« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Retour à la case départ. Après trois jours de répit, le baril de Brent refranchit les 106 dollars, porté par les déclarations contradictoires de Washington et Téhéran. Trump menace, l'Iran dément négocier. Les marchés, qui avaient voulu croire à une désescalade imminente, déchantent. Le détroit d'Ormuz reste bloqué, 20% du pétrole mondial en otage. Tant que les tankers ne passent pas, les prix resteront stratosphériques.
(La Presse, Boursorama, BFM Bourse)
François Villeroy de Galhau ne mâche pas ses mots. Face à la flambée des carburants, le gouverneur rappelle que l'État n'a plus les moyens d'aider tout le monde. Croissance revue à 0,3% dans le scénario pessimiste, inflation à 3,3%. La Banque de France emboîte le pas à l'Insee et douche les espoirs de ristourne généralisée. Après le « quoi qu'il en coûte », voici le « débrouillez-vous ». La facture du laxisme budgétaire arrive.
(Les Échos, Le Figaro)
Après trois séances de hausse, le CAC 40 replonge sous les 7 800 points, lâchant plus de 1% à mi-séance. 30 valeurs sur 40 dans le rouge. Même scénario à Francfort (-1,6%) et Londres (-1,3%). Les investisseurs ont compris : tant que Trump tweet et que l'Iran résiste, la volatilité sera le maître-mot. La confiance des ménages français, à 89 points selon l'Insee, confirme le pessimisme ambiant.
(Zonebourse, Boursorama)
L'ironie de l'histoire. L'Union européenne envisage de réviser à la baisse ses ambitions climatiques face au choc énergétique iranien. Bruxelles pourrait assouplir les règles du marché carbone et reporter certains objectifs. Après avoir décrété l'urgence climatique, l'Europe découvre l'urgence économique. Les ONG hurlent, mais quand l'essence frôle les 2€ et que l'industrie suffoque, même les idéologues finissent par regarder les factures.
(Reuters, The Guardian)
L'Allemagne se réveille. Le ministre des Finances Lars Klingbeil annonce une réforme fiscale majeure : baisse d'impôts pour 95% des salariés, fin du quotient conjugal, plafonnement des surprofits énergétiques. « Le pays a besoin d'un nouveau modèle de croissance », admet-il. Après des années de torpeur, Berlin se décide à agir. Mieux vaut tard que jamais — même si le timing, en pleine crise, relève du pompier pyromane.
(Reuters, Die Zeit)
À Yaoundé, les ministres du Commerce se réunissent pour sauver l'OMC. La directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala prévient : « L'ancien ordre mondial a disparu pour de bon. » Entre les tarifs de Trump, la guerre en Iran et le protectionnisme rampant, le commerce international est à la croisée des chemins. Sans accord, les pays pourraient fixer leurs règles en dehors de l'organisation. Bienvenue dans la jungle.
(Reuters, CNBC Africa)