La Lettre Libérale — Économie, liberté, lucidité

Édition #111 — Samedi 30 mai 2026
À New York, Wall Street a refermé vendredi un mois de mai hors norme — S&P 500 à 7 581 points (+0,2 %), Dow Jones franchissant le seuil des 51 000 points à 51 032 (+0,72 %) et Nasdaq Composite passant la barre des 27 000 (+2,5 % sur la semaine et +9,5 % sur le mois) —, séquence où l'engouement persistant pour l'intelligence artificielle, porté par les résultats trimestriels de Nvidia (bénéfice net de 58,3 milliards de dollars, en hausse de 211 % sur un an), a éclipsé l'inquiétude inflationniste ravivée par un PCE américain à 3,8 % sur un an en avril, plus haut niveau observé depuis trois ans ; à Washington, le premier rapport d'inflation publié sous la présidence de Kevin Warsh a verrouillé l'écartement de toute baisse de taux à court terme, les opérateurs assignant désormais une probabilité supérieure à 95 % au statu quo lors du FOMC de juin ; sur les marchés à terme, le Brent a clôturé vendredi sous 91 dollars le baril, en repli supplémentaire à mesure que se précisait un accord-cadre américano-iranien de soixante jours prévoyant la réouverture du détroit d'Ormuz et le déminage des eaux iraniennes ; à Paris, le CAC 40 a refermé la semaine à 8 183 points, en léger repli sur la séance (-0,07 %) mais en gain mensuel sensible, tandis que l'INSEE confirmait une inflation française à 2,2 % sur un an en avril, portée presque exclusivement par la composante énergétique (+14,2 %) ; à Bercy enfin, l'Unédic a révisé son scénario de chômage à 8,0 % de la population active fin 2026 et l'IFRAP a confirmé que le budget 2027 s'annonce « impossible à boucler » en l'absence de recettes exceptionnelles, configuration où l'arithmétique électorale et l'arithmétique budgétaire s'apprêtent à entrer en collision frontale.

1Wall Street : un mois de mai hors norme, le Nasdaq gagne 9,5 % et franchit les 27 000 points

Wall Street a refermé vendredi un mois de mai exceptionnel — S&P 500 à 7 581,46 points en clôture (+0,2 % sur la séance), Dow Jones franchissant pour la première fois le seuil des 51 000 points à 51 032 (+0,72 %), Nasdaq Composite passant la barre symbolique des 27 000 (+2,5 % sur la semaine et +9,5 % sur le mois) —, séquence où la conjonction d'un optimisme renouvelé sur l'intelligence artificielle et d'un reflux du brut a éclipsé l'inquiétude inflationniste pourtant ravivée par les chiffres du PCE. BFM Bourse documente l'ampleur du rallye : le Nasdaq affiche un gain mensuel de 9,5 %, séquence la plus vigoureuse observée sur la place new-yorkaise depuis l'élan d'après-pandémie, portée par les capitalisations technologiques de premier rang. Boursorama confirme la hiérarchie des moteurs : Nvidia, dont le bénéfice trimestriel a triplé, et la dissipation graduelle du risque géopolitique iranien ont l'un et l'autre alimenté la rotation vers les valeurs cycliques et technologiques, séquence où l'aversion au risque s'est nettement détendue. La séquence inscrit le rallye new-yorkais dans une configuration où l'enthousiasme structurel pour l'intelligence artificielle absorbe pour l'heure toute alerte conjoncturelle.

La séquence appelle, par-delà l'euphorie des cotations, une lecture plus sobre. Un Nasdaq qui gagne 9,5 % en un mois pendant que le PCE confirme une inflation à 3,8 % et que la Réserve fédérale écarte toute baisse de taux n'est pas, en soi, une anomalie de marché : c'est le rappel que les valorisations boursières épousent moins les fondamentaux de court terme que les anticipations de profits à dix ans des grands champions technologiques. Joseph Schumpeter, dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942), avait formulé la grille décisive : l'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et les nouvelles formes d'organisation industrielle créées par l'initiative privée. L'intelligence artificielle générative, et plus encore son extension agentique évoquée par Jensen Huang, constituent exactement le type de bouleversement schumpétérien que les marchés financiers détectent et capitalisent. La conclusion pour l'observateur lucide est qu'un rallye boursier n'est ni un mensonge ni une vérité absolue, mais le verdict provisoire d'une foule informée parlant à voix haute de l'avenir.

Sources : BFM Bourse (Wall Street : fin en apothéose d'un mois de mai hors norme), Boursorama (Une semaine sur les marchés : le recap du 25 au 29 mai)

2Nvidia : 58,3 milliards de bénéfice net, le baromètre mondial de l'IA accélère encore

Nvidia a publié mercredi soir des résultats trimestriels très supérieurs aux attentes — bénéfice net de 58,3 milliards de dollars sur le premier trimestre de son exercice décalé (de fin janvier à fin avril), en hausse de 211 % sur un an, bénéfice par action hors éléments exceptionnels à 1,87 dollar contre 1,75 attendu par le consensus —, configuration où Jensen Huang a évoqué une accélération « à une vitesse extraordinaire » des projets d'infrastructures déployés pour répondre à la demande d'intelligence artificielle. Boursorama documente la performance : le groupe de Santa Clara demeure le principal fournisseur mondial des puces utilisées pour entraîner les modèles d'OpenAI, Microsoft, Meta et Amazon, ses résultats fonctionnant désormais comme baromètre mondial de la dynamique de l'intelligence artificielle. France Épargne souligne le tournant identifié par Jensen Huang : l'avènement des agents IA — interfaces autonomes capables d'exécuter seules des tâches complexes — constitue désormais la prochaine vague de création de valeur, déjà déployée rapidement dans les grandes entreprises. La séquence inscrit la trajectoire de Nvidia dans une configuration où la concentration des profits mondiaux autour d'un nombre restreint de capitalisations technologiques se confirme spectaculairement.

La séquence soulève une question structurelle que la liesse boursière esquive trop vite. Qu'une seule entreprise puisse afficher un bénéfice net trimestriel supérieur au budget annuel de l'Éducation nationale française n'est pas un scandale, mais c'est un marqueur. Friedrich Hayek, dans La Route de la servitude (1944), avait expliqué que le marché libre, loin de niveler les destins, tend au contraire à récompenser massivement les rares acteurs capables d'identifier un besoin réel avant les autres et de mobiliser le capital pour y répondre. La concentration des profits autour de Nvidia, Microsoft, Apple, Alphabet, Amazon et Meta ne procède d'aucune connivence administrative : elle procède de la sélection darwinienne d'un capitalisme d'innovation où l'écart entre le gagnant et le second se mesure en ordres de grandeur. La conclusion pour l'observateur lucide est que cette asymétrie ne doit susciter ni jalousie ni indignation, mais une question proprement politique : pourquoi aucune entreprise européenne ne figure dans ce club des champions de l'âge numérique ?

Sources : Boursorama (Nvidia : résultats trimestriels encore supérieurs aux attentes), France Épargne (Nvidia Q1 FY27 : 78 milliards attendus, l'IA testée)

3PCE américain à 3,8 % : premier verdict d'inflation sous Kevin Warsh, baisses de taux écartées

L'indice des prix à la consommation des ménages (PCE), jauge privilégiée par la Réserve fédérale, a progressé de 0,4 % en avril aux États-Unis, portant l'inflation annuelle à 3,8 % — niveau le plus élevé observé depuis mai 2023, en accélération par rapport à 3,5 % en mars et 2,8 % en février —, configuration où le PCE sous-jacent, plus volatil mais plus structurel, s'établit à 3,3 % sur un an. CNBC documente la mesure : le PCE core ressort conforme aux attentes à 3,3 %, mais les composantes mensuelles indiquent une persistance des pressions sur les prix des biens importés et de l'énergie, dans un contexte de droits de douane élargis et de choc pétrolier durable. CBS News souligne la portée politique : il s'agit du premier rapport d'inflation publié sous la présidence de Kevin Warsh, intronisé le 22 mai à la Réserve fédérale, configuration où le nouveau président se voit imposer un cadrage factuel défavorable à toute concession précoce aux pressions de l'exécutif en faveur d'un assouplissement monétaire. RIS Media confirme que le marché écarte désormais toute baisse de taux à court terme, le nowcast de la Réserve fédérale de Cleveland anticipant pour mai un dépassement probable du seuil des 4 %. La séquence inscrit le verrouillage de la politique monétaire américaine dans une configuration où l'inflation importée par le canal énergétique se conjugue à la résilience persistante de la consommation des ménages.

La séquence éclaire la fonction démocratique d'une banque centrale indépendante. Kevin Warsh, longtemps présenté comme favorable à un assouplissement de la politique monétaire, découvre dans son premier rapport d'inflation l'épreuve à laquelle nul président de la Réserve fédérale n'échappe : la subordination des préférences personnelles à la rigueur des chiffres. Milton Friedman, dans Inflation et systèmes monétaires (1969), avait formulé l'avertissement décisif : l'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire, et la seule barrière efficace contre la tentation d'en relâcher l'arrêt est l'engagement institutionnel d'une autorité monétaire capable de résister à l'instant politique. Que Kevin Warsh acceptera ou non cette discipline déterminera la crédibilité du dollar pour la décennie à venir. La conclusion pour l'observateur lucide est qu'une banque centrale n'est jamais aussi utile que lorsqu'elle déçoit le pouvoir politique qui l'a nommée.

Sources : CNBC (Core inflation at 3.3 % in April, Fed's preferred gauge), CBS News (First inflation report under Kevin Warsh), RIS Media (PCE Report : Rate cuts less likely)

4Pétrole : le Brent sous 91 dollars, l'accord-cadre américano-iranien prend forme

Le Brent a clôturé vendredi à 91,70 dollars le baril (-1,08 % sur la séance), dans le sillage d'une nouvelle séquence de désescalade entre Washington et Téhéran, configuration où le brut de référence européen a effacé plus de vingt-cinq dollars depuis son pic de mi-mai à 119 dollars, soit une compression de la prime géopolitique d'un peu plus de 23 % en quinze jours. Trading Economics documente le repli : les contrats à terme sont tombés sous 91 dollars vendredi après que des rapports ont indiqué que les États-Unis et l'Iran avaient convenu provisoirement de prolonger leur cessez-le-feu de soixante jours et d'autoriser éventuellement une navigation sans restriction à travers le détroit d'Ormuz. Axios documente l'architecture de l'accord-cadre : pendant cette période de soixante jours, le détroit d'Ormuz serait ouvert sans péage, Téhéran s'engagerait à déminer les eaux iraniennes, Washington lèverait son blocus des ports iraniens et accorderait certaines dérogations aux sanctions permettant à l'Iran de vendre son pétrole librement. Le Soufan Center précise que le mémorandum d'entente inclut l'engagement iranien de ne jamais poursuivre la fabrication d'armes nucléaires et de négocier la suspension du programme d'enrichissement d'uranium, Téhéran cherchant néanmoins à différer ces volets nucléaires jusqu'à la cessation formelle des hostilités. La séquence inscrit la désescalade dans une configuration où le principe « relief for performance » formulé par Donald Trump conditionne chaque concession américaine à un acte vérifiable de la partie iranienne.

La séquence offre une démonstration limpide du fonctionnement d'une diplomatie marchande. Le passage du Brent de 119 à 91 dollars en quinze jours ne procède d'aucun décret, d'aucune incantation politique : il résulte de l'agrégation continue par les marchés d'un faisceau de signaux convergents — déclarations présidentielles, fuites diplomatiques, déminage symbolique, retours graduels du trafic maritime dans le détroit. Frédéric Bastiat, qui avait perçu plus tôt que tout autre la profondeur du libre-échange pacificateur, avait formulé l'aphorisme décisif : là où les marchandises ne passent pas, les armées passent. La logique inverse vaut aussi : à mesure que se rétablit la libre circulation des biens, l'argument de la guerre s'évanouit. La conclusion pour l'observateur lucide est que le meilleur instrument de paix au Moyen-Orient demeure, comme depuis deux siècles, la reconstitution effective des flux commerciaux — non l'incantation diplomatique ni la pression militaire isolée.

Sources : Trading Economics (Pétrole brut Brent — prix et données), Axios (What's inside the Iran deal Trump is close to signing), The Soufan Center (U.S. and Iran Close in on a Framework Accord)

5France : inflation à 2,2 % en avril, mais le choc énergétique masque un noyau toujours modéré

L'INSEE a confirmé que les prix à la consommation ont progressé de 1,0 % sur le mois et de 2,2 % sur un an en avril 2026, configuration où l'accélération annuelle résulte presque exclusivement de la composante énergétique (+14,2 % sur un an après +7,4 % en mars, sous l'effet de la flambée des produits pétroliers liée au choc iranien) tandis que l'inflation sous-jacente — hors énergie et alimentation — demeure ancrée à 1,3 %. L'INSEE documente la mécanique du choc : la contribution de l'énergie à l'inflation totale s'établit désormais à un niveau de premier ordre, écartant la France du sentier de désinflation amorcé en 2025 et compliquant le pilotage budgétaire. FranceTransactions précise la transmission à la dette souveraine : le rendement de l'OAT à dix ans s'est tendu à 3,72 %, niveau pénalisant tant pour les emprunteurs hypothécaires que pour le Trésor, configuration où le surcoût de financement vient lourdement amputer les marges du budget 2027. La séquence inscrit l'épisode inflationniste français dans une configuration où la divergence entre inflation totale (importée) et inflation sous-jacente (modérée) impose au pilotage monétaire de la BCE un arbitrage d'une délicatesse renouvelée.

La séquence appelle une lecture proprement libérale du phénomène inflationniste actuel. L'inflation française à 2,2 % portée par l'énergie n'est pas un dérèglement monétaire : c'est la transcription comptable d'une hausse de prix relatifs imposée par la rareté physique du brut. Lorsque le PCE américain monte à 3,8 % par le même canal, les deux phénomènes signalent la même chose — un transfert de pouvoir d'achat des consommateurs vers les producteurs d'énergie, médiatisé par des marchés qui ajustent en temps réel. Vouloir corriger ce transfert par un bouclier tarifaire ou un blocage administratif des prix revient à occulter le signal, sans en supprimer la cause. Henry Hazlitt, dans L'Économie politique en une leçon (1946), avait formulé l'avertissement classique : tout dispositif de contrôle des prix substitue à la rationalité du marché l'arbitraire d'une administration condamnée à la pénurie organisée. La conclusion pour l'observateur lucide est que la meilleure protection du pouvoir d'achat des Français ne réside ni dans le bouclier énergétique reconduit, ni dans le chèque carburant ressuscité, mais dans la sortie effective de la dépendance fossile importée — chantier que les querelles partisanes successives ont durablement repoussé.

Sources : INSEE (Indice des prix à la consommation — avril 2026), FranceTransactions (Taux d'intérêt — mai 2026)

6Budget 2027 : l'Unédic prévoit un chômage à 8 %, l'IFRAP juge l'exercice « impossible à boucler »

L'Unédic a révisé son scénario de prévisions de mai 2026 et anticipe désormais une remontée du taux de chômage à 7,6 % de la population active fin 2025 puis à 8,0 % fin 2026, avant un reflux limité à 7,7 % fin 2027 — séquence où le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés stagnerait autour de 2,6 millions sur l'ensemble de la période. Club Patrimoine documente la trajectoire de l'Unédic : la dégradation procède essentiellement de la conjonction du ralentissement de l'activité, des effets retardés du choc énergétique et de la révision à la baisse des perspectives de croissance pour 2026. La Fondation IFRAP confirme par ailleurs que le déficit public français sera plus proche de 5,4 % du PIB que des 5,1 % anticipés par Bercy, soit environ 165 milliards d'euros, la dérive procédant exclusivement du dynamisme insuffisamment maîtrisé de la dépense publique. L'IFRAP juge enfin que le budget 2027 s'annonce « impossible à boucler » en l'absence des recettes exceptionnelles qui ont temporairement masqué la dégradation structurelle en 2025-2026, configuration où le déficit pourrait s'approcher de 6 % du PIB en année présidentielle. La séquence inscrit la crise budgétaire française dans une configuration où la convergence simultanée de la conjoncture défavorable et de l'épuisement des artifices comptables expose désormais la nudité du problème de fond.

La séquence dévoile, par-delà les chiffres, une logique politique cruelle. L'imminence d'une présidentielle ne suspend pas l'arithmétique budgétaire ; elle l'aggrave, en privant les exécutifs successifs du moindre instrument crédible d'ajustement. Frédéric Bastiat, dans La Loi (1850), avait formulé la mise en garde décisive : lorsque l'État finit par se confondre avec une « grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde », il s'expose mécaniquement à l'épuisement, car la dépense substituée à la production ne crée jamais la richesse qu'elle redistribue. Le chômage à 8 % de l'Unédic et le déficit à 5,4 % de l'IFRAP disent la même vérité élémentaire : la prospérité française ne reviendra ni par la consommation publique additionnelle, ni par la transition fiscale différée, mais par le rétablissement préalable des conditions de l'investissement productif — flexibilité du marché du travail, allègement durable des prélèvements obligatoires, simplification du droit applicable aux entreprises. La conclusion pour l'observateur lucide est que la présidentielle 2027, si elle est conçue comme un exercice de promesses, ne fera qu'accroître le fardeau ; si elle est conçue comme un moment de vérité, elle peut au contraire enfin rendre possible le redressement.

Sources : Club Patrimoine (Chômage et activité en France en 2026), Fondation IFRAP (Déficit 2026 supérieur à 5 %), Fondation IFRAP (2026 : incertitudes économiques, statu quo budgétaire)

Le chiffre du jour
+9,5 %
Neuf et demi pour cent : c'est la performance mensuelle du Nasdaq Composite sur mai 2026, séquence à l'issue de laquelle l'indice technologique de Wall Street a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 27 000 points. Pour situer la donnée, il faut rappeler qu'un gain mensuel à deux chiffres sur un indice de cette taille demeure rare — il signale une réévaluation rapide et massive des anticipations de profits futurs concentrées sur les capitalisations technologiques. La conjonction d'un Nvidia annonçant un bénéfice trimestriel multiplié par trois, d'un reflux du brut de 25 % en quinze jours et d'un PCE américain dont l'accélération s'inscrit dans une trajectoire désormais lisible suffit à justifier la rotation. La leçon structurelle pour l'observateur lucide est que les marchés financiers, malgré toutes leurs imperfections, demeurent l'instrument le plus exigeant et le plus impitoyable de mesure du progrès technique : aucune politique industrielle européenne, aucune subvention ciblée, aucun grand plan ne saurait reproduire la sélection darwinienne par laquelle un capitalisme d'innovation décide chaque jour, séance après séance, de qui mérite encore d'attirer le capital — et de qui ne le mérite plus.
La citation du jour
« L'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle — tous éléments créés par l'initiative capitaliste. »
— Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie (1942)
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