La Direction générale des finances publiques a déclenché vendredi 25 septembre le prélèvement du solde de l'impôt sur le revenu 2025 pour environ 13,8 millions de contribuables, insuffisamment prélevés à la source l'an dernier sur leurs salaires, pensions, acomptes d'indépendants ou revenus locatifs. Le montant moyen réclamé s'élève à 1 798 euros ; en dessous de 300 euros, il part en un seul prélèvement, au-delà il est étalé en quatre fois, les 25 septembre, 26 octobre, 26 novembre et 28 décembre. Sur les relevés bancaires, l'opération apparaît sous le libellé « DIRECTION GENERALE DES FINANCES PUBLIQUES — SOLDE IMPOT REVENUS 2025 », un intitulé que Bercy prend soin de préciser pour éviter toute confusion avec une fraude bancaire.
Voilà un rituel d'automne qui mérite qu'on s'y arrête plus que ne le fait, chaque année, la presse spécialisée : le prélèvement à la source, vendu en 2019 comme la fin des mauvaises surprises fiscales, produit toujours, huit ans plus tard, une facture de rattrapage pour près d'un contribuable sur quatre. Ce n'est pas un défaut de tuyauterie administrative, c'est la conséquence logique d'un impôt calculé sur des revenus réels et prélevé sur des taux provisoires : l'écart entre l'un et l'autre ne disparaîtra jamais, quel que soit le degré de sophistication de l'algorithme de Bercy. On notera aussi, avec un mélange d'agacement et d'admiration technique, l'aisance avec laquelle l'État sait désormais prélever directement sur un compte bancaire une somme dont il a lui-même fixé le montant, sans qu'aucune signature ni aucun geste du contribuable ne soit requis : ce degré d'automaticité, qu'aucune entreprise privée n'oserait s'arroger sur les comptes de ses clients sans mandat explicite, est devenu si banal qu'il ne fait plus débat. Un État qui prélève sans friction devrait, en toute logique, dépenser avec la même rigueur ; ce n'est hélas pas la partie du mécanisme qui a été automatisée.
Sources : MoneyVox, 24 septembre 2026 ; Direction générale des finances publiques, communiqué du 25 septembre 2026.
Dans sa note de conjoncture, l'Insee révise à la hausse sa prévision de chômage pour la fin de l'année 2026, à 8,6 % de la population active, contre un taux déjà repassé au-dessus de 8 % en début d'année pour la première fois depuis cinq ans. L'institut relie cette dégradation au ralentissement de l'activité et prévient qu'elle pèsera également sur la progression des salaires, l'atonie du marché du travail limitant la capacité des employeurs comme des salariés à négocier des hausses. La détérioration est continue depuis le premier trimestre, où le taux avait déjà progressé de 0,2 point pour atteindre 8,1 %, confirmé à 8,3 % au deuxième trimestre selon les dernières statistiques localisées de l'institut.
Un chômage qui remonte pendant que l'inflation accélère et que les taux d'emprunt grimpent compose un cocktail que la macroéconomie appelle, faute de mieux, une stagflation modérée, et qu'aucun discours gouvernemental ne qualifiera jamais ainsi tant que le mot n'aura pas été prononcé par l'opposition. La cause n'est pas mystérieuse : un marché du travail français toujours corseté par un coût du travail parmi les plus élevés d'Europe et une flexibilité contractuelle en berne dès qu'un employeur anticipe le moindre trou d'air, se rigidifie précisément au moment où il faudrait pouvoir ajuster les effectifs à la baisse de la demande sans provoquer de faillites en cascade. Un marché du travail plus souple n'empêcherait pas la remontée du chômage en période de ralentissement, mais il en limiterait l'ampleur et surtout la durée, en permettant aux entreprises d'embaucher de nouveau dès les premiers signes de reprise sans craindre le coût irréversible d'un recrutement raté.
Sources : Insee, note de conjoncture, citée par Boursorama, 10 septembre 2026 ; Insee, Informations rapides n° 192, 2ᵉ trimestre 2026.
Selon l'estimation provisoire de l'Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an en août 2026, contre 2,1 % en juillet et 2,2 % en avril, confirmant une accélération continue depuis le printemps. L'institut attribue cette poussée « essentiellement à l'accélération des prix de l'énergie, principalement ceux des produits pétroliers », à laquelle s'ajoute un léger raffermissement des prix alimentaires, partiellement compensé par un ralentissement des prix des services. Sur un mois, les prix ont progressé de 0,7 %, contre 0,6 % en juillet, sous l'effet du rebond saisonnier habituel de l'habillement après les soldes d'été et du renchérissement de l'énergie.
Deux points d'inflation supplémentaires en quatre mois ne sont pas une anomalie statistique, c'est la trace comptable exacte de ce que ces colonnes documentent depuis des semaines : un baril qui reste cher, un gaz de gros qui met deux mois à se répercuter sur la facture, un dix ans qui grimpe et renchérit le coût du crédit pour tout le monde, de l'État jusqu'au ménage qui refinance son prêt immobilier. La Banque centrale européenne, qui vient de relever ses taux directeurs à 2,5 % pour contenir précisément ce risque, se retrouve prise entre une inflation qui remonte et une croissance qui s'essouffle, l'équation la plus inconfortable qui soit pour un banquier central. On rappellera, une fois de plus, que l'inflation n'est jamais un phénomène venu de nulle part : elle est le miroir d'un choc d'offre énergétique conjugué à des finances publiques qui, en empruntant toujours plus cher, alimentent elles-mêmes la pression sur les taux qui finit par se répercuter sur les prix de tout ce qui se transporte, se chauffe ou s'éclaire.
Sources : Insee, Informations rapides n° 215, 25 septembre 2026.
Le marché immobilier francilien confirme son redressement : 31 750 logements anciens ont changé de mains au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 10 % sur un an (+11 % pour les appartements, +8 % pour les maisons), selon les Notaires du Grand Paris. Les prix, eux, ne suivent pas : l'appartement ancien recule de 0,3 % sur un an à 6 130 €/m² en moyenne régionale (Paris intra-muros progresse légèrement, à 9 560 €/m², +0,6 %), et la maison perd 1,5 % à 320 000 € en moyenne. Le rebond est très inégal selon les territoires : Paris affiche une remontée spectaculaire de 20 % des ventes, quand la grande couronne plafonne à 4 %. Les notaires eux-mêmes qualifient la reprise de « réelle mais encore fragile », en particulier parce qu'une remontée des taux de crédit immobilier pourrait « de nouveau freiner la dynamique ».
Ce découplage entre volumes en hausse et prix stables raconte une histoire simple : ce ne sont pas les prix qui ont rendu les logements plus abordables, ce sont les taux qui ont cessé, pendant quelques mois, d'empirer, et les acheteurs qui avaient différé leur projet depuis deux ou trois ans qui se décident enfin, souvent dans l'urgence de profiter d'une fenêtre qu'ils savent étroite. La prudence des notaires n'est pas de la pusillanimité professionnelle : elle reflète une lecture correcte du mécanisme qu'on décrivait plus haut à propos du crédit immobilier, un dix ans français qui recommence à grimper et qui se répercutera, comme toujours avec quelques semaines de retard, sur les barèmes bancaires. Un marché qui ne se redresse que parce que les taux ont fait une pause n'est pas un marché qui se redresse ; c'est un marché qui attend, la respiration courte, le prochain mouvement de l'Agence France Trésor.
Sources : MySweetImmo, 8 septembre 2026 ; Notaires du Grand Paris, conjoncture du 2ᵉ trimestre 2026.
Les indices américains ont terminé vendredi en territoire positif : le Dow Jones a gagné 441,58 points (+0,86 %), le S&P 500 0,53 % et le Nasdaq 0,63 %, tandis que le rendement du bon du Trésor à dix ans grimpait à 5,2 %, un niveau plus vu depuis la crise financière de 2008 — Rick Rieder, de BlackRock, qualifiant la situation de « pas une crise, mais un signal d'alerte ». Le brut a reculé, le WTI à 94 dollars et le Brent proche de 99 dollars, sur fond d'espoir diplomatique : le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a annoncé que Téhéran a soumis à Washington un plan de réouverture du détroit d'Ormuz en sept jours, à condition d'un arrêt permanent des hostilités sur tous les fronts (Yémen compris), du déblocage de 100 à 123 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés et de la levée des sanctions économiques — des conditions qu'Araghchi présente comme un simple rappel de l'accord déjà conclu en juin entre Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian. Un cinquième du transport mondial d'hydrocarbures dépend de ce détroit.
Que Wall Street monte sur la simple promesse iranienne d'un délai de sept jours, après plusieurs cycles de négociations qui ont toutes échoué jusqu'ici, en dit long sur l'appétit du marché pour la moindre bonne nouvelle géopolitique : ce n'est pas un accord qui a fait grimper les indices vendredi, c'est l'espoir d'un accord, ce qui n'est pas tout à fait la même chose et ce que les traders, mieux que quiconque, savent parfaitement. Le vrai signal de la séance est ailleurs, dans ce dix ans à 5,2 % que même une baisse du pétrole ne parvient plus à faire refluer : la prime de risque que les marchés exigent désormais pour prêter à dix ans à la première économie du monde ne dépend plus seulement du prix du baril, elle intègre une défiance plus large sur la trajectoire budgétaire américaine, que ni Ormuz ni Pékin ne suffiront à dissiper.
Sources : Yahoo Finance, 25 septembre 2026 ; Noovo.info, 25 septembre 2026 ; Boursorama, 25 septembre 2026.
Reçu en grande pompe à la Maison Blanche, Xi Jinping en repart avec un résultat modeste : la trêve commerciale sino-américaine n'est reconduite que pour deux mois, jusqu'en janvier 2027, sans avancée substantielle sur les dossiers de fond. L'accord de Busan d'octobre 2025 n'aurait été que partiellement respecté par Pékin, qui n'a pas tenu ses engagements d'achats agricoles ni ses quotas d'exportation de terres rares. Sur Taïwan, Xi a demandé à Trump de s'opposer formellement à l'indépendance de l'île, sans succès ; sur l'intelligence artificielle, les deux capitales restent sur des lignes opposées, Washington protectionniste et Pékin régulateur ; sur l'Iran, Pékin résiste aux pressions américaines pour peser sur Téhéran, ce qui n'a pas empêché Donald Trump d'évoquer, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, des discussions américano-iraniennes sur Ormuz. Élus républicains comme démocrates ont exprimé leur scepticisme face au faste du dîner d'État et à la maigreur des résultats obtenus.
Deux mois de trêve, cela ne s'appelle pas la paix commerciale, cela s'appelle un armistice qu'aucun des deux camps n'a intérêt à rompre avant d'y être contraint, et la durée choisie, la plus courte de toutes celles négociées depuis un an, est en elle-même un message : ni Washington ni Pékin ne fait plus confiance à la parole de l'autre au-delà de quelques semaines. Que la Chine n'ait pas tenu les engagements agricoles et miniers pris à Busan ne devrait surprendre personne : un régime qui contrôle ses exportations de terres rares comme une arme diplomatique n'a structurellement aucun intérêt à s'en priver pour honorer un communiqué, quel que soit le protocole déployé pour la visite de son chef d'État. Le vrai coût de cette incertitude permanente ne se lit pas dans les tarifs douaniers eux-mêmes, mais dans les décisions d'investissement que les entreprises des deux pays reportent, mois après mois, faute de savoir sur quelles règles elles pourront compter au-delà de janvier.
Sources : Challenges.tn, 25 septembre 2026 ; CNBC, 25 septembre 2026.