annonce que les ministres des Finances et les banquiers centraux se réunissent cette semaine à Bangkok pour les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, sur fond de choc énergétique, de pressions sur les dettes publiques et d'essor de l'intelligence artificielle. Des réunions à huis clos et des événements publics sont au programme.
Il y aura beaucoup de communiqués sur la « coordination » et la « soutenabilité ». On y parlera de dettes comme d'une météo, alors qu'elles sont une décision politique, répétée année après année. Le seul vrai sujet, que les huis clos ne seront pas pressés d'aborder, est qu'aucun accord multilatéral ne remplacera jamais un budget en équilibre.
Sources : AFP via Boursorama, 12 octobre 2026. Seul le résumé de l'article est accessible ; le programme détaillé et les prévisions éventuelles n'ont pas été consultés.