« Là où il n'y a pas de liberté économique, il n'y a pas de liberté politique. » – Milton Friedman
Le baril de Brent s'envole de nouveau, dépassant les 107 dollars ce jeudi après des frappes iraniennes sur des installations énergétiques au Qatar et dans le Golfe. Le prix a bondi de plus de 10% en quelques heures. La situation dans le détroit d'Ormuz reste critique : 20% du pétrole mondial y transite, et une vingtaine de navires ont été attaqués depuis début mars. Certains économistes, dont Olivier Blanchard, évoquent désormais un scénario de prix durablement installés entre 150 et 200 dollars. La facture arrive.
(Actu.fr, Les Échos, Le Grand Continent)
Sans surprise, la BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés ce jeudi à Francfort. Le taux de facilité de dépôt reste à 2%, le Refi à 2,15%. Christine Lagarde affronte l'une de ses conférences les plus délicates depuis 2022 : entre le choc pétrolier qui ravive l'inflation (prévision rehaussée à 2,6% pour 2026) et la croissance atone, la marge de manœuvre est nulle. La banque centrale préfère attendre d'y voir plus clair. Traduction : elle navigue à vue.
(Euronews, Vie Publique, Boursorama)
La Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux entre 3,5% et 3,75% mercredi soir. Jerome Powell s'inquiète des conséquences de la crise énergétique sur l'inflation — prévision relevée à 2,7% pour fin 2026. Coup de théâtre : le président de la Fed a annoncé qu'il resterait en poste jusqu'à la confirmation de son successeur, malgré son mandat qui expire le 15 mai. Trump fulmine, les marchés apprécient.
(Le Monde, Axios, CNN)
Séance noire pour la Bourse de Paris. Le CAC 40 chute de 2,4%, passant sous les 7 800 points. Seul TotalEnergies tire son épingle du jeu, porté par la flambée des hydrocarbures et atteignant des records historiques. Accor s'effondre de 8%, le tourisme trinquant avec la crise géopolitique. Wall Street avait déjà montré la voie la veille, avec un indice plombé par l'inflation et les déclarations peu accommodantes de Powell.
(Les Échos Investir, Boursorama)
Cruelle ironie : les droits de douane censés relancer l'industrie américaine produisent l'effet inverse. Depuis leur mise en place, 98 000 emplois manufacturiers ont été détruits. Les entreprises, paralysées par l'incertitude, gèlent leurs investissements. « Il faudrait une décennie pour que l'emploi manufacturier remonte », estime un économiste de l'Université de Toronto. La Maison Blanche demande de la patience. Les usines ferment.
(AP News, PBS, BNN Bloomberg)
Bonne nouvelle passée inaperçue : le commerce mondial a progressé de 4,6% en 2025, presque le double des prévisions de l'OMC. Les moteurs ? Les investissements massifs dans l'IA (serveurs, matériel informatique) et... les importateurs américains se dépêchant de regarnir leurs stocks avant les tarifs de Trump. La baisse du dollar (-9% depuis début 2025) a amorti le choc. Comme quoi, les échanges libres trouvent toujours un chemin.
(Le Monde, Oxford Economics)