« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Édition #199 · Samedi 3 octobre 2026
Samedi des bilans : le CAC 40 a rebondi de 0,79 % vendredi mais cède 2,24 % sur la semaine, l'OAT à dix ans a touché 4,96 % en séance, son plus haut depuis 2002, l'inflation de la zone euro bondit à 3,8 % en septembre contre 3,6 % attendus, Contrepoints se demande si les États-Unis ne gagnent pas la bataille d'Ormuz, Stif perd 56,69 % en une séance après avoir été lâché par Tesla, et Seagate comme Western Digital s'effondrent devant les ambitions de Toshiba.

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Le CAC 40 rebondit de 0,79 % vendredi mais perd 2,24 % sur la semaine, pendant que l'OAT à dix ans a touché 4,96 %, son plus haut depuis 2002

Après la veille noire, le CAC 40 a clôturé vendredi à 7 897,19 points, en hausse de 0,79 %, soutenu par le recul des prix du pétrole, mais il termine la semaine sur une perte de 2,24 %. Côté obligataire, le rendement de l'emprunt à dix ans a atteint 4,96 % en séance, son plus haut niveau depuis 2002, avant de refluer ; BFM Bourse le situe à 4,87 % en clôture. Un analyste de Swissquote Bank y voit des tensions qui surviennent « au pire moment possible, alors que la zone euro est aux prises avec une crise énergétique », tandis que Cité Gestion constate que l'environnement « reste dominé par la remontée des primes de risque ». Le Medef, de son côté, évalue à « près de 20 milliards d'euros » les prélèvements et taxes touchant les entreprises dans le budget 2027.

Un samedi se prête aux bilans : en cinq séances, la Bourse de Paris a perdu plus de deux points et la dette française a flirté avec les 5 %, un niveau que l'on croyait réservé aux cas d'école. Pendant ce temps, le monde de l'entreprise se voit présenter une note de près de 20 milliards, ce qui revient à demander à ceux qui créent la richesse de financer la crédibilité de ceux qui la dépensent. Le rebond de vendredi, dû au pétrole et non à la politique budgétaire, ne doit tromper personne : le marché n'a pas changé d'avis, il a simplement repris son souffle.

Sources : Tradingsat / BFM Bourse, 2 octobre 2026 ; Yahoo Finance France, 2 octobre 2026 ; franceinfo, 1er octobre 2026.

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L'inflation dans la zone euro bondit à 3,8 % en septembre, au-dessus des 3,6 % attendus, avec une énergie en hausse de 18,8 % sur un an

Selon l'estimation rapide d'Eurostat, l'inflation annuelle de la zone euro atteint 3,8 % en septembre, contre 3,2 % en août, l'énergie progressant de 18,8 % (contre 14,3 %), les services de 3,2 %, l'alimentation de 1,4 % et les biens industriels hors énergie de 1,1 %. L'Allemagne s'établit à 3,3 % et la France à 3,4 % pour l'indice harmonisé, la Lituanie fermant la marche avec 6,1 %. Le consensus anticipait 3,6 % : la surprise, haussière, ravive les spéculations sur de nouveaux durcissements de la Banque centrale européenne.

Le plus instructif dans ce tableau est ce qui n'y figure pas : les biens industriels, à 1,1 %, ne s'emballent pas, et les services restent contenus ; c'est bien l'énergie, c'est-à-dire un choc d'offre géopolitique, qui tire l'ensemble. La banque centrale peut relever ses taux, elle ne produit pas un baril de plus, et l'on mesure ici les limites d'un instrument monétaire que l'on a longtemps présenté comme omnipotent. La seule vraie réponse est du côté de l'offre : diversifier les approvisionnements, lever les freins à la production, alléger la fiscalité qui s'ajoute au prix de l'énergie.

Sources : Eurostat, 2 octobre 2026 ; Option Finance, 2 octobre 2026.

3
Et si les États-Unis gagnaient la bataille d'Ormuz ? Les flux de pétrole ont doublé depuis début septembre, mais le raffinage reste à 18 % de son niveau d'avant-guerre

Dans Contrepoints, Yves Bourdillon soutient que les États-Unis prennent l'avantage dans le détroit d'Ormuz : les flux de pétrole y ont doublé depuis début septembre pour atteindre 14,9 millions de barils par jour, proche des niveaux d'avant-guerre, les convois transitant de nuit sous protection de drones et d'hélicoptères américains, tandis que l'oléoduc saoudien Est-Ouest a repris du service après des attaques de drones. L'auteur relève toutefois que la production de produits raffinés ne tourne qu'à 18 % de son niveau d'avant le conflit, que le rial iranien est à des plus bas historiques et que Washington a rejeté l'offre de Téhéran de rouvrir le détroit contre un allègement des sanctions. Sur le marché, le Brent de décembre cédait 0,8 % à 101,47 dollars vendredi et le WTI 2,1 % à 90,93 dollars, après l'annonce du G7 de libérer jusqu'à 100 millions de barils.

Voilà un contrepoint salutaire au pessimisme ambiant, même si Yves Bourdillon prend soin d'avertir contre la complaisance. La leçon économique est limpide : les routes de commerce, quand elles sont ouvertes, font plus pour la prospérité que tous les plans de sobriété, et l'ingéniosité des acteurs privés, armateurs, assureurs, exportateurs, contourne les obstacles plus vite que les cabinets de crise. Reste que 18 % de raffinage, c'est 82 % de gazole et de kérosène qui manquent : le prix à la pompe, lui, n'a pas fini de rappeler que l'énergie se paie en liberté de circulation.

Sources : Contrepoints (Yves Bourdillon), 2 octobre 2026 ; Tradingsat / BFM Bourse, 2 octobre 2026.

4
Lâché par Tesla, son plus gros client, Stif s'effondre de 56,69 % en Bourse : la pire séance de son histoire

Le titre de la PME angevine Stif a plongé de 56,69 % vendredi, sa pire séance depuis son introduction en décembre 2023. Tesla, qui représentait environ 20 % de son chiffre d'affaires, a décidé de ne pas utiliser ses systèmes de sécurité dans son nouveau stockage d'énergie Megapack 3 ; la société ne générera plus de revenus avec le constructeur à partir de 2027. Elle abaisse en conséquence son objectif de chiffre d'affaires 2026 de 119 à 100 millions d'euros, sa marge d'Ebitda de 21,6 % à 15 %, et sa cible 2030 de 200 à 170 millions d'euros. Les analystes parlent d'« un signal extrêmement défavorable » pour son récit de croissance.

La brutalité du marché peut choquer ; elle est pourtant la contrepartie d'un système où l'on récompense le risque. Un client à 20 % du chiffre d'affaires, c'est une dépendance qui n'apparaît dans aucun bilan comme un passif, mais que la Bourse sait chiffrer en une séance. Il y a là une leçon pour les pouvoirs publics, qui aiment à rappeler la fragilité des PME sans jamais se demander ce qu'elles ont à gagner d'un environnement fiscal et réglementaire qui leur laisserait les moyens de diversifier leurs clients et de constituer des réserves.

Sources : Tradingsat / BFM Bourse, 2 octobre 2026.

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Nvidia à un record, Tesla à +5,2 % sur ses livraisons : l'innovation se paie ailleurs qu'à Bercy

Selon TheStreet, Nvidia a touché un record historique en séance à 237,88 dollars, sa capitalisation dépassant 5 700 milliards de dollars. Tesla a gagné 5,20 % après avoir annoncé 486 532 livraisons au troisième trimestre, au-delà des attentes des analystes, et SpaceX 5,99 % après un triple lancement réussi.

Un week-end pour souligner un fait que le brouhaha budgétaire fait oublier : la valeur se crée aujourd'hui dans des entreprises qui produisent des puces, des voitures et des fusées avec du capital privé et des clients volontaires. Rien de cela n'a été planifié par un ministère ; et c'est précisément pourquoi cela fonctionne. À l'inverse, le même jour, un fournisseur de Tesla perdait plus de la moitié de sa valeur, preuve que cette économie-là ne pardonne rien, et que ceux qui la réclament sans filet devraient accepter qu'elle ne fasse pas de cadeaux.

Sources : TheStreet, 2 octobre 2026.

6
Seagate chute de 14 % et Western Digital de 12 % après l'annonce de Toshiba de doubler sa production de disques durs, Nike recule de 4,8 %

Toujours d'après TheStreet, Seagate a cédé 14,29 % et Western Digital 12,18 % après l'annonce par Toshiba de son intention de doubler sa production de disques durs. Nike a reculé de 4,82 % après un chiffre d'affaires inférieur aux attentes et des perspectives annuelles jugées sombres.

La concurrence est la meilleure des politiques industrielles : une annonce de capacité supplémentaire chez un rival, et deux géants du stockage perdent en une séance plus que ce que nombre de plans de relance prétendent créer. Le consommateur y gagnera, à terme, des disques moins chers pour des données qui, elles, ne cessent d'enfler. Quant à Nike, son cas rappelle qu'aucune marque, aussi mythique soit-elle, ne dispose d'une rente garantie : le client reste libre de partir.

Sources : TheStreet, 2 octobre 2026.

Le chiffre du jour
3,8 %
C'est l'inflation annuelle de la zone euro en septembre selon l'estimation rapide d'Eurostat, contre 3,2 % en août et 3,6 % attendus, l'énergie progressant de 18,8 % sur un an.
Source : Eurostat, 2 octobre 2026.
La citation
« Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n'engendrent pas seulement un effet, mais une série d'effets. De ces effets, le premier seul est immédiat ; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas : heureux si on les prévoit. »
— Frédéric Bastiat (1801-1850), Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, 1850

Trois lectures pour aujourd'hui