« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman

L³ · Édition #064 · Lundi 6 avril 2026
Déficit à 5,1 % : « bonne surprise » ou bonne blague ? L'État pompe 50 % du prix à la pompe, la Cour suprême américaine enterre les tarifs Trump, la BCE temporise, l'immobilier frémit.

1Déficit public : 5,1 % du PIB en 2025 — champagne ou honte nationale ?

L'INSEE a confirmé fin mars : le déficit public français s'est établi à 5,1 % du PIB en 2025, mieux que les 5,4 % anticipés. Le ministre des Comptes publics David Amiel pavoise : « les efforts paient ». Petit bémol : la moyenne de la zone euro tourne autour de 3 %. La France reste lanterne rouge budgétaire parmi les grandes économies. L'objectif pour 2026 ? Passer « sous les 5 % ». Autrement dit, dépenser légèrement moins que l'abîme. Pas de cagnotte, mais beaucoup de culot.

(Les Échos, Boursorama, INSEE)

2Carburant : l'État plein les poches, les automobilistes à sec

La controverse enfle ce lundi : les taxes représentent environ 50 % du prix à la pompe — accise (60,8 cts/litre pour le gazole) plus TVA à 20 %. En 2026, les Certificats d'économie d'énergie ont encore alourdi la note de 5 à 6 centimes supplémentaires par litre. Le gouvernement, fidèle à sa tradition, opte pour la rigueur budgétaire... côté contribuable. Côté recettes fiscales, on encaisse sans broncher. Le RN crie au scandale. Le gouvernement répond « il n'y a pas de cagnotte ». Les automobilistes, eux, ont fait leurs comptes.

(France Bleu, 40 Millions d'automobilistes, Vie-publique.fr)

3Tarifs Trump IEEPA : la Cour suprême dit non, le commerce mondial respire

Retour sur un séisme juridique passé presque inaperçu : le 20 février 2026, la Cour suprême américaine a déclaré illégaux les tarifs IEEPA de Trump par 6 voix contre 3. La loi de 1977 sur les pouvoirs économiques d'urgence ne permettait pas au président d'imposer unilatéralement des droits de douane généralisés. Résultat : des milliards de dollars potentiellement remboursables aux importateurs. Un an après le « Liberation Day » d'avril 2025, le protectionnisme trumpiste s'effondre devant les tribunaux — même si les effets économiques, eux, perdurent. Leçon libérale : le droit finit toujours par rattraper l'arbitraire.

(Le Devoir, Le Grand Continent, Tax Foundation)

4BCE : le statu quo comme horizon indéfini

La Banque centrale européenne maintient ses taux inchangés depuis juin 2025 : taux de refinancement à 2,15 %, taux de dépôt à 2,00 %. La prochaine réunion est fixée au 22 avril, et les marchés n'attendent aucune surprise. L'inflation se stabilise autour de 2 %, l'économie européenne résiste « dans un environnement difficile » — formule diplomatique pour dire que ça ne brille pas. En attendant, les épargnants voient leurs livrets rémunérés à des taux qui restent décents, et les emprunteurs immobiliers commencent à souffler. La BCE, elle, attend de voir.

(Raisin, BCE, France-Epargne.fr)

5Immobilier : le marché se remet doucement de la gueule de bois

Après deux années de crise, les taux de crédit immobilier poursuivent leur lente descente : entre 3,20 % et 3,40 % sur 20 ans en mars 2026, selon le profil emprunteur. Les acheteurs reviennent prudemment sur le marché, les prix se stabilisent dans les grandes villes. La baisse des taux BCE y est pour beaucoup. Un signal positif — enfin — pour le secteur. Rappelons que le logement représente environ 6 % du PIB français. Quand la pierre respire, l'économie suit. Quand l'État la surréglemente, elle étouffe.

(Ouest-France, Pretto, Meilleurtaux)

6Un an de guerre commerciale : bilan d'un protectionnisme qui a coûté cher

Le 2 avril 2025, Trump lançait son « Liberation Day » de tarifs douaniers. Un an après, le bilan est ambigu au mieux, désastreux au pire : batailles judiciaires interminables, incertitude pour les entreprises, perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales. La Tax Foundation estime le taux effectif moyen de tarification à 5,6 % en 2026 — le plus élevé depuis 1972. Les consommateurs américains ont payé la note. Le libre-échange, lui, a pris des coups. Mais il a survécu. Il survit toujours.

(National Today, CNBC, Tax Foundation)

50 %
Part de l'État dans le prix d'un litre de carburant à la pompe — taxes et TVA comprises

La citation du jour
« L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »
— Frédéric Bastiat, L'État (1848)
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