« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Édition #225 · Dimanche 8 novembre 2026
Dimanche de l'unanimité négative : l'Assemblée rejette les recettes du budget 2027 par 458 voix contre 0, le Sénat, le 49.3 ou l'ordonnance du 17 décembre attendent la suite, les défaillances d'entreprises battent des records, et le baril réagit désormais aux élections américaines.

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Budget 2027 : l'Assemblée rejette les recettes par 458 voix contre 0

Selon LCP, l'Assemblée nationale a rejeté mercredi 4 novembre la partie « recettes » du projet de loi de finances pour 2027 par 458 voix contre, aucune pour. Faute d'adoption de cette première partie, la seconde, celle des dépenses, n'a pas été examinée et le texte initial du gouvernement part au Sénat. Le ministre David Amiel affirme que le texte, tel qu'il aurait été adopté, aurait dégradé le solde de 20,7 milliards d'euros pour porter le déficit à 177,1 milliards, soit 5,9 % du PIB au lieu de 5 % ; la gauche conteste ce chiffrage.

Il faut une certaine virtuosité pour que 458 députés s'accordent sur un seul point : refuser. La seule unanimité que produit l'Assemblée est négative, et pour cause : chacun veut la dépense de son voisin supprimée, la sienne sanctuarisée. Bastiat avait décrit ce théâtre il y a cent soixante-dix ans ; il n'a pas changé de distribution.

Sources : LCP (4-5 novembre 2026). Le chiffrage de 177,1 milliards est celui du ministre et fait l'objet d'une contestation à gauche.

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49.3, ordonnance ou compromis : la mécanique qui s'annonce

D'après LCP, la suite passe par l'examen au Sénat puis une tentative de conciliation ; le Premier ministre pourrait recourir à l'article 49.3, au risque d'une motion de censure, ou le budget pourrait être mis en œuvre par ordonnance si le Parlement n'a pas terminé à l'échéance des 70 jours, fixée au 17 décembre à minuit. Economie Matin évoque pour sa part un examen au Sénat à partir du 20 novembre, alors que notre édition d'hier mentionnait une période du 9 au 17 novembre issue d'un intitulé de Public Sénat : le calendrier exact reste donc à confirmer.

Ainsi, faute de majorité pour voter l'impôt, on pourrait s'en passer pour voter le budget : l'ordonnance, c'est le consentement à l'impôt, principe fondateur de 1789, mis entre parenthèses par un calendrier. Le libéral n'y verra pas un drame mais un symptôme : quand le Parlement ne sait plus choisir, l'exécutif choisit à sa place, et la dépense continue.

Sources : LCP (5 novembre 2026) ; Economie Matin (5 novembre 2026), site qui avance en outre des éléments non sourcés que nous ne reprenons pas.

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Défaillances : 37 700 entreprises devant le tribunal de commerce au premier semestre

Selon le Journal du Net, citant Altarès, 37 700 entreprises ont demandé l'ouverture d'une procédure au premier semestre 2026, soit 1 500 de plus qu'un an plus tôt, après un record de 69 957 défaillances en 2025. Les liquidations représentent environ les deux tiers des cas, et les entreprises de moins de trois salariés environ les trois quarts. Le secteur de la construction est le premier touché avec 4 186 cas au deuxième trimestre, les services aux entreprises progressent de 13,9 %. La Banque de France attribue ce niveau à une succession de chocs : guerres, prix de l'énergie et des matières premières, droits de douane.

Derrière chaque ligne de ce tableau, un patron qui a signé des cautions personnelles et des salariés qui cherchent autre chose. L'État, lui, ne dépose jamais le bilan : il empile les charges sur ceux qui le peuvent encore. Le paradoxe français est là : on protège l'emploi par la norme, et on le détruit par le coût.

Sources : Journal du Net (16 juillet 2026), d'après Altarès et la Banque de France. Données du premier semestre ; pas de chiffre plus récent consulté.

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Plus de 71 000 faillites sur douze mois : le record qui dépasse 2009

D'après le Journal de l'économie (14 avril 2026), les défaillances ont atteint 71 100 sur douze mois, un niveau supérieur au pic de la crise financière de 2009 selon l'article, qui cite Thierry Millon d'Altarès : plus de 300 dirigeants par jour ouvré se présentent devant un tribunal. Plus de 75 000 emplois seraient menacés, et les très petites entreprises pèsent pour trois quarts des procédures collectives du premier trimestre.

On aime citer 2009 pour les banques ; on l'oublie pour les boulangers. Une crise de la petite entreprise ne fait pas la une, faute de chaîne de télévision en continu dans les arrière-boutiques. Elle s'inscrit pourtant dans les comptes de la nation, longtemps après qu'on a cessé d'en parler.

Sources : Journal de l'économie (14 avril 2026), d'après Altarès. Chiffre ancien de sept mois, donné ici comme repère.

5
Pétrole : les élections américaines, nouveau prix de marché

Selon Asharq Al-Awsat (Reuters), les démocrates ont remporté les deux chambres du Congrès aux élections de mi-mandat ; le mercredi 4 novembre, le Brent restait à 104,42 dollars le baril (+0,8 %) et le WTI à 96,59 dollars, les marchés guettant la suite de la guerre avec l'Iran, dans un contexte de médiation du Qatar et de frappes américaines limitées sur l'île de Qeshm. Notre édition d'hier relevait que le Brent était passé sous 100 dollars vendredi, à environ 97,7 dollars.

Le baril est devenu un sondage : il ne réagit plus au pétrole mais au Congrès. Du dimanche au vendredi, le prix du carburant dépend des intentions d'un président affaibli plus que des gisements. À qui voulait une preuve que la géopolitique est la première taxe, la voici.

Sources : Asharq Al-Awsat / Reuters (4 novembre 2026) ; Zonebourse / Reuters cité dans l'édition #224.

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Sécu : 12 milliards d'ajustement par an, selon la rapporteure du Sénat

Dans un article de Public Sénat du 4 septembre, Élisabeth Doineau (Union centriste), rapporteure générale de la commission des affaires sociales, chiffre à 12 milliards d'euros par an l'ajustement nécessaire pour la sécurité sociale, et rappelle que le gouvernement avait évoqué un doublement des franchises médicales avant de reculer. Gérard Larcher, lui, y affirmait que le Sénat « ne peut accepter » une hausse de la fiscalité.

Douze milliards par an, cela s'appelle une facture que l'on reporte. La sécurité sociale française est une assurance dont personne n'a le droit de relire le contrat, et dont tout le monde se plaint des primes. Le jour où l'on osera mettre la concurrence et la responsabilité dans le système, l'ajustement cessera d'être une punition.

Sources : Public Sénat (4 septembre 2026). Article antérieur au dépôt du projet de loi, donné ici pour son chiffrage.

Le chiffre du jour
458 – 0
C'est le score du rejet de la partie recettes du budget 2027 à l'Assemblée nationale, le 4 novembre 2026.
Source : LCP (4-5 novembre 2026).
La citation
« Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. »
— Montesquieu (1689-1755), De l'esprit des lois, livre XXIX (1748)

Trois lectures pour aujourd'hui