La Lettre Libérale — Économie, liberté, lucidité
L'Institut national de la statistique et des études économiques a publié les comptes nationaux des administrations publiques pour l'année 2025, dont la lecture détaillée constitue, par sa portée structurelle, le marqueur le plus instructif observé sur la trajectoire effective des finances publiques françaises à la veille de la séquence budgétaire de l'automne. L'INSEE documente la donnée centrale : le déficit public 2025 s'établit à 152,5 milliards d'euros, soit 5,1 % du produit intérieur brut, en repli apparent par rapport aux 5,8 % de 2024 et aux 5,4 % de 2023 — contraction dont la décomposition révèle toutefois qu'elle s'obtient principalement par l'accélération des recettes (+3,9 %, après +3,2 % en 2024) bien davantage que par une maîtrise effective de la dépense, laquelle continue de progresser de 2,5 % en euros courants ; le taux de prélèvements obligatoires s'établit ainsi à 43,6 % du PIB, en hausse sensible après 42,8 % en 2024, tandis que les impôts, avant déduction des crédits d'impôt, bondissent de 4,6 % (+38,7 milliards d'euros). L'institut précise par ailleurs la dynamique de l'endettement : la dette des administrations publiques au sens de Maastricht augmente de 154,4 milliards d'euros sur l'année pour s'établir à 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,6 % du PIB — en progression continue après 112,6 % fin 2024 et 109,5 % fin 2023, configuration où la trajectoire d'endettement public français, loin de marquer le moindre signe d'inflexion, poursuit son ascension structurelle indépendamment de la modeste amélioration faciale du solde annuel. La Fondation IFRAP rappelle l'ampleur du besoin de financement : 2026 constitue une année record pour les émissions de dette de l'État français, dont le poids des intérêts versés au service de la dette absorbe désormais une part croissante des recettes fiscales — configuration où la France emprunte structurellement pour financer non seulement ses investissements mais une part substantielle de ses dépenses de fonctionnement courantes. La publication INSEE inscrit ainsi la trajectoire budgétaire française dans une configuration où la résorption faciale du déficit, obtenue par l'alourdissement de la pression fiscale plutôt que par la discipline de la dépense, demeure structurellement incompatible avec toute stabilisation durable du ratio d'endettement.
La publication mérite, par sa portée doctrinale, une analyse qui transcende la lecture comptable de l'écart au solde de l'exercice précédent. Trois éléments composent une grille de lecture exigeante. Premièrement : la nature même de la contraction du déficit — obtenue par l'accélération des recettes (+3,9 %) et la hausse du taux de prélèvements obligatoires à 43,6 % du PIB, et non par une véritable maîtrise de la dépense publique — révèle, en termes d'économie politique appliquée, la persistance du biais structurel par lequel les démocraties représentatives modernes préfèrent invariablement l'alourdissement de la contrainte fiscale à la révision substantielle du périmètre de l'action publique. Deuxièmement : l'ascension continue du ratio d'endettement (115,6 % du PIB, soit une progression cumulée de plus de six points en deux exercices) acte structurellement l'épuisement du régime de financement par déficit prévalant depuis la décennie écoulée — configuration où le poids croissant des intérêts versés sur une dette de 3 460,5 milliards d'euros constitue désormais, en termes d'arithmétique budgétaire élémentaire, un facteur d'éviction des dépenses publiques effectivement productives. Troisièmement : la séquence configure l'une de ces situations instructives où la soutenabilité de la signature souveraine française dépendra mécaniquement, à l'horizon de la séquence budgétaire de l'automne, de la rigueur des arbitrages structurels effectivement consentis sur le périmètre de la dépense, et non de la seule amélioration faciale d'un solde annuel obtenu par la pression fiscale. Jean-Baptiste Say, dans son Traité d'économie politique (1803), avait formulé le principe général qui éclaire la séquence : le meilleur de tous les impôts est le plus modéré, car l'impôt qui excède la juste mesure tarit progressivement les sources mêmes de la production qu'il prétend taxer, et l'État qui croit s'enrichir en alourdissant indéfiniment la contrainte fiscale ne fait qu'appauvrir structurellement le corps social dont il vit. La conclusion pour l'observateur lucide est limpide : la modeste contraction du déficit français de 2025, obtenue par l'alourdissement de la pression fiscale plutôt que par la discipline de la dépense, ne saurait masquer la poursuite implacable de l'ascension du ratio d'endettement, dont l'amortissement éventuel imposera, à brève échéance, des arbitrages substantiellement plus contraignants que ceux portés jusqu'ici par les lois de finances successives.
Sources : INSEE (En 2025, le déficit public s'élève à 5,1 % du PIB, la dette publique à 115,6 % du PIB), Fondation IFRAP (2026 : année record pour les émissions de dette de la France)
La cinquième édition de la conférence internationale « No Money for Terror », consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme, s'est tenue ce mardi 19 mai au centre de conférences du ministère de l'Économie et des Finances à Bercy, dans le prolongement direct de la présidence française du G7, et s'est achevée en fin de journée sous la présidence d'Emmanuel Macron. CNews documente l'ampleur de la mobilisation : près de soixante États et une vingtaine d'organisations internationales étaient attendus pour renforcer la coopération mondiale contre le financement terroriste — séquence où la conférence, lancée pour la première fois à Paris par Emmanuel Macron en 2018, marque, huit ans après son édition inaugurale, le retour de cet enjeu au cœur de l'agenda diplomatique français. La Direction générale du Trésor précise les trois axes structurants des travaux : le détournement des innovations financières — cryptoactifs et certains outils numériques de plus en plus mobilisés pour financer les activités terroristes — au premier rang, puis les liens croissants entre terrorisme et criminalité organisée, et enfin le renforcement des stratégies visant à empêcher les organisations terroristes de tirer profit du contrôle territorial, tout en soutenant la réintégration financière des territoires récemment libérés de l'emprise de ces groupes. MAP Express confirme la tonalité de la clôture présidentielle : Emmanuel Macron a appelé au renforcement de la coopération internationale, configuration où la France entend articuler sa présidence du G7 et son agenda de sécurité financière autour d'une régulation accrue des actifs numériques. La conférence inscrit ainsi la lutte contre le financement du terrorisme dans une configuration où la tension entre l'impératif légitime de sécurité collective et la préservation de la liberté des innovations financières constitue désormais l'un des arbitrages structurants des démocraties occidentales.
La séquence mérite, par sa portée doctrinale, une analyse qui transcende la chronique des conférences diplomatiques rituelles. Trois éléments composent une grille de lecture exigeante. Premièrement : la centralité affichée des cryptoactifs dans la grille de lecture des autorités — configuration où l'innovation financière décentralisée est désormais appréhendée principalement sous l'angle du risque sécuritaire — révèle, en termes d'économie politique appliquée, la tentation persistante des États modernes d'étendre le périmètre de la surveillance financière au nom d'impératifs sécuritaires dont la légitimité même ne saurait dispenser d'un examen rigoureux des effets non observés sur la liberté des transactions licites. Deuxièmement : l'ampleur de la mobilisation multilatérale (soixante États, vingt organisations internationales) acte structurellement la maturité d'un régime international de traçabilité financière dont l'efficacité opérationnelle effective demeure néanmoins, en termes d'analyse des compromis multilatéraux, substantiellement conditionnée à la rigueur des dispositifs nationaux de mise en œuvre. Troisièmement : la séquence configure l'une de ces situations instructives où la défense légitime de la sécurité collective et la préservation des libertés économiques fondamentales appellent un arbitrage exigeant, dont la résolution ne saurait se réduire à l'extension indéfinie du contrôle administratif sur les instruments monétaires émergents. Friedrich Hayek, dans Pour une vraie concurrence des monnaies (1976), avait formulé le principe général qui éclaire la séquence : le monopole étatique de l'émission monétaire ne constitue ni une nécessité technique ni une garantie de stabilité, et l'innovation monétaire privée, loin d'être par nature suspecte, peut au contraire constituer un facteur de discipline et de concurrence salutaire face aux dérives inflationnistes des autorités publiques ; c'est précisément dans cette grammaire de la liberté monétaire que se révèle la nécessité d'un examen prudent avant toute extension du contrôle sur les actifs numériques. La conclusion pour l'observateur lucide est que la lutte légitime contre le financement du terrorisme, dont la nécessité ne fait aucun doute, gagnerait à se garder de la tentation d'une réglementation indifférenciée des innovations financières dont les effets collatéraux sur la liberté des transactions licites excèdent très largement le périmètre strictement sécuritaire visé.
Sources : CNews (« No Money for Terror » : 60 États se réunissent pour contrer le fléau du financement du terrorisme), Direction générale du Trésor (5ème édition de la conférence No Money for Terror), MAP Express (Macron appelle au renforcement de la coopération internationale)
Le groupe de communication français Publicis Groupe, valeur du CAC 40, a confirmé la conclusion d'un accord d'acquisition de la plateforme américaine de collaboration de données LiveRamp, opération qui constitue, par son ampleur et sa logique stratégique, le mouvement de consolidation le plus instructif observé sur le secteur de la technologie publicitaire à l'ère de l'intelligence artificielle. Le communiqué officiel documente les termes de la transaction : Publicis acquiert LiveRamp pour une valeur d'entreprise de 2,167 milliards de dollars, soit une valeur des fonds propres de 2,546 milliards de dollars sur la base d'un prix d'acquisition de 38,50 dollars par action en numéraire — la transaction, intégralement réglée en liquidités et incluant 379 millions de dollars de trésorerie nette acquise, représente une prime de 29,8 % par rapport au cours de clôture de LiveRamp du 15 mai 2026. Publicis Groupe précise la logique stratégique de l'opération : le groupe entend devenir un leader de la co-création de données, capacité jugée déterminante à l'ère de l'intelligence artificielle et levier de la transformation des entreprises vers des modèles agentiques — configuration où la direction relève ses objectifs de croissance à change constant pour 2027 et 2028 à +7 % à +8 % pour le revenu net (contre +6 % à +7 % précédemment) et à +8 % à +10 % pour le bénéfice par action courant (contre +7 % à +9 %). Seeking Alpha situe l'opération dans la dynamique sectorielle : la transaction de 2,5 milliards de dollars s'inscrit dans l'accélération de la consolidation de la technologie publicitaire, séquence où la maîtrise des données de première main devient l'actif stratégique structurant face à l'effacement progressif des identifiants tiers ; l'opération, déjà signée, devrait être finalisée avant la fin de l'année 2026, sous réserve des autorisations réglementaires et de l'approbation des actionnaires de LiveRamp. L'acquisition inscrit ainsi le groupe français dans une configuration où la capitalisation patiente du capital privé et la lucidité stratégique d'une direction décidée à anticiper la mutation agentique de son industrie constituent le moteur de la création de valeur, indépendamment de tout volontarisme public.
L'opération mérite, par sa portée stratégique, une analyse qui transcende la chronique des annonces de fusions-acquisitions. Trois éléments composent une grille de lecture exigeante. Premièrement : l'ampleur de la prime consentie (29,8 % au-dessus du cours de clôture) — révélation principalement portée par la conviction que la maîtrise des données de première main constitue désormais l'actif stratégique structurant de l'industrie publicitaire — atteste, en termes d'analyse des marchés de capitaux, de l'efficacité de la formation des prix d'acquisition par des opérateurs privés engageant leur propre capital sur l'anticipation des mutations technologiques. Deuxièmement : le relèvement simultané des objectifs de croissance pluriannuels (revenu net porté à +7 % à +8 %, bénéfice par action à +8 % à +10 %) traduit, en termes de pilotage stratégique, la conviction de la direction que l'intégration de LiveRamp accélérera la transformation agentique du groupe — configuration où la responsabilité effective de l'arbitrage repose intégralement sur les actionnaires et les dirigeants, et non sur une quelconque planification publique. Troisièmement : la séquence configure l'une de ces situations instructives où la consolidation de la technologie publicitaire, loin de procéder d'une logique de rente, traduit le processus continu de destruction créatrice par lequel les positions établies sont incessamment remises en cause par l'irruption de nouvelles technologies. Joseph Schumpeter, dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942), avait formulé le principe général qui éclaire la séquence : le capitalisme est par essence une forme d'évolution économique qui ne saurait jamais demeurer stationnaire, et le processus de destruction créatrice — par lequel les structures économiques anciennes sont continuellement détruites et remplacées par des structures nouvelles — constitue le fait essentiel du capitalisme, celui dont toute analyse sérieuse de la dynamique concurrentielle doit partir. La conclusion pour l'observateur lucide est que l'acquisition de LiveRamp par Publicis illustre la vitalité d'un capitalisme entrepreneurial décidé à anticiper la mutation agentique de son industrie, démonstration que la création de valeur procède de l'audace stratégique des opérateurs privés bien davantage que des incantations volontaristes des politiques industrielles publiques.
Sources : GlobeNewswire (Publicis acquiert LiveRamp), Publicis Groupe (Publicis to acquire LiveRamp), Seeking Alpha (Publicis to acquire LiveRamp in $2.5 billion deal)
Le communiqué conjoint publié à l'issue de la rencontre ministérielle Finances du G7 des 18-19 mai à Paris consacre, par sa structure même, le triptyque de priorités que la présidence française avait fixé au volet financier du sommet — configuration où la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en minerais critiques émerge comme l'enjeu stratégique structurant de l'agenda économique occidental. Echos Plus documente les trois axes de la présidence française : la réduction des déséquilibres mondiaux afin de restaurer des conditions de concurrence plus équitables, le développement de partenariats internationaux avec les pays en développement, et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en minerais critiques — séquence où la crise du détroit d'Ormuz et la dépendance occidentale aux intrants minéraux stratégiques se sont imposées au cœur des discussions. La Direction générale du Trésor confirme le cadre institutionnel de la rencontre : les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G7 étaient accompagnés des dirigeants du Fonds monétaire international, du Groupe de la Banque mondiale, de l'OCDE, du Conseil de stabilité financière, de l'Agence internationale de l'énergie et des principales banques multilatérales de développement — configuration dont la portée signalétique acte la volonté française d'inscrire les arbitrages du G7 dans une architecture multilatérale élargie. Le Conseil européen publie le communiqué conjoint final, dont la formulation met en avant les pressions pesant sur les chaînes d'approvisionnement énergétiques, alimentaires et d'engrais qui affectent particulièrement les pays les plus vulnérables — formulation dont la généralité même signale l'amplitude des compromis substantiels que la présidence française a dû consentir pour préserver l'apparence formelle d'une unité G7. La séquence inscrit ainsi la sécurisation des minerais critiques dans une configuration où la tentation du dirigisme industriel, présentée comme la réponse naturelle à la dépendance stratégique, mériterait d'être confrontée à la rigueur des mécanismes de marché et à la diversification des sources d'approvisionnement.
La séquence mérite, par sa portée structurelle, une analyse qui transcende la chronique des communiqués multilatéraux. Trois éléments composent une grille de lecture exigeante. Premièrement : l'érection de la sécurisation des minerais critiques en priorité structurante — configuration où la dépendance occidentale aux intrants minéraux stratégiques est désormais appréhendée comme une vulnérabilité géopolitique de premier ordre — révèle, en termes d'économie politique appliquée, la tentation persistante de répondre à la concentration de l'offre par le volontarisme industriel public, alors même que la diversification des sources et la fluidité des échanges commerciaux constituent les mécanismes les plus éprouvés de résilience des chaînes d'approvisionnement. Deuxièmement : l'objectif affiché de réduction des déséquilibres mondiaux pour restaurer des conditions de concurrence équitables traduit, en termes d'analyse des arbitrages commerciaux, l'ambiguïté persistante d'un agenda où la rhétorique de l'équité concurrentielle peut servir aussi bien la cause de l'ouverture des marchés que celle du protectionnisme défensif. Troisièmement : la généralité de la formulation finale du communiqué acte structurellement la modicité des engagements quantitatifs concrets effectivement obtenus, configuration où l'épuisement progressif du régime de coordination effective des grandes démocraties occidentales se révèle dans la prudence même de la rédaction diplomatique. Adam Smith, dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), avait formulé le principe général qui éclaire la séquence : le système mercantiliste, qui prétend enrichir une nation en restreignant ses importations et en sécurisant artificiellement ses approvisionnements, repose sur une confusion fondamentale entre la richesse et la possession des moyens, et la véritable opulence des nations procède de la division du travail et de la liberté des échanges bien davantage que de l'accumulation jalouse de ressources stratégiques. La conclusion pour l'observateur lucide est que la légitime préoccupation pour la sécurité des approvisionnements en minerais critiques gagnerait à privilégier la diversification des sources et l'ouverture des marchés sur la tentation d'un dirigisme industriel dont l'histoire économique a maintes fois démontré la coûteuse inefficacité.
Sources : Echos Plus (G7 Finances à Paris : la crise d'Ormuz et les minerais critiques au cœur des discussions), Direction générale du Trésor (Présidence française du G7 2026), Consilium (G7 Finance Ministers' and Central Bank Governors' communiqué, 19 May 2026)
Le Brent se maintient ce mercredi 20 mai autour de 111 dollars le baril, configuration où l'amorce de la désescalade diplomatique entre Washington et Téhéran — concrétisée par la suspension présidentielle de la frappe militaire iranienne — n'a pas encore résorbé la prime géopolitique substantielle accumulée sur les marchés énergétiques mondiaux depuis l'éclatement du conflit moyen-oriental de fin février. Trading Economics documente la trajectoire technique : le cours du brut de référence européen, qui évolue autour de 111 dollars, demeure en progression cumulée de plus de 16 % sur le mois écoulé et de quelque 70 % sur les douze derniers mois — marqueurs les plus instructifs observés sur l'amplitude effective de la transmission du choc iranien à la formation des prix internationaux des hydrocarbures, malgré la détente diplomatique amorcée en début de semaine. CNBC précise le déterminant structurel de la prime persistante : les cours demeurent élevés tant que l'incertitude entoure les négociations américano-iraniennes destinées à rouvrir le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part déterminante du commerce pétrolier mondial — configuration où la volatilité des cours reflète la fragilité même du processus de stabilisation diplomatique en cours. Al Jazeera rappelle l'ampleur du choc d'offre sous-jacent : le Brent a progressé de plus de 50 % depuis le début du conflit de fin février, sur fond d'un déficit d'offre quotidien estimé à 14,5 millions de barils tant que le détroit d'Ormuz demeure largement fermé et que les infrastructures clés subissent des perturbations de production. La séquence pétrolière inscrit ainsi la stabilisation des cours dans une configuration où la résorption effective de la prime géopolitique dépendra mécaniquement de la rigueur des concessions effectivement consenties par Téhéran et de la normalisation durable du trafic maritime dans le détroit stratégique.
La séquence mérite, par sa portée macroéconomique, une analyse qui transcende la chronique des bulletins quotidiens des marchés à terme. Trois éléments composent une grille de lecture exigeante. Premièrement : la persistance d'une prime géopolitique substantielle (Brent à 111 dollars, progression cumulée de 70 % sur douze mois) malgré l'amorce de la désescalade diplomatique — donnée techniquement instructive sur la résilience du régime de tension observé depuis fin février — révèle, en termes d'analyse macroéconomique fondamentale, que les marchés énergétiques intègrent une probabilité substantielle de fragilité du processus de stabilisation diplomatique. Deuxièmement : la fermeture largement maintenue du détroit d'Ormuz et le déficit d'offre quotidien estimé à 14,5 millions de barils traduisent, en termes de microstructure des marchés énergétiques, l'amplitude réelle du choc d'offre que la seule communication diplomatique ne saurait résorber sans normalisation effective des flux maritimes. Troisièmement : la persistance de cette prime conditionne mécaniquement l'amplitude des trajectoires d'inflation européennes et précipite la révision substantielle des arbitrages monétaires de la Banque centrale européenne attendus en juin. Ludwig von Mises, dans L'Action humaine (1949), avait formulé le principe général qui éclaire la séquence : les prix de marché ne sont jamais de simples données arbitraires mais le produit synthétique des appréciations subjectives d'une multitude d'agents, et le système des prix constitue le seul mécanisme connu capable de transmettre, à travers l'ensemble du corps social, l'information dispersée sur la rareté relative des biens ; toute tentative de fixer autoritairement les cours énergétiques ne ferait qu'aggraver les déséquilibres qu'elle prétend corriger. La conclusion pour l'observateur lucide est que la stabilisation durable des cours du brut dépendra non de l'incantation diplomatique mais de la normalisation effective des flux maritimes à Ormuz, seule à même de permettre au système des prix de transmettre fidèlement le retour graduel à l'équilibre de l'offre et de la demande énergétiques mondiales.
Sources : Trading Economics (Brent crude oil price), CNBC (Oil prices today: Trump, Iran, Strait of Hormuz), Al Jazeera (Oil prices surge as violence flares in Strait of Hormuz)
La résurgence de l'inflation de la zone euro, confirmée à 3,0 % sur un an en avril, cristallise désormais la conviction d'un retournement de la trajectoire monétaire européenne — configuration où la Banque centrale européenne, après dix-huit mois de stabilité de ses taux directeurs, s'apprête à amorcer un cycle de resserrement dont l'amplitude effective dépendra de la rigueur de ses projections de juin. Boursorama documente la dynamique inflationniste : l'inflation de la zone euro s'est accélérée à 3,0 % en avril, son plus haut niveau depuis septembre 2023, après 2,6 % en mars — séquence où la guerre et la hausse des prix de l'énergie composent un véritable choc stagflationniste, mélange de stagnation économique et de hausse des prix qui place la Banque centrale européenne face à un dilemme structurel. Euronews rappelle la position prise par le conseil des gouverneurs : la BCE a maintenu le 30 avril ses trois taux directeurs inchangés malgré la hausse de l'inflation — taux de refinancement à 2,15 %, taux de dépôt à 2,00 %, taux de prêt marginal à 2,40 %, niveaux maintenus depuis juin 2025 —, tout en faisant état de ses inquiétudes croissantes face à la résurgence des prix. L'Économiste Maghrébin précise les anticipations de marché : selon une enquête réalisée début mai, les analystes anticipent désormais deux hausses de 25 points de base de la part de la Banque centrale européenne, probablement en juin puis en septembre — configuration où le cycle de resserrement monétaire européen attendu pour le second semestre 2026 constituerait, par son amplitude cumulative, le retournement structurel le plus marquant observé sur la trajectoire monétaire de la zone euro depuis l'amorce du cycle d'assouplissement de mi-2024. La séquence monétaire européenne inscrit ainsi le retournement de la trajectoire des taux dans une configuration où la rigueur des projections actualisées du staff de Francfort constituera, en juin, le test fondateur de la crédibilité monétaire effective de l'institution.
La séquence mérite, par sa portée structurelle, une analyse qui transcende la chronique des communiqués de politique monétaire. Trois éléments composent une grille de lecture exigeante. Premièrement : la nature même de la résurgence inflationniste (3,0 % en avril, principalement portée par le choc énergétique) — configuration où l'inflation importée par le canal des prix de l'énergie se conjugue à la persistance de tensions internes — révèle, en termes d'analyse monétaire fondamentale, la difficulté structurelle d'une banque centrale confrontée à un choc d'offre qu'elle ne saurait corriger sans peser simultanément sur une croissance déjà atone. Deuxièmement : la convergence des anticipations de marché vers deux hausses de taux (juin puis septembre) traduit, en termes de communication monétaire institutionnelle, l'amplitude du glissement doctrinal du conseil des gouverneurs, d'une posture de patience vers une posture de vigilance active. Troisièmement : la séquence configure l'une de ces situations instructives où la crédibilité monétaire de la zone euro se jouera sur la capacité de la BCE à ancrer durablement les anticipations d'inflation, condition de toute stabilité économique productive. Milton Friedman, dans son célèbre diagnostic, avait formulé le principe général qui éclaire la séquence : l'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire, en ce sens qu'elle ne peut être produite que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production, et la stabilité des prix demeure la première responsabilité d'une autorité monétaire qui entend préserver la confiance économique sans laquelle aucune prospérité durable n'est concevable. La conclusion pour l'observateur lucide est que le retournement attendu de la trajectoire monétaire européenne, s'il acte la fin du régime accommodant prévalant depuis mi-2024, ne saurait suffire à lui seul à restaurer la stabilité des prix sans une discipline budgétaire concomitante des États membres, dont l'absence persistante constitue le principal facteur de fragilité de la zone euro.
Sources : Boursorama (Zone euro : l'inflation grimpe mais la BCE devrait maintenir ses taux), Euronews (ECB holds rates as inflation rises and eurozone growth slows), L'Économiste Maghrébin (La BCE pourrait relever ses taux à deux reprises en 2026)